Baptême des enfants
1° Hors le cas d'une nécessité véritable, on ne doit jamais baptiser un enfant avant qu'il soit complètement né.
Dans les accouchements difficiles, si l'on peut baptiser sur la tête, le Baptême est valide, tandis qu'il serait douteux si l'on avait été obligé de baptiser l'enfant sur une autre partie du
corps et il faudrait alors rebaptiser l'enfant sous condition, s'il venait au monde vivant.
Un enfant qui aurait été baptisé dans le sein de sa mère doit être, après sa naissance, rebaptisé sous condition, malgré l'attestation du médecin qui affirmerait qu'il a versé l'eau sur la tête.
Si la mère vient à mourir avant la naissance de l'enfant, l'on doit, autant que possible, extraire l'enfant du sein de la mère et le baptiser le plus tôt possible. Mais la pudeur, la dignité du prêtre et même la prudence interdiraient à celui-ci une opération qui doit être laissée au chirurgien ou à la sage-femme.
2° S'il y avait une fausse-couche, il ne faut pas oublier que d'après l'opinion généralement reçue, le fœtus est animé dès le premier instant de la conception. L'on doit par là même faire son possible pour le baptiser sous condition, quelle que soit l'époque de la gestation. Que les mères soient prudemment instruites sur ce sujet.
3° On doit baptiser tout être qui sort du sein de la femme, quelque difforme qu'il soit. S'il y avait dans ces monstres deux têtes et deux poitrines, on devrait juger qu'il y a deux personnes et les baptiser séparément. Si l'on doute de la pluralité des personnes, l'on commencera par administrer un Baptême d'une manière absolue ; puis on baptisera la partie qui semble appartenir à une autre personne sous la condition : si tu non es baptizatus ; et en cas d'urgence, on peut dire : Ego te vel vos baptizo.
4° On doit baptiser sous condition : a) les enfants exposés, même ceux qui portent un certificat dont la signature ne donne pas une garantie suffisante d'authenticité ; b) le moribond adulte dont on doute s'il a reçu le Baptême, quand il se trouve sans connaissance et sans parole ; c) les enfants de trois, quatre ou cinq ans et plus que les vagabonds laissent dans les pays où ils passent ; d) un enfant qui paraît mort au moment de sa naissance. On a pu, au moyen de la traction de la langue, réta-
blir la respiration après un temps considérable chez des enfants ainsi laissés comme morts.
On ne doit pas réitérer le Baptême conféré par les hérétiques, lorsqu'on est assuré qu'ils ont rempli toutes les conditions essentielles. S'il y a doute à cet égard, on rebaptise ceux qui désirent rentrer dans le sein de l'Église, en suivant le rituel pour le Baptême des adultes.
Il est certain qu'on ne doit jamais réitérer le Baptême dont la validité est certaine. Par conséquent on ne doit pas baptiser, même sous condition, l'enfant qui a été baptisé par un médecin, une sage-femme, ou une autre personne en qui on peut avoir une confiance absolue, surtout si la chose a été faite en présence de témoins dignes de foi qui affirment que le Baptême a été donné suivant les règles.
Cependant plusieurs théologiens et un grand nombre de prêtres sérieux, prudents, instruits par une longue expérience, admettent, comme règle générale, qu'on peut rebaptiser sous condition, tous les enfants qui ont été ondoyés à la maison par un laïque. Ils sont persuadés qu'en agissant ainsi, bien loin de profaner le sacrement, ils en assurent la validité qui souvent serait gravement compromise par une pratique contraire. Après tout, sacramenta pr opter homines, et surtout celui-là qui est nécessaire de nécessité de moyen et dont la nullité entraînerait des conséquences désastreuses.
On ne doit pas baptiser les enfants des hérétiques, des infidèles ou des libre-penseurs contre le gré des parents, à moins que ces enfants, ayant atteint l'âge de raison, ne demandent eux-mêmes le Baptême ou qu'ils soient en danger de mort. Quand ils sont en réel danger de mort, non seulement le prêtre peut mais il doit les baptiser.
Il peut aussi baptiser les enfants des non-catholiques quand ce sont les parents eux-mêmes qui les apportent au Baptême et qu'il y a espoir de leur faire donner une éducation catholique.