‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 56 sur 130 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

la purgation duquel les eaux Baptismales sont ordonnées de Dieu, a long temps retenu quelques Docteurs de l'Église en doute, sans oser déterminer asseurément si les âmes estoient traduictes et descendues d'Adam jusqu'à nous, se communiquant l'une à l'autre cette tache originelle, ou créées de Dieu à la génération de chaque homme. Car d'un costé il estoit difficile à comprendre comment ces substances spirituelles se pouvoient ainsi reproduire : et d'ailleurs il leur sembloit comme injuste que l'ame d'un enfant mourant avant que d'avoir receu le Baptesme, fust éternellement punie pour cette faute à laquelle elle n'avoit point participé. Mais enfin ces Docteurs illuminez du sainct Esprit, ont condamné l'erreur des Pelagiains, et Luciferiains , qui faisoient descendre toutes les âmes de celle d'Adam, et advoué que l'ame reçoit la tache du péché originel par l'infusion à la conjonction du corps qui luy communique

cette macule, pour estre né d'un père désobéissant : et comme dit Sainct Cyprian, par la contagion de cette ancienne mort, parce qu'il provient de la chair d'Adam Ainsi le décide Sainct Thomas en ses Questions Theologiques, nommant la chair la cause instrumentelle de ce péché. Et Sainct Augustin, déterminant en fin son incertitude, escrit que la concupiscence attachée aux membres du corps, naissant avec les petits enfans, les rend coulpables du péché de leur premier père, et que nous sommes corrompus les uns dans les autres, comme dans un vase infect et moisy. Cela donc posé pour véritable, il s'ensuivroit que l'ame immortelle de ces Satyres venant à estre infuse et à s'unir aux parties engendrées de la matière brutale, seroit exempte de cette macule originelle et naturelle à l'homme. Car cette matière brutale, n'estant point venue d'Adam, ne la pourroit contaminer d'un péché qu'elle n'auioit point contracté. Et néant-

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