‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 109 sur 130 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

syrie et de Mede, et les Princes d'Ethiopie, se colorèrent la face de cynnabre.

Mais pour retourner au rapport de la figure de ces Singes aux Satyres Démons : Philostrate escrit que Ton a de coustume de pourtraire les Satyres avec le derrière de cheval, c'est à dire, avec de longues queues, car ils en portent tous, dit Lucian : et Pan, chez le mesme, venant saluer Mercure pour son père :

« Comment ferois-tu, mon fils, » luy respond Mercure, « avec cette longue » queue que tu portes? » C'est pourquoy les Fables ont dit, que Silène fut jadis un Roy de Nyse, dont l'origine estoit incognue, lequel ayant eu naturellement une longue queue, transmit cette marque à tous les Silènes que l'on disoit estre de sa race,, et que Catulle appelle natifs de Nyse.

Et pour preuve manifeste que les Idoles des Satyres n'estoient autre chose que le pourtraict de ces Singes repre-

sentez debout sur les deux pieds de derrière, c'est que tous les Faunes et Silènes, comme escrit Lucian, estoient de petite stature, et le Simulachre de Pan fort petit, comme on void dans Pausanias.

Au pays d'Attique l'on monstroit une certaine pierre, dit le mesme Pausanias, assez basse pour servir de siège à un petit homme, sur laquelle on contoit que Silène se reposa alors qu'il vint en ce pays avec Bacchus : et le peintre Thimante, pour représenter la grandeur d'un Cyclope par comparaison aux petits hommes, avoit peint des Satyres, mesurant la grandeur de son poulce avec le Thyrse : mesme que les Démons qui prenoient l'apparence de Satyres paroissoient tousjours, comme on les peut nommer après Sainct Hierosme, en petits hommonceaux.

Quant à la nature des Singes Satyres, nous avons remarqué trois qualitez qui leur sont propres et particulières, l'habitation aux forests et déserts, la sou-

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