‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 107 sur 130 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

où Dieu deffend aux Israélites d'immoler leurs enfants aux Démons, le texte Hébraïque porte Seirim, c'est à dire, Démons velus, que les Grecs appellent Trichiones (car Sear signifie le poil, dont le bouc est nommé Seir à cause du long poil qui le couvre). Par où nous sont naïfvement exprimez ces Pans et Satyres de l'Antiquité. Ce qui nous est rendu notoire par la traduction des Septante, qui ont appelé ces Démons Mateous, c'est à dire, Fatuos, qui est le nom propre des Faunes, comme nous avons dit ailleurs : et par cette deffence que Dieu faict aux Israélites de leurs immoler des enfans. Parce que tout ainsi que lesPayens avoient de coustume d'honorer de victimes humaines, le Saturne des Carthaginois, le Jupiter des Latins, le Mars des Thulites, le Theutates des Druides, le Viracocha des Mexiquains, et mille autres tels Démons avides du sang et de la perte éternelle des hommes : aussi reveroient-ils les

Faunes comme Dieux Alastores et Palamnases, c'est à dire, malfaisants et homicides , et leur immoloient des hommes vivants, ainsi que les Arcades à Pan leur grand Dieu, dans ce Temple où Ton disoit que les corps ne faisoient point d'ombre : en mémoire peut-estre de ce Faune qui sacrifloit ses hostes à son père Mercure. Aussi dès lors que les femmes estoient accouchées, ils invoquoient Iniercidone Pilumne et Deverre, et avec certaines cérémonies faisoient prière à Sylvain de se tenir dans les forests et avoir soing de l'agriculture, dons ils l'estimoient un des plus puissants Dieux, et luy immoloient, à ce subject, le pourceau inventeur du labourage. Ce que l'on ne pratiquoit pas, comme quelques uns ont pensé, pour l'opinion qu'ils avoient que Sylvain estoit ce fantosme nocturne, ou plustost cette maladie que l'on appelle le Pesard : mais de crainte que ce Démon malicieux ne fist quelque tort aux enfans nouveau-

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