‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 45 sur 130 · DES SATYRES MONSTRES, ET QD ILS NE SONT POINT HOMMES · texte numérisé non relu

DES SATYRES MONSTRES, ET QD ILS NE SONT POINT HOMMES

'il est vray que cest Orateur Romain, Antonius Julianus, fut loué de ce que ayant à discourir sur le subject de quelques secrets mystères d'amour, il se couvrit la face d'un voile, que dois-je attendre en cette rencontre, en laquelle je n'ay pas à traicter d'une passion que la nature ait rendue licite, mais des effects monstrueux des sacrijeges commis contre ses sainctes Loix?

Devrois-je pas non seulement me couvrir le visage, mais chercher des ténèbres plus que Cimmeriennes pour me cacher tout entier, ou bien sacrifier moy-mesme en cet endroit ma main et ma plume au sage Harpocrates? Mais puis que le subject entrepris ne me permet pas d'enfermer dedans le silence une partie si importante, je m'efforceray de couvrir si discrettement, sous l'ombrage d'un style resserré, les difformitez de ce passage, et le rendre si innocent, que les âmes mesme plus religieuses y trouveront autant de satisfaction, que le discours en est nouveau, et l'intelligence nécessaire.

Encor que la nature, c'est à dire, Dieu, à la création de toutes les causes, leur ait donné des inclinations certaines et réglées, au mouvement desquelles elles produisent des effects conformes à leur estre, et que toutes les parties de l'Univers agissent les unes parmy les autres, sans troubler leurs opérations,

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