‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 20 sur 130 · LIVRE · texte numérisé non relu

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qu'il n'y a point d'autres hommes que les Adamiques, en a compris l'espèce sous un mot générique.

Mais pour joindre de plus près cette opinion que nous combattons, et toucher le particulier de la nature de ces prétendus hommes Satyres, il nous faut venir à l'immortalité, ou mortalité de leur estre : car ce discours nous fera cognoistre à veue d'œil, que tels hommes sont pures chimères et qui n'ont point d'autre existence que dans l'imagination de ceux qui ont controuvé cette impieté.

Toutes les choses que l'on peut dire immortelles, le doivent estre, ou selon toute leur nature entièrement comme les Anges, ou bien selon quelque partie comme l'homme, lequel survivant à la moitié de soy-mesme jouit d'une immortalité partiale, jusques à ce que Dieu, par un miracle efficace de la résurrection du Verbe éternel, rendant à son corps mort une vie posthume, le donne tout

entier à l'éternité. Mais les Satyres, ny en l'une, ny en l'autre façon ne peuvent estre immortels. De dire que dès leur création ils ayent esté douez de l'immortalité selon la totalité de leur estre, et qu'ils soient au mesme estât de vie que les enfans d'Adam pouvoient espérer sans le péché de leur père, cela ne se peut imaginer. Car croissant et multipliant en leur espèce, ainsi que Dieu commanda à toutes les créatures qu'il mit au monde, et ne touchant jamais le dernier point de leurs jours, les astres du firmament, et les sables de la mer seroient facilement nombrables auprès de leur infinité. L'on ne douteroit plus à présent si les Satyres seroient hommes, car les rencontres trop fréquentes et ordinaires que l'on en feroit, nous auroient donné une entière cognoissance et certaine de ce qu'ils sont. Il ne seroit plus besoing de les aller chercher dans les antres des bois et des déserts, car tous ceux qui seroient nez, survivants à tous les siècles du passé, pourroient à

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