‹ Des Ruptures Tendineuses Sus-RotuliennesChapitre 34 sur 43 · OBSERVATION XX VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX VII

Dupuy interne du service, maison municipale de santé, service de M. DEMARQUAY

Mme X..., àgé de 65 ans, entre le 8 février 1873 à la maison municipale de santé, dans le service de M. Demarquay. Au dire de son médecin, elle se serait fracturée la rotule.

Cette femme, très-vigoureuse, d’une parfaite santé vient de faire une chute dans un escalier et a glissé le long d’une vingtaine de marches sans qu’elle puisse préciser sur quelle partie du corps. Elle se souvient seulement avoir fait tous les efforts imaginables tant avec les jambes qu'avec les bras. Mais, comme elle présente des ecchymoses uniquement à la partie postérieure du corps (coudes et bras), il faut admettre qu'elle a glissé sur le dos, et partant, qu’elle a dû faire de violents efforts avec les membres inférieurs pour se retenir.

La malade, transportée immédiatement à la maison de santé, présente les sympiômes suivants : Couchée dans le décubitus dorsal, elle accuse de vives douleurs dans le genou droit. Cette région présente une vaste ecchymose, étendue surtout à son côté interne. Il s’est produit également un épanchement articulaire, donnant lieu à une sensation franche de fluctuation.

La rotule n’est point fracturée; elle occupe à peu près sa situation normale (elle est, il est vrai, légèrement refoulée en avant par le liquide épanché dans l'articulation). Son bord supérieur est libre, présente une surface rugueuse qui n’est plus en rapport ayec le tendon du droit antérieur. L’extrémité inférieure de ce

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tendon peut être facilement sentie à un travers de doigt environ au-dessus du bord rotulien dont ila été arrachée ; elle présente une surface de section transversale et assez régulière. Les mouvements du membre sont complètement abolis. ;

M. Demarquay diagnostique une rupture du tendon du muscle droit antérieur de la cuisse; il est évident, en effet, que les insertions rotuliennes de ce tendon ont été violemment arrachées, très-vraisemblablement sous l'influence d’une contraction musculaire énergique, dans les efforts faits par la malade pour se retenir au moment de sa chute.

Il prescrit le premier jour pour tout traitement les compresses résolutives, le membre est placé sur un plan incliné. Le 16 février, le gonflement et le liquide articulaire ont totalement disparu, la douleur est moindre.

On essaie de faire imprimer par la malade des mouvements à sa jambe ; après plusieurs efforts assez douloureux, elle arrive à rapprocher la cuisse du bassin,lmais il lui est complètement impossible d'étendre la jambe sur la cuisse.

Le 18 février, M. Demarquay, après avoir rapproché le tendon du droit antérieur et le bord supérieur de la rotule au moyen de bandes diachylon, applique par dessus celui-ci un appareil au silicate de potasse remontant jusqu'au tiers supérieur de la cuisse.

Le 26 mars, on enlève l'appareil : La consolidation est parfaite et l’on ne sent plus la solution de continuité qui existait entre la rotule et le tendon du droit antérieur. Les mouvements d'extension de la jambe sur la cuisse sont parfaitement possibles ; il persiste seulement une tuméfaction légère de la région et un peu de raideur articulaire.

Le 6 avril, les deux symptômes n’ont pas encore disparu, malgré les bains que la malade prend chaque jour. La marche est possible, mais encore assez douloureuse,

Albert Delon 11

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