‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 121 sur 130 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

bres de Pan. Ce qui se rend encore plus manifestement intelligible par le rapport que l'on peut faire de son image à tout l'Univers.

Car premièrement, comme les Philosophes n'ont point douté de mettre la Privation de l'estre, entre les principes des choses qui sont : de mesme ne ferons-nous point de difficulté de conter cet espace imaginaire et vuide surceleste, qui n'est rien qu'une simple lumière, entre les parties du monde : et pouvons-nous dire qu'il estoit représenté par la calvitie de Pan, dont le dessus du chef n'estoit rien qu'un vague et une simple blancheur lumineuse . Car ce Dieu et tous ses suivants ont toujours esté peints chauves et tenant la main eslevée dessus leur front, de crainte que la trop grande ardeur du Soleil ne fist bouillir leurs cerveaux : ce qui a faict corriger au docte Scaliger , dans les Priapees, le vers qui nommoit les Faunes chevelus.

Le nombre et l'harmonie des Cieux estoient remarquez par la fleute à sept tuyaux qu'il portoit en la main, car les sept tons divers de cet instrument tesmoignent que les Anciens estimoient qu'il n'y avoit que huict Cieux : parce que les deux qui s'entretouchent ne faisant qu'une seule resonnance, les huict ne pouvoient, par leurs mouvements et frottements l'un contre l'autre, rendre que sept tons, dont l'harmonieuse consonnance procedoit de l'esloignement et disproportion de ces grands corps, D'où vient que les premiers Musiciens, imitant ces célestes accords, ne donnèrent à leurs instruments que sept cordes, et à toute la Musique, comme encore à présent sept tons.

Cette houlette et bâton pastoral recourbé par le haut en plusieurs cercles renfermez l'un dans l'autre, seroit-ce point le Temps, fils aisné du Ciel, lequel comme un serpent replié de plusieurs tournoyements sur luy-mesme, ne finit

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