‹ Des satyres, brutes, monstres et démonsChapitre 77 sur 130 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

nateurs d'Illyrie, et qui changeoit de forme quand il luy plaisoit, s'efforça de nettoyer ainsi par le feu tout ce qui estoit de mortel au petit fils de la Royne Athenaide, l'ayant nourry par un long temps en luy faisant seulement teter le bout de son doigt.

Reste ce cry mystérieux des Orgyes, Sabot, Saboe, et le surnom de Sabazien donné par les Phrygiens au Dieu que l'on y reveroit, ou Sabadien par les Thraces, dont les supposts de Bacchus furent nommez Sabees, et les lieux secrets choisis pour la célébration de ces mystères, Sabos. Tous ces mots sont dérivez du Grec Sabayein, qui signifie danser, à cause des danses furieuses et forcenées que demenoient ceux de cette confrairie agitez du malin esprit. Et qui n'a point ouy dire que les Sorciers vont tousjours criant l'un à l'autre dans leurs Trieteriques modernes, Sabat, Sabat, nom Démoniaque, et dont l'etymologie ne diffère point de ces autres pratiquez

parmy les Payens? Car de le tirer de l'Hebrieu, Sabaoth, qui veut dire repos, ce seroit une antiphrase trop grossière et pleine d'impiété, veu mesme que par les Sabats l'on entend spécialement les danses maudites et à contredos des Démons et Sorciers meslez ensemble, que les peuples de Dannemarc appellent danses des Hellues, du nom Danois Helfutàt, qui signifie l'enfer. Ce n'estoit donc pas sans raison, que les Démons soubs cette figure de Satyres ou demyboucs, qui leur fut tant agréable, venoient manifestement assister à la célébration de ces anciens Sabats, et se communiquoient à ces vieux Sorciers qui les honoroient si religieusement.

Entre tous les Satyres dont l'Histoire estonne la postérité, il n'y en a point, qui violente avec tant d'effort la croyance de ceux dont la raison saincte et véritable ne peut admettre une espèce d'homme Satyre, comme celuy que Sainct Hierosme escrit s'estre faict voir

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