LIVRE IV
feste de Cotytto, que Suidas appelle la Deïté des Cinedes et femmes desbauchées, et que l'on sçait avoir esté révérée de mesmes solennitezque Bacchus. Mais n'est-ce pas un tesmoignage plus que suffisant de l'abomination des Bacchanales, de ce que Hyspale, qui s'en estoit retirée avec horreur, oyant dire à son amy Ebuce qu'il se vouloit mettre de cette confrairie, luy respondit : « Ja à » Dieu ne plaise, et puissions nous mou- » rir plustost l'un et l'autre, que je vous » voye abandonné à ces detestations! »
et de ce que les Romains usèrent d'une si estroicte sévérité envers ceux qu'ils trouvèrent avoir trempé en cette forfaicture, afin de renvoyer à la Grèce ses impietez ? Car ce fut Orphée, dont les chansons, c'est à dire, les vers magiques, peurent faire retourner l'ombre d'Euridice des Enfers, mouvoir les arbres, amolir les rochers, et apprivoiser toutes sortes d'animaux sauvages, hormis les femmes, qui institua le premier telles
assemblées, ou seulement les renouvella, selon quelques uns, dans la Thrace, dont elles furent nommées Orphea, et les Prestres Orpheotelestes : d'où Ton doit apprendre quels dévoient estre les confrères de cette cérémonie, de laquelle un si grand et fameux Magicien avoit esté l'autheur. La profession que les initiez dévoient tous les mois renouveller avec serment entre les mains des Orpheotelestes, et les cinq jours ordonnez en chasque mois par Proculle Minie à la célébration de ces mystères, n'est-ce pas l'hommage et l'assistance que tous les mois les Sorciers doivent rendre à Satan ? Le Dieu qu'ils invoquoient en cette solemnité estoit le bouc des Sorciers, et de cela en avons-nous un tesmoignage irréfragable dans le nom Attes qu'ils alloient criant et réitérant à haute voix : car les Phrygiens, que l'on estime avoir esté les auteurs de ceste feste, nomment les boucs Attes, le dérivant peut-estre de FHebrieu Hathais, qui signifie bouc.