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COMMENCEMENT DE LA MESSE

Vous êtes à l'autel ; vous allez offrir le saint Sacrifice. Vous sentez le besoin de l'offrir au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit. Un simple mortel serait incapable de faire cette action si sainte ; il doit être délégué par le Père ; il doit être le représentant du Fils ; il doit être orné des dons du Saint-Esprit.

Puis vous commencez ce psaume, admirable expression de crainte et de confiance : Introibo ad altare Dei. Vous allez vous approcher de l'autel de Dieu. Quelle grande faveur et d'où peut-elle vous venir ? Vous sentez le besoin de vous encourager à vous approcher d'un Dieu dont la bonté console les âmes pures, réjouit les cœurs fervents, autant que sa sainteté est effrayante pour les tièdes et pour ceux qui se sont écartés des voies de l'innocence.

Aussi de suite vous demandez à Dieu de vous juger : Judica me, Deus, en prononçant sur vous une sentence non pas de réprobation mais de miséricorde afin que, par l'abondance de sa grâce, votre cœur soit disposé à célébrer dignement ; et comme vous devriez être la sainteté même, vous le suppliez de vous séparer de ceux qui ne sont pas saints.

Quia tu es, Deus, fortitudo mea ; et vous arriverez à cela parce que Dieu sera votre force ; et si Dieu est avec vous, qu'avez-vous à craindre ?

Emilie lucem tuam ; puisque Dieu vous a appelés à un si sublime ministère, qu'il répande sur vous sa lumière, qu'il vous guide, qu'il vous prenne par la main et vous conduise à cet autel, à ce nouveau Calvaire, afin que vous méritiez un jour d'être dans ses célestes tabernacles.

Confitebor tibi in cithara. Vous voulez l'exalter parce qu'il est votre Dieu. Vous n'avez pas à être tristes : vous ne devez pas trembler. Dieu est la force de celui qui a l'honneur d'être son ministre. Tu es Deus fortitudo mea.

Spera in Deo. Ayez confiance en celui qui est votre salufc ; prenez courage et publiez ses grandeurs et ses miséricordes.

Adjutorium nostrum. C'est vrai, vous ne pouvez rien par vous-mêmes ; votre force et votre puissance sont dans le nom du Seigneur qui a créé le ciel et la terre. Dites- lui donc, avec les sentiments du plus vif repentir : Confiteor Deo.

Humiliez-vous ; frappez votre poitrine, en vous reconnaissant pécheurs, et pécheurs à l'excès, peccavi nimis, et pécheurs sans excuse, mea culpa. Confessez que vous avez péché de toutes manières, cogitatione, verbo et opère. Puis implorez la clémence de Notre-Seigneur pour vous et pour tous les fidèles : Misereatur nostri.

Suppliez-le de tourner vers vous son visage si compatissant : Deus, tu conversus ; de vous faire éprouver les effets de sa miséricorde si généreuse : Ostende nobis miser icordiam tuam ; de vous ôter toutes les iniquités qui vous dégradent à ses yeux : Aufer a nobis. Et pour obtenir plus sûrement que vos moindres fautes soient effacées, recourez à l'intercession des Saints : Oramus te per mérita sanctorum tuorum, surtout de ceux dont vous vénérez les précieuses reliques, en baisant respectueusement le tombeau qui les contient.

Récitez avec attention eu ferveur les paroles de l'Introït toujours empruntées aux Prophètes et au Psalmiste. Puis recourez avec confiance à Celui dont le propre est de s'attendrir sur les m sères et de pardonner, cui proprium est misereri semper et parcere. Invoquez sa tendre compassion et adressez-lui, avec les affligés de la Judée, cette prière si touchante, si simple, si respectueuse et d'autant plus efficace qu'elle s'appuie sur son infinie bonté : " Seigneur, ayez pitié de nous, Kyi ie eleison."

Après cet élan de ferveur et cet épanchement de confiance,

l'âme est remplie d'une telle joie qu'elle a besoin de la faire éclater par le beau cantique dont les premiers mots appartiennent aux célestes concerts : Gloria in excelsis Deo. Anges de la terre, mêlez vos chants à ceux du ciel pour célébrer le grand mystère de la réconciliation et de la paix.

Il y a quelque chose de céleste dans la noble simplicité de ce cantique, l'un des plus anciens et des plus remplis d'onction qui soient en usage dans l'Église. Tout y inspire la joie, l'admiration, l'espérance et le plus ardent amour. Les belles paroles qui le composent sortent de la bouche du saint prêtre comme des étincelles du feu divin dont son cœur est embrasé.

Après la louange vient la prière. En payant à Dieu le tribut de nos hommages, nous l'avons disposé à bien accueillir nos demandes. Il est temps de les faire parvenir et, avec les nôtres, celles de toute l'Église, jusqu'au trône de l'éternelle miséricorde. " Prions ", disons-nous aux assistants : Or émus ; car ils doivent s'unir à nous, demander pour eux-mêmes ce que nous demandons pour eux et pour nous.

Debout entre le ciel et la terre, les bras étendus comme pour renfermer les intérêts du monde entier, le prêtre supplie alors au nom de tous ; il plaide la cause de tout l'univers ; et quelque multipliées que soient ses demandes, il peut prier avec confiance : car il fait retentir un nom puissant aux oreilles et au cœur de Dieu ; il fait parler pour lui de grands mérites : Per Dominum nostrum Jesîim Christum filium tuurn.

La prière avait succédé à la louange ; l'instruction va succéder à la prière. Le prêtre doit lire l'Épître avec l'attention et le respect que les' premiers fidèles avaient pour les lettres qu'ils recevaient des Apôtres. Il place ses mains de façon à toucher le livre pour indiquer avec quel plaisir il reçoit ces instructions si salutaires et combien il sera heureux de les mettre en pratique durant toute sa vie.

Puis, avant de lire l'Évangile, il s'incline profondément pour demander à Dieu de purifier son cœur et ses lèvres : Munda cor meum et labia mea, comme il a purifié celles du Prophète Isaïe

avec un charbon enflammé. Il dit : " 0 mon Dieu, envoyez votre ange purifier avec le feu de l'autel un organe qui va devenir le vôtre ; et vous-même, soyez dans mon cœur et sur mes lèvres, afin que j'annonce votre Évangile d'une manière digne et convenable. "

Et avant de publier les oracles divins, il trace le signe de la croix sur le livre qui les renferme, sur ses lèvres, sur son cœur, afin que son esprit et son cœur soient remplis de la pensée et de l'amour de Jésus crucifié durant toute cette lecture.

Et après, il baise religieusement ce dépôt sacré de la science des cieux pour attirer sur lui la grâce qu'il renferme, pour en respirer l'esprit et en savourer l'onction, pour effacer par un acte d'amour les dernières traces de ses infidélités : Per evangelica dicta deleantur delicta nostra.

Après l'Évangile, il convient que le prêtre et les fidèles fassent en commun leur profession de foi par la récitation du Credo, le symbole de Nicée. En b récitant, insistez auprès de Dieu pour obtenir de lui le don si précieux d'une foi vive et pénétrante. C'est par elle que vous participerez abondamment aux fruits du sacrifice qui va s'offrir.

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