‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 2)Chapitre 30 sur 80 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Erreurs mêlées aux connaissances positives : elles sont nées , tant6t d'impostures volontaires , et tantôt du mystère qui enveloppait la science sacrée. Impostures , promesses exagérées des thaumaturges ; charlatanisme, escamotage; tours d'adresse plus ou moins grossiers j emploi du sort , et facilité d'en diriger le résultat. Oracles : à l'équivoque, à l'imposture , se joignirent , pour assurer leurs succès , des moyens naturels , tels que le prestige du venirikh quisme, les vertiges , etc. 5 et enfin des observations exactes , mais tris-simples.

Si les Thaumaturges avaient cultivé la science pour le noble plaisir de s'éclairer, et de répandre, parmi leurs semblables, de brillantes et utiles lumières , nous n'aurions plus à rechercher , dans leurs œuvres , que des vestiges de doctrines incomplètes sans

PES SCIBNCES OCCITLTES. l6l

doute ^ mais pures, mais exemptes d'un vil alliage. Il n'en est point ainsi : conquérir une vénération et une docilité sans bornes, tel était le but de la magie ; tout ce qui aidait à Tatteindre parut légitime : le secours de l'adresse et les ruses de Fimposture , comme l'emploi des connaissances les plus sublimes. Il fallait conserver le sceptre après l'avoir conquis ; il fallait montrer partout un pouvoir surnaturel, et cacher la main de Thomme, lors même qu'il eût été glorieux à Thommc de divulguer l'empire que son génie pouvait exercer sur la nature. Un secret religieux enveloppa les principes de la science ; une langue particulière , des expressions figurées, des allégories, des emblèmes en voilèrent les moindres détails. L'espoîr de deviner ces énigmes sacrées fit naître , parmi les prof a-nés y mille conjectures extravagantes ; loin de les dissiper, le Thaumaturge les aida à se répandre : c'était autant de garanties de l'impénétrabilité de son secret. Mais les opinions absurdes qui en dérivèrent ne furent pas , nous le verrons , le seul mal que la conservation de ce secret ait alors causé à Fesprit

humain.

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