‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 38 sur 130 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

debout, et ores à quatre pieds, que l'on ne peut attraper sinon vieilles ou malades, tant elles fuyent légèrement : où ce Naturaliste est plus philosophe, et a mieux rencontré, que lors qu'il s'est amusé à dire que les ^gypans sont des peuples habitans sur la rive du Nil. Ce qui nous doit faire croire que le Silène qui fut pris en Phrygie par le Roy Midas allant à la chasse, estoit un de ces Singes Satyres, que la vieillesse débile et tardive fit tomber entre les mains des chasseurs : car Silène, comme nous apprenons de Pausanias, ne signifie rien qu'un vieil Satyre. Mais tout ainsi que Melanthius, interrogé de ce qui luy sembloit de la Comédie de Dionysius, respondit, qu'il ne l'avoit peu voir, tant elle estoit offusquée de langage : de mesme pouvons-nous dire que les Fables ont si bien couvert ce Silène, tellement desguisé sa nature, et conté tant de merveilles, qu'il s'est rendu mescognoissable à la postérité. Et quant aux Singes de

Paulus Venetus, ressemblant entièrement à l'homme, qui se trouvent en la Province de Comare, il n'y a point de doute qu'il sont du nombre de ces animaux d'/Elian, et de ces Satyres de Pline, que l'un et l'autre met dans les montagnes des Indes : car Comare est une région des Indes toute pleine de forests : d'où l'on peut cognoistre comme Strabon s'est mespris, d'avoir accusé de mensonge et d'ineptie Dimachus et Megastenes, pour avoir dit qu'aux Indes, il y a des Pans qui ont la teste pointue et faicte en façon de coing : estant facile de juger que ces historiens vouloient entendre les Singes Satyres, qui se trouvent ordinairement en ce pays, et par la forme de leur teste signifier qu'ils sont cornus : car les mots de corne, pointe et coing, sont équivoques. Et de faict, par ce qu'aucuns des anciens ont estimé que Pan avait jadis esté un Capitaine qui le premier trouva la disposition des armées en pointe gauche, et pointe

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