‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 2)Chapitre 29 sur 80 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Lutte d'habileté entre les thaumaturges : le rainqueui* était reconnu pour tenir sa science du Dieu le plus puissant. Cette science avait pour base la physique expérioient^de. Preuves tirées , i° de la conduite des thaumaturges ; a° de ce qu'ils ont dit eux-mêmes sur la magie; les génies invoqués par les magiciens ont tantôt désigné les agens physiques ou chimiques qui servaient aux opérations de la science occulte , tantôt les hommes qui cultivaient cette science; 5° la magie de Cbaldéens comprenait toutes les sciences occultes.

Toutes les fois que l'intérêt de la domination ou celui de la gloire divisa les collèges sacerdotaux , on dut voir se renouveler des combats analogues à ceux où triomphèrent Moïse et Zoroastre : leur effet nécessaire était de donner à la science occulte plus d'éclat et

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plus d'énergie. Jouet de la crédulité, esclave de la peur , si la multitude adorait volontiers, comme des prodiges ou des miracles, des phénomènes naturels, des prestiges grossiers, moins de facilité secondait le Thaumatui^e, quand des hommes éclairés étaient à la fois ses rivaux et ses juges. On appréciait la merveille d'après des règles sévères de discussion. On exigeait , avant tout , qu'elle fût durable et ne déçût pas les yeux par une apparence fugitive. Le miracle devait opérer des choses impossibles à l'homme ordinaire , comme serait la métamorphose d'une verge en serpent; le prodige, sortir de l'ordre commun par un caractère insolite , par la forme effrayante des sauterelles ou la grosseur énorme de la grêle qu'envoyait aux hommes le courroux céleste : il fallait surtout que le prodige eût été prédit par le Thaumaturge , et arrivât au moment qu'avait fixé sa voix prophéti* que (i).

Victorieux dans les luttes d'habileté que réglaient ces lois , le Thaumaturge se faisait

;i) Hal/lt Meiraldahic Scmit.Jidei. lib. i,.. Gaulm n. Dç i>itd et morte Mosis. nut. pag. ao8-'it)().

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reconnaître sans peine pour le disciple et l'interprète du dieu puissant par excellence ^ du dieu élevé au-dessus des autres dieux. En effet , la croyance pieuse qui rapportait à une inspiration de la divinité tout ce qu'il y avait d'excellent dans les qualités d'un homme et dans ses œuvres, dut s'appliquer spécialement k la connaissance et à la pratique des sciences occultes. Les résultats de vertus telles que la prudence , la tempérance ou le courage , se rapprochent par degrés, et admettent, entre leurs extrêmes les plus éloignés , une comparaison assez facile pour exclure communément le besoin de leur supposer une origine extraordinaire : il n'en était pas de mémo de résultats scientifiques, toujours environnés de merveilleux, et dont on s'étudiait soigneusement à déguiser la liaison et les rapports avec les produits d'arts purement humains.

Ces considérations , si l'on s'y arrête sans préjugés , absoudront , je crois, les écrivains de la Grèce et de Rome dd reproche d'avoir trop facilement donné place, dans leurs narrations, à de prétendus miracles dignes de leur mépris. Non-seulement ils croyaient, et ils devaient rapporter ceux dont s'honorait

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diraient pas non plus à des miracles (i). C'est qu'il savait que le temps des miracles est passé. Nous sommes , dit^on , trop éclairés pour y croire. N'est-ce pas dire, en d'autres termes : ce qui formait une science secrète , réservée uniquement à quelques êtres privilégiés , est rentré dans le vaste domaine des sciences accessibles à tous les esprits ?

Suivons notre assertion dans ses conséquences : il en est quatre que nous ne pouvons refuser d'admettre, et que nous devons, dès-lors , constater par des faits.

1°. Des arts, depuis long-temps vulgaires., ont dû passer pour divins ou magiques, tant que leurs procédés sont restés secrets.

Sur le mont Larysium , dans la Laconie , on célébrait la fête de Bacchus au conunen^ cernent du printemps : des raisins mûrs y attestaient le pouvoir et la bienfaisance du Dieu (i)**-« Les prêtres de Bacchus connaissaient l'usage des serres chaudes.

\\) Swedenborg. Veru christ. JRelat, pftg. 846-85o... Jh coelo et injèmopraefatio... Abrégé des ou^frages de Swedenborg ( par Daillant-Latonche ) , in-8. 1788 pages 37-38 et a<)3-a94.

.2] Prtusaniat. Lacom'c . i:Ap» au.

Des hommes industrieux avaient apporté dans les îles de Chypre et de Rhodes, l'art de fondre et de travailler le fer. Une allégorie ingénieuse les présenta , sous le nom de Tel*chines , comme fils du soleil, père du feu , et de Minerve , déesse des arts ; l'ignorance et l'effroi qu'inspirait le fer dont , les premiers, ils parurent armés, les transformèrent en magiciens , dont le regard même était redoutable.

Experts à traiter les métaux , les Finnois figurent aussi , dans les poésies Scandinaves, comme des nains-sorciers , habitant les profondeurs des montagnes. Deux nains de la montagne de Kallova , très-habiles à forger le fer et à fabriquer des armes , ne consentirent , qu'à des conditions très-dures , à instruire des secrets de leur art , le forgeron fVailand , si fameux dans les légendes du Nord pour la perfection des armes qu'obtenaient de lui les guerriers (i).

La supériorité des armes offensives et défensives avait trop d'importance aux yeux d'hommes qui ne savaient que combattre^

t) Depping. Mémoires de la Société des Antiquaires de fraiice. tome V. page 2a3.

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pour qu'on ne la demandât point à un art surnaturel. Les armes enchantées , les boucliers ^ les cuirasses , les casques sur lesquels tous les traits s'émoussent , toutes les épées se brisent ; les glaives qui percent et pourfendent toutes les armures , n'appartiennent point Seulement aux romanciers de l'Europe et de l'Asie : ils naissent, dans les chants de Virgile et d'Homère , sous le marteau de Vulcain ; et dans les Sagas y sous la main des sorciers ou des hommes qui sont parvenus à surprendre leurs secrets.

!2''. Les œuvres de la magie étaient nécessairement circonscrites -dans les limites de la science : hors de ces limites, l'ignorance seule pouvait implorer son secours. ... Le biographe d'Apollonius de Tyane , se moque , en effet, des insensés qui demandaient à la magie , la couronne dans les combats du cirque , et le succès de leurs poursuites amoureuses ou de leurs spéculations commerciales (i).

3**. Dans les luttes d'habileté qu'élevaient entre les dépositaires de la science, des intérêts opposés , on avait à craindre de laisser

X Philostrat, yit. Apollon, lib. vu. cap. i6.

apercevoir aux regards profanes ^ les bornes des moyens de la magie : pour prévenir ce danger, il devait donc exister, entre les thaumatui^es, un pacte tacite ou formel dont les adversaires même les plus acharnés avaient intérêt à respecter les clauses? oui, sans doute .

Dans la mythologie grecque , il n'était pas permis à un Dieu de défaire ce qu'un autre Dieu avait fait. La même défense se retrouve dans la plupart de ces contes de fées que nos ancêt As ont empruntés à de plus anciennes traditions. L'histoire héroïque du Nord, à une époque très-antérieure au premier Odin, nous montre une magicienne (i)mise cruellement à mort par sa caste entière, pour avoir enseigné à un prince qu'elle aime, le moyen d'abattre la main d'un magicien qui le voulait faire périr. Dans un recueil de narrations merveilleuses , dont l'origine hindoue serait difficilement contestée, on voit une magicienne et un génie , très-opposés dans leurs inclinations , et liés néanmoins par un traité solennel qui leur défend de s'entre-nuire ,

(i Saxo grammaticus. His. dan. lib. i.

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OU de se faire personnellement aacun mal. Ils y contreviennent , et d'abord s'opposent réciproquement des prestiges tels que l'on en retrouve dans .tous les récits de ce genre. Aucun des deux ne voulant déder , ils finissent par se combattit à outrance^ en ûe lançant des jets de matière enflammée qui tuent ou blessent plusieurs spectateurs , et finissent par donner la mort aux deux combattans (i).

 des êtres prétendus surnaturels , substituons des hommes comme nous ; les^boses ne se passeront pas di(Téremment. Ce ne sera qu'aveuglés par la fureur , qu'au risque de trahir un sèôret qu'il leur importe de conserver , ils emploieront des armes jusqu'alors prohibées entre eux , et qu'ils se montreroiit au vulgaire , frappés mortellement des traits miraculeux que leur prudence réservait pour l'épouvanter ou le punir.

4*. Dans ces mêmes luttes enfin, le triomphe d'un thaumaturge pouvait ne point paraître

;i) tes Mille et une nuùs. [iv" nuit,} tome i. paf^e 3i8 et [v« nuit,] ibîd. pa^cs 33o-3aa.

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aussi décisif ^ ses adversaires qu'à ses partisans , surtout quand lui-même avait indiqué la merveille qu'il opérerait ^ et qu'il défiait son antagoniste d'imiter : celui-ci pouvait recouvrer la. supériorité, en choisissant, à son tour , une époreuve où sa capacité lui assurerait la victoire.... Cet argument a sûrement été opposé plusieurs fois au spectacle des miracles. Nous dirons même que l'histoire devient inexplicable , si l'on rejette l'opinion qui lui sert de base. Dans une lutte solennelle, Moise a vaincu les prêtres égyptiens, Élie les prophètes de Baal. Loin de tomber aux pieds des envoyés du Dieu d'Israël , Pharaon poursuit à main armée le peuple que conduit Moise ; Jézabel jure de venger , par la mort d'Élie , les prêtres qu'il a mis à mort. Le roi d'Egypte , la princesse Sidontène n'étaicfnt cependant pas privés de leur raison : il faut donc supposer , ce qui est presque certain pour l'un et probable pour l'autre , qu'ils étaient initiés dans la science secrète de leurs prêtres. L'insuffisance momentanée de cette science , la victoire du thaumaturge en-* nemi , ne furent alors , à leurs yeux , qu'un

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accident facilement explicable , qu'une défaite momentanée, qu'en d'autres occasions compen)serait la victoire.

Rien n'est plus propre à confirmer nos idées qu'un coup-d'œil sur la manière dont , en général I, opéraient les magiciens. Leur art parait moins un secours et un bienfait continuel de la divinité, que le produit d'une science péniblement acquise et diflicilement conservée. Pour opérer magiquement y pour conjurer les génies et les dieux , et les contraindre à agir, il fallait des préparatifs trèsétendus, sur la nature et l'action desquels on jetait un voile mystérieux. On devait recueillir , en secret , des plantes et des minéraux , les combiner de diverses manières , les soumettre à l'action du feu ; et faire à peine un pas sans répéter des formules ou sans ouvrir des livres dont l'oubli ou la perte entraînait la privation de tout pouvoir magique. Telle était la marche de la plupart des thaumaturges , véritables écoliers en physique expérimentale ; forcés de relire sans cesse des prescriptions que , faute d'une théorie raisonnée, ils n'avaient pu se rendre propres et graver dans leur entendement.

Mais il est tempsde les consulter eux-mêmes sur la nature de leur art.

Apollonius (i) se défend d'être au nombre des magiciens : ce ne sont, dit-il, que des artisans de miracles. Échouent-ils dans leurs tentatives 7 ils reconnaissent qu'ils ont négligé d'employer telle substance , ou de brûler telle autre. Charlatans maladroits qui laissaient apercevoir le travail et les procédés mécaniques ! Sa science, à lui , est un don de Dieu , une récompense de sa piété , de sa tempérance , de ses austérités ; et pour opérer des miracles , il n'a besoin ni de préparatifs ni de sacrifices. Cette prétention , qui le rapprochait des Pénitens hindous , annonce seulement un homme plus adroit, plus sûr de son fait. Ce qu'il dit des Thaumaturges vulgaires prouve , comme nous l'annonçons , qu'ils n'étaient que des manœuvres dans l'art» des expériences, physiques.

Chaerémon, prêtre et écrivain sacré (scriba sacer ) enseignait l'art d'évoquer les dieux , même malgré eux, en sorte qu'ils ne pussent s'éloigner sans avoir opéré le prodige dc-^

: I Philoilf'al. l'il. Apollon, lib. i. cap. i.

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mandé. Porphyre , réfutant Chacrémon , affirme que les dieux ont enseigné les formules et les caractères avec lesquels on peut les

évoquer (i) Ce n'est ici que l'attaque

d'une école de sciences occultes, contre une autre école ; ce n'est qu'une dispute de mots. Les êtres qui obéissaient aux conjurations n'étaient pas les dieux qui avaient dicté les formules dont émanaient les conjurations ; lamblique nous fait connaître les uns et les autres.

Voulant expliquer comment l'homme a de l'empire sur lesg^eVwe^^, il distingue ceux-ci en deux sortes ; les uns divins j et dont on n'obtient rien que par des prières et la piatique des vertus ; ce sont les dieux de Porphvre. Les autres , qui correspondent aux dieux obéissans de Chaerémon, sont définis par le tliéurgiste. « Des esprits dénués de raison , (( de discernement et d'intelligence ; doués <( ( chacun à la vérité pour un seul objet ) (( d'une puissance d'action supérieure à celle « que l'homme possède ; forcés d'exercer la « propriété qui leur appartient , quand

\ Euseh' Prat'p, E\'(ine;. lib. v. *nv. '^. q. lo. u.

DSa SCIENCES OCCUtTI^S.. l5l

« r^Qipm^ le leur coimoaDde ; parce que sa a n/fson e( son discennçjmeQt ^ qui lui font u connaître l'état dans lequel chaque chose (i cxi&t^ , l'élévent au-dessus de ces génies , a et les soumet à sa puissance ( i ) »... Assistons maintenant à un cours de chimie ou de physique expérimentale, u U existe, dit le professeur, des substances par lesquelles s'opèrent des prodiges impraticables à l'homme réduit à ses facultés, personnellea , tels que de faire jaillir des étincelles de la glace , ou de produire de la glace sous une atmosphère embrasée; mais chacune a une propriété unique qu'elle exerce sans but comme sans discernement. Âgens aveugle.s, elles devien-

(i) iamHichuê, Dcmysteriis, cap. xxxi. invocationes et op^ra homfnum adt^rsiu spiritiu,., « Est etiam a\juà genus fl< spirîtuum.... indiêcretum et inconsidctatum , quod unam « numéro potentiam est sortîtam... unde unum uni tantuin t< «péri ailaictnin est... Jussa et imperia TÎolenta diriguntur a ad spiritus née utentes proprid raUone, nec judicii ilina cretionisque principium possidentes, Cum enim cog^tatio. n fiostra habèat ratiocinandi nataram atque discernendi quà a res ratione se habet... spiritîbas imperare tolet, non uten^ A tibus ratione et ad unam tantum actionera determinatis... n impeiat , quia natui'a nostra intellectualis praestantior est n quam intellectu carens, ctsi illad in muado latiorem ha- (« beat actioneui. »>

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lient (les instrumens de miracles dans les mains de l'homme qui , par le raisonnement et la science ^ sait s'en rendre maître , et en appli* quer judicieusement les propriétés et Pénergie... )) Le professeur a peint avec exactitude les substances que mettent en œuvre la physique et la chimie ; et ce qu'il en dit ^ lamblique l'a dit des génies du second ordre.

Le professeur continue : « Quand un igno* rant essaie une expérience, sans observer les procédés qu'il faut suivre , il manque l'expérience Toute l'expérience manquera, si

Ton omet d'employer conformément au procédé indiqué par la science , une seule des substances dont l'usage est prescrit. » Aux mots ignorant , expérience , procédés , suIh stances, substituons profane, œuvre religieuse , rites , dii^inités ou génies ; le professeur se trouvera avoir traduit deux passages d'Iamblique sur la marche à suivre pour opérer des miracles (i).

Des génies subordonnés au pouvoir magi<^

(i) c< Quani/o profani tractant iocra contra ntvLS^/rustratur eventus, w ( lamblich. De mjr$terus. cap. xxx )... « Uno praetermisso iiumine sine ritu, communis ipsa RcligîOj(?/ifm non habet. »» {ibid. cap. xxxui. )

que , les uns doivent être évoqués en langue égyptienne^ les autres en langue persane (i) : ne serait-ce point que les formules magiques consistaient dans des recettes de physique , que chaque temple conservait , rédigées dans sa langue sacrée ; les prêtres égyptiens opé-» raient un miracle par un procédé ignoré des prêtres persans ; et ceux-ci ^ par un procédé différent, opéraient la même merveille ou lui opposaient quelque autre merveille aussi brillante.

Aux esprits sévères que révolte l'idée de voir transformer en êtres surnaturels des agens physiques , montrons divinisées les plu» simples opérations de Tindustric. Chez les Romains , disciples de ces Étrusques qui , tenant de la religion leur civilisation originaire , rapportaient à la religion leur existence tout entière , qu'étaient les dieux appelés par le Flamen, à la fête célébrée en l'honneur de la terre et de la déesse de l'agriculture 7 leurs noms le disent : l'ouverture de la terre en jachère ; le second labour ; le troisième ; les semailles ; le quatrième labour, qui enterrait

(i) Origen, contr, Cels, lib. u

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la semence ; le hersage ; le sarclage à la houe ; le second sarclage ; la raoisson ; rentèvement et le transport des gerbes ; l'engrangeaient ; la sortie des grains pour les moudre ou les vendre (i).... Le prêtre énumérait les opérations de l'agriculture ; la superstition les di^ irinisa.

La même superstition transforma en êtres surnaturels , les hommes dont l'habileté produisait des œuvres au-dessus dq la capacité^ du vulgaire. L'art de traiter les métaux fut divinisé sous le nom de f^ulcain. Les premiers ouvriers en fer , connus chez les Grecs, lesTelchines (:2), traités d'abord de magiciens.

(i) Servius in f^irgil. Géorgie» lib. i. vers, ai et seq. Et f^arr» de Jle rust, lib. i. cap. i... Noms Jes diTinités : Vervaetor,,. ReptàroMor,,» Imporciior,,. Insiiôr,,. Obaratot... Occàtor,,» Sarritor, . . Subruncinator. . . Mtêtor, . . Convtctor. . . Conditor, . . Promitor, — L*ainendemept des terres était aussi divinisé sous le nom de Sterquilinius ou StercUinius,

(a) Suidas wBsho. Telchtnet Vojes rarfkle des TeU^in€$ dans les Dictionnairet de lajable de JNToêl et de Chompré et MiUin. — Des hommes attachés au culte de la nature , de la terre divînisée ( Cybèle , Magna Mater, etc.) , répandirent si|r divers points , l'art de traTailIer les métaux \ ils fujoent connus de chaque peuple sous des noms différens y Telcliines , Curetés , Dactyleiv idéens , Corybantes , etc. ; mais tous appartenaient au même corps sacerdotal , et se trans-

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passèrent ensuite pour des demi-dieux ^ des génies, des démons mdlfaisans. Les jF^^ (fées ou génies) étaient citées en Ecosse, comme excellant dans les arts (i); et nous devons probablement à une croyance semblable , l'expression proverbiale, travailler comme les fées. « Les gnomes , disent les cabalistes , gens de « petite stature , gardiens des trésors , des mice nières et des pierreries,^., sont ingénieux, c( amis de l'homme.... Ils fournissent aux en- K fans des sages , tout l'argent qu'ils peuvent (c demander, etc. (2) » La crédulité , dans plusieurs pays de l'Europe, peuplait les mines de génies ; on les voyait , sous la figure d'hommes bruns, petits , mais robustes ; toujours prêts à punir de son indiscrétion , le profane qur venait épier leurs travaux. Tout ce qu'on a dit de ces génies ou des gnomes , pouvait se dire des mineurs eux-mêmes , dans un temps.

mettaient leurs connaÎMances de génération en génération. Cett ponr cela que les écrÎTains anciens , tantôt les confondent j et tantôt disent que les uns furent les ancêtres des. antres. Diod. sic. Pausanias, Strabo,

(1) Be^ue encjrclopédigue. tome xxxi. page 714.

(ti)^ cùmte de Cabalis ou Entretiens sur les sciences secrettes. Second entretien, pages 4^49*

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OÙ leur art ^ dérobé aux regards du vulgaire^ était exclusivement destiné à accroître les richesses et à soutenir la puissance de la classe éclairée.

Le voile de Fallégorte , toujours plus clair, se déchire dans les récits orientaux : les ouvriers qui exploitent des mines d'acier , y sont appelés les génies de ces mines. jCes génies se montrent si sensibles à un festin splendide qu'un prince leur a fait servir, qu'ils accourent à son aide, dans une conjoncture où sa vie ne peut être sauvée que par leur reconnaissance (i).

On peut quelquefois encore signaler la gradation qu'a suivie une pareille métamorphose. Âgamède (3), dans Homère, est une femme secourable , instruite des propriétés de tous les médicamens qui naissent sur la terre ; Orphée était un sage interprète des Dieux (3)', qui entraînait après lui , non moins que les animaux féroces, les hommes sauvages

(ï) Mille et une nuits, tome vi. pages 3{4*347* cocclxxxix* nu it.

(a; Monter. Odyts. lib. iv. vers. aiô. Iliad. lil;. xi. vers. 737-739.

(3) Hwai. De art, poet. Ters. SqO'BqS.

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qu^il civilisait, par le charme des vers et Fliarmonie du langage ; les historiens qui ont servi de guides à Diodore , peignaient comme purement naturelles les connaissances de Circé et de Médée (i) , connaissances relatives surtout à Teflicacité des poisons et des remèdes : la mythologie a conservé aux deux filles d'Aëtès la réputation de magiciennes redoutables ; des poètes postérieurs à Homère peignent Orphée comme un magicien très-habile (2) ; Théocrite fait d'Agamède la rivale , dans les arts magiques , de Médée et de Circé (3).

Les prêtres qui, en Egypte, tenaient le premier rang après le souverain pontife , et qui luttèrent d'habileté contre Moïse, sont appelés magiciens dans les traductions de l'Exode , et les opérations de leur art y sont qualifiées Ôl enchantemens (4)« Un archéologue qui a fait de la langue et de l'histoire des Hébreux une étude approfondie.

' f ) DiW. sic, lib. II. cap. 1 et 6

(a) Euripid. Iphigen. in Aulid, vers. 11 -i a. Cyclop. vers.

(3. Theocrit, idjrlL 11. vers. iS-i^.

(4- E'od* cap. VH. vers. ai. cap. ▼m. vers. 7.

l6o DES SCIENCES OCCULTES.

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