I. cap. 7. vers
'h. Ant, JMtd* lib. ▼!. cap. a.
322 DBS SCIBNCBS OCCULTES.
guerres désastreuses qui désolèrent les royaumes d'Israël et de Juda... Non : les prêtres, qui en étaient les dépositaires, ne s'empressèrent point d'en faire part à des rois dont ils s'indignaient de n'être point les égaux ou plutôt les maitres. Mais un indice révèle que le même secret subsistait entre leurs mains, trois cent cinquante ans plus tard. A l'instant où Ozias, sourd aux représentations du grandprêtre , fut miraculeusement frappé de lèpre, la terre trembla , à l'ouest de la ville , une portion de montagne s'écroula, et ^ de ses débris , ferma le grand chemin et couvrit le jardin du roi (i). De la coïncidence des deux événemens, j'induis que , par un tremblement de terre artificiel , par l'effet d'une mine , on prit soin de distraire l'attention du roi et des personnes qui l'accompagnaient , en sorte qu'ils ne pussent apercevoir les moyens dont on se servait pour opérer le miracle principal.
Sept siècles et demi séparent cette époque de celle où Hérode descendit dans le monument de David , avec l'espérance d'y déterrer
(i) 77. Joseph, jint. jud. lib. ix. cap. ii.
des trésors. Son avidité nétaiit point satisfaite des richesses qu'il en avait tirées, il poussa plus loin ses recherches, et fît ouvrir les souterrains où reposaient les restes de David et de Salomon. Une (lamme impétueuse en sortit subitement : deux des gardes du roi périrent , suiToqués et brûlés (i). Michaëlis attribue ce prodige aux gaz qui s'échappèrent du souterrain, et qu'enflammèrent les torches destinées a éclairer les ouvriers qui en déblayaient l'entrée (3). Mais ceux-ci , en ce cas, auraient été les premières victimes , l'expansion des gaz ne pouvant manquer d'avoir lieu, dès qu'une ouverture aurait été pratiquée dans le souterrain. Nous croirons plutôt que les prêtres qui avaient plus d'un motif de haïr Hérode , les prêtres qui regardaient les richesses renfermées dans le monument de David comme la propriété du gouvernement théocratique, et qu'indignait justement le pillage sacrilège que venait d'y commettre le prince iduméen , cherchèrent, en aiguillonnant sa cupidité, à
i; Ft, Joseph. Ant, jud. lib. xvi. cap. 11.
a) Magazin scientifique de Gottiiigue, in' année. 6* cahier.
Tattirer dans le souterrain intérieur ; et qu% y avaient préparé des moyens sûrs de le faire périr ^ si, comme on pouvait s'y attendre, il y voulait pénétrer le premier.
Michaêlis (i) attribue de même à l'inflammation des gaz souterrains , le miracle qui interrompit les travaux ordonnés par l'empereur Julien pour la restauration du temple de Jérusalem , et dont les chrétiens se réjouirent assez hautement , pour qu'on les en ait crus les auteurs. Cette explication nous semble moins plausible encore que la première : dam les globes de feu qui s'élancèrent du milieu des décombres, blessèrent et mirent en fuite les ouvriers , dans l'ébranlement du soi qui renversa plusieurs bàtimens , si l'on ne veut point reconnaître l'effet d'une mine, nous demandons à quels signes on le reconnaîtra ?
Observons que ce mirade ne convertit au christianisme ni les Juifs de Jérusalem , ni l'empereur Julien^ ni Ammien Marcellin, qui nous en a transmis Thistoire. Cela confirme ce que nous avons dit de l'opinion reçue géné-
; 1 ) Magazin scientifique de Gùttingne, loc. cîL
ralenicnt sur la nature des miracles : celui-ci, connne tant d'autres , ne parut qu'une opération brillante de la science occulte.
Près (le cinq cents ans après, le huitième des khalifes abassides , Motasscm, prescrivit impérativement aux chrétiens de Syrie, d'embrasser l'islamisme, à moins qu'ils ne pussent, par l'efficacité de leurs prières, y^/rc mar^ cher une montagne . Ils obtinrent un délai de dix jours , à l'expiration duquel, à la voix du plus saint d'entre eux et sous les yeux du khalife , la montagne s'émut^ et la terre trembla (Tune manière singulière (i). Ici encore il est difficile de méconnaître le jeu d'une mine que , pendant un intervalle de dix jours, on a préparée , en creusant assez profondément pour qu'elle n'éclate point au dehors, et que son effet se borne à ébranler au loin le sol qui la recouvre.
Consultons maintenant les annales de la Grèce. Les prêtres d'Apollon, à Delphes, après avoir fait annoncer, par la voix de l'oracle , que leur Dieu saurait bien lui-même
i Voyages de Marco Polo. lir. i. chnp. i. *^ Pfou^^elles jénnaUs des Voyages, tome ii. page i65.