‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 76 sur 130 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

il séduisit le premier homme, et le Prince de ces Démons, que Pherecides disoit avoir esté précipitez du Ciel par Jupiter, s'appelloit Ophionee, c'est à dire, serpentin. Quels estoient dans TEscriture les Pythonisses, et ces devins qui portoient des Pythons dedans le ventre, sinon des Sorciers possédez et remplis du serpent Python, c'est à dire, de Satan?

Davantage, cette chandelle ardente que les Sorciers tiennent en la main, l'ayant allumée à celle que le bouc leur maistre porte entre les cornes, à laquelle il met le feu le tirant de dessous sa queue, comme l'on a sceu par la confession de cette Sorcière qui fut exécutée par Arrest du Parlement de Bordeaux, en l'an 1594, et cette lustration par le feu dont ils se purifient dès leur enfance, sont-ce pas cérémonies que les Démons ont transportées des Bacchanales aux Sabats ? Orphée appelle Bacchus, semant le feu ; et ce nom Hyes, dont les Bac-

chantes appelloient à hauts crys la puissance diabolique qu'ils honoroient, n'est pas desrivé, selon l'interprétation de quelques Modernes, du mot Grec Hydor, comme a voulu Plutarque, mais de l'Hebrieu Haes, qui veut dire le feu. De faict Zoroastre commande à ceux qui voyent une soudaine éruption de feu sans figure bondissant en l'air, de l'adorer et en ouïr la voix, parce, dit-il, que c'est un Démon. Ce fut pourquoy les Bacchantes avoient de coustume de porter en la main une torche ardente : Thetis qui, par une science surnaturelle, prenoit telle apparence que bon luy sembloit, voulut purifier le petit Achille estant encor au berceau, en le passant toutes les nuictsparle milieu des flammes, afin de le rendre égal aux Dieux, disent les Fables, mais en effect pour le consacrer au Démon qu'elle servoit : et Isis, qui ne fut pas moins sçavante en l'art Magique, qui faisoit mourir de son regard, comme les Telchines, les Tybiens, et ces fasci-

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