‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 2)Chapitre 62 sur 80 · II · texte numérisé non relu

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sauver son temple , le préservèrent, en effet, de l'invasion des Perses, puis de celle des Gaulois , par l'explosion de mines placées dans les rochers qui l'environnaient. Les assaillans furent écrasés par la chute de blocs innombrables , qu'au milieu de flammes dévorantes, une main invisible faisait pleuvoir sur eux (i).

Pausanias attribue la défaite des Gaulois à un tremblement de terre et à un orage miraculeua:; il en décrit ainsi l'effet : a La foudre (( ne tuait pas seulement celui qui en était (( frappé ; une exhalaison enflammée se comte muniquait à ceux qui étaient auprès , et les (( réduisait en poudre (2). »

Mais l'explosion de plusieurs mines , quelque violente qu'on la suppose , n'aurait pas produit la destruction totale des assaillans, telle que la peignent les historiens? Non : aussi voit-on les mêmes Gaulois faire ensuite , avec succès^ une incursion en Asie; ils avaient été repoussés à Delphes , et non pas exterminés.

(1) Merûdot.Ub, viu. cap. 37-39. — Justin, lib.xxiT. cap. 8. (a} Pausanias. Phcc. cap. a3.

Les miracles opérés à Jérusalem , et celui qui sauva momentanément de Foppression les chrétiens de Syrie , concentrés sur un point unique , purent être Touvrage d'un petit nombre de fidèles^, déterminés au silence par rintérét de leur religion. Mais les travaux de mines considérables, creusées dans les rochers de Delphes , n'auraient - ils pas exigé le concours de trop de coopérateurs pour que le secret en fût long-temps gardé ? On pourrait répondre que les détails les plus simples et les plus pénibles étaient confiés a des ouvriers grossiers , qui ne songeaient ni à en deviner le but , ni à le divulguer; que probablement même les excavations étaient pratiquées long-temps d'avance , comme elles le sont dans les travaux de défense de nos places fortes , en sorte que l'on n'a besoin que d'y déposer la composition fulminante. Une réponse plus décisive nous est fournie par la tradition historique. Tous les Grecs, de Delphes aux Thermopyles, étaient initiés aux mystères du temple de Delphes (i). Leur silence , sur tout ce qu'on leur ordonnait de

(i' Plutarch. De OracuL dnfect.

3^8 DES SCIENCBS OCCULTES.

taire ^ était doue garanti , et par ia crainte des peines promises à une révélation parjure ^ et par la confession générale exigée des aspirans à Tinitiation , confession qui les mettait dans le cas de redouter plus rindîscréUon du prêtre , que de lui faire redouter leur propre indiscrétion.

Remarquez enfin que le -dieu de Delphes ^ si puissant pour préserver son temple de l'avidité des étrangers, n'essaya point d'en soustraire les richesses aux mains des Phocidiens. Quand ceux-ci y puisèrent des ressources pour défendre leur patrie contre Tambition hypocrite de Philippe, ils avaient probablement obtenu ou arraché le consentement des prêtres , et ne redoutaient point un miracle destructeur qu'on ne pouvait guère opérer que du consentement de leurs chefs, et avec leur concours.

Telle est l'habitude de croire très-moderne l'usage de la poudre à canon, que des faits si marquans sont restés inaperçus , ou que du moins ils n'ont pas conduit à conclure que les peuples anciens ont connu quelque composition presque aussi meurtrière. Toutefois « ce « qu'a écrit , sur les machines de guerre em-

DES SCIENCES OCCULTES. 22g

a ployées à la fin du XIII* siècle ^ Egidio « Colonna (i), fait soupçonner, dit M. Na- (( pione , que Finvention de la poudre est c( beaucoup plus ancienne que l'on ne pense, « et que cette composition redoutable n'é- «tait peut -être qu'une modification, un (( perfectionnement du feu grégeois , que « Ton connaissait plusieurs siècles avant la (( poudre. »

Nous croyons avoir établi que l'invention du feu grégeois remonte à une haute antiquité : nous pensons donc que Langlès a eu raison de reculer également l'époque de l'invention de la poudre à canon. Voici , erf substance, les faits dont il appuyé son opinion (2). Les Maures ont fait usage , en Espagne , de la poudre à canon, au commencement du XIV* siècle. Dès 1292, un poète de Grenade avait célébré , dans ses vers , ce moyen de destruction : tout annonce que les Arabes s'en

; 1) Moine romain qui prit part à l'éducation de Philippe- Ic-Bcl. — Memorie délia reale ^ccademia deUe Scienze di Toriito. tome xxix. — Bévue encyclopédique, tome xxx. page 4a.

3 LangU'S. Dissertation insôiée clans le Magasin encyclopédique, w année, tome i. pjigcs 333-338.

23o DES SCIENCES OCCULTES.

servirent, contre la flotte des Crobés, an temp3 de Saint Louis ; en 690 , ils Tavaient employé dans l'attaque de la Mecque. Les missionnaires ont constaté que la poudre à canon est connue à la Chine depuis un temps immémorial. Elle l'est également au Thibet^ et dans l'Hindoustan ^ où l'on s'est toujours servi de feux d'artifice et de balles à feu dans la guerre et dans les réjouissances publiques. Dans les contrées de ce vaste pays que n'avaient jamais visitées les Européens ni les Musulmans , on a trouvé l'usage de fusées de fer attachées à un dard , que l'efTort de la poudre porte dans les rangs ennemis. Les lois rassemblées dans le Code des Gentous, et dont l'antiquité se perd dans la nuit des temps^ défendent les armes à feu (prohibition qui sans doute les a empêchées de devenir communes). Les lois distinguent les traits de/eu, et les traits qui tuent cent hommes à la fois; ceux-ci rappellent l'effet de nos canons. Les Hindous , ne connaissant point l'usage des mortiers , creusaient des trous dans les rochers , et les remplissaient de poudre pour faire pleuvoir les pierres sur leurs ennemis (précisément comme les prêtres de Delphes

DE» SCIENCES OCCULTES. a3 1

en lancèrent une grêle sur les Perses et sur les Gaulois). Enfin un commentaire des Vèdas attribue l'invention de la poudre à Visvacamta ( i ), à l'artiste-Dieu, qui fabriqua les traits dont se sen'îrent les dieux pour combattre les mauvais génies.

Serait-ce dans ce trait de la mythologie Hindoue, que quelque voyageur avait pu lui apprendre , que Milton aurait puisé l'idée d'attribuer aux anges rebelles l'invention de la poudre et des armes à feu ? Langtès a omis ce rapprochement : le droit que les poètes ont de feindre lui a paru sans doute affaiblir trop l'autorité de leurs récits. Mais il lui était aisé de trouver , dans l'autorité moins reçusable des faits physiques, la confirmation de ses conjectures. Il pouvait observer que, dans l'Hindoustan et à la Chine, le sel est tellement imprégné de salpêtre, que ce sel s'efTIeurit souvent à la surface de la terre.

Ce phénomène, qui a dû y faire imaginer

(i) Ce nom, s'il doit fournir, comme on lenût Xeaté Je le croire, l'ëtjfnolof^ie peu connue du mot franfait vacarme, ne terait peui-élre |kin traduit inexactement par /ôricc iruyantt-

23a DES SCIENCES OCCULTÉS.

de bonne heure , et faciliter la confection des compositions pyriques , l'y a en même temps rendue vulgaire , malgré son importance qui l'appelait à faire partie des sciences occulte> et sacrées. C'est lui aussi qiii a donné à la pyrotechnie asiatique ^ sur la pyrotechnie européenne , une antériorité si grande et une supériorité à peine encore contestée. L'un et l'autre avantages ont souvent excité noà'e incrédulité ; le moyen de reconnaître que l'on sait ailleurs faire ce que nous ne savons pas! Fontenelle dit qu'à la Chine, suivant les annales de cet empire , « on voit des mille étoiles à « la fois qui tombent du ciel dans la mer « avec un grand fracas , ou qui se dissolvent w et s'en vont en pluie.... Une étoile qui s'en « va crever vers l'Orient comme une Jusée , (( et toujours avec grand bruit (i)... » Comment l'ingénieux philosophe n'a-t-il pas, dans cette description, reconnu les effets des/usée.^ ci des ôcmbes d^ artifice? On savait pourtant que les Chinois excellaient à composer les unes et les autres : Fontenelle aima mieux

(i) Foutenclle. De la pluralité des mondes. Sixièmf »o" (vers la fin}.

DBS SCIENCES OCCULTES. 333

plaisanter sur la prétendue science astronomique des Chinois.

A plus forte raison , l'on a tourné en ridicule un passage remarquable du voyage de Plancarpin.LesTatarsracontèrentà ce moine, que \e Prétre-Jean , roi des chrétiens de la tirandc-Inde ( probablement un chef du Thîbct, ou de quelque peuplade professant la religion Lamique ) , attaqué par Tossuch , fils de Tchinggis-Khan , conduisit contre les assaillans des figures de bronze, montées sur des chevaux. Dans l'intérieur des figures était du feu, et derrière , un homme qui jeta dedans quelque chose , ce qui produisit sur-lechamp une grande fumée, et donna aux ennemis dcsTatars le temps de les ma88acrer(i). Il est difficile de croire qu'une fumée violente suffit pour mettre en déroute, comme un essaim d'abeilles , les compagnons d'armes de Tchinggis. On répugne moins k reconnaître , dans les figures de bronze , soit de petits pici'ricrs, soit des canons semblables à ceux de la Chine qui , se démontant en plusieurs paities , pouvaient é

(i) fnyage de l'Iancarpi

334 I>^ SCIBHCBS OCCULTES.

tés par des chevaux (i) ; des pièces d'artillerie enfin qui vomissaient , à coup sûr , aatre chose que de la famée. Les soldats de Tossuch , ne connaissant point ces armes ^ et ayant abandonné , dans leur fuite, leurs morts et leurs blessés , ne purent parler à Plancarpin que de ce qu'ils avaient vu , de la fumée et de la flamme : mais pour nous, la véritable cause de leur défaite n'est ni obscure ni miraculeuse. Nous savons quelles relations le Thibet et les peuples qui suivent la religion Lamique , ont eues de tous temps avec la Chine : or , un petit-fils de Tchinggi&»Khan , en 1 254 1 avait , dans son armée , un corps d'artilleurs chinois ; et, dès le X* siècle , on connaissait en Chine les chars à foudre qui produisaient les mêmes effets que nos canons^ et par les mêmes procédés (2). Ne pouvant fixer l'époque où a commencé , dans cet empire , l'usage de la poudre , des armes à feu ^ et de l'artillerie (3), la tradition nationale

(i) p. Mafîei. Hùt. Indic, lib. vi. pag. a56.

a) Abel Remusat. Mémoire sur Us relations politi^fues des rois de France avec Us empereurs mongols. — Journal af^' tiffue, tome i, page iS^.

3^ P. MafTei. Uist, Indic. loc. cit.

en attribue l'inyention au premier roi du pays. Ce prince était très^versé dans les arts magiques (i) : ce n'est donc point sans raison que nous avons rangé la découverte dont on lui fait honneur, au nombre des moyens dont ces arts se servaient pour opérer des miracles.

Ces rapprochemens fortifient, loin de la contrarier , l'opinion de Langlés qui attribue aux Hindous l'invention de la poudre à canoiï ; aux Hindous, dont la Chine a sans doute reçu sa civilisation et ses arts , comme elle en a reçu sa religion populaire.

Les Grecs n'ont point ignoré le pouvoir redoutable des armes que , dans l'Inde , préparait une science cachée. Philostrate peint les sages qui habitaient entre l'Hyphasis et le Gange , lançant à coups redoublés la foudre sur leurs ennemis, et repoussant ainsi l'agression de Bacchus et de l'Hercule Égyptien (3).

On se rappelle de quels traits les dieux de l'Hindoustan étaient armés pour combattre

' i) Voyage de Linachott à la Chine, 3* éclit. page 53. (3) Philostrat.vit. Apollon. lib. te. cap. i4- lil)' m* ^^V' ^ — Themiit. Orat. xxvii.

^36 DBS SCIENCES OCCULTES.

les mauvais génies. Dans la mythologie grecque , dérivation éloignée , mais toujours reconnaissable ^ de la mythologie hindoue ^ les dieux ont aussi à combattre les Titans rebelles ; et des armes foudroyantes assurent aussi leur victoire. Des traits nombreux de ressemblance , dans le récit de ce combat , rapprochent de l'artillerie moderne, Tarme du roi des dieux et des hommes. Les Cyclopes , disait l'historien Castor (i), avec des éclairs et des foudres éclatantes, portèrent du secours & Jupiter combattant les Titans. Dans la guerre des Dieux contre les Géants , suivant ÂpoUodore (2) , Vulcain tua Clytius en lui lançant des pierres enflammées; Typhon, que la terre avait enfanté pour venger les Géants , faisait voler contre le ciel des pierres enflammées, tandis que sa bouche vomissait des torrens de feu. Les frères de Saturne , dit Hésiode (3) , délivrés de leurs liens par Jupiter, lui donnèrent le tonnerre , la foudre

(i) £useb, Chrùnic, canon, lib. i. cap. i3. — Nota, Ce passage important ne se trouve que dans la Tersion armé nienne publiée par Zorhab et Mai.

(a) Apollodor. BiUiothec. lib. i. cap. 5.

(3) Hesiod. Theogon. vers, ^oa-oo^.

éblouissante et les éclairs que la terre tenait renfermés dans son sein ; armes qui assurent à ce dieu l'empire sur les hommes et sur les immortels — C'est du sein de la terre que l'on tire le salpêtre, le soufre et le bitume, dont se composait probablement la matière fulminante des anciens. Seule enfin, entre* toutes les divinités, Minerve sait où repose la foudre (i); les Cyclopes seuls savent la fabriquer ; et Jupiter punit sévèrement son fils d'avoir attente \\ la vie de ces artistes précieux... Oublions les idées mythologiques attachées à tous ces noms ; et nous croirons lire l'histoire d'un prince à qui la reconnaissance a livré le secret de fabriquer la poudre à canon , et qui est aussi jaloux de le posséder exclusivement que le furent les empereurs de Bvzance de se réserver le secret de la composition du feu grégeois.

La ressemblance (Jes effets de la foudre et de ceux des compositions pyriques est si frappante , qu'elle a été consacrée dans tous les récits historiques et mythologiques : elle n'échappa même point aux indigènes du Conli-

vi^ Arschjrl. Eumenid. vrrs. 819-8»!.

!l38 DES SCIENCES OCCULTES.

ncnt découvert par Christophe Colomb ^ ci dévasté par les Cortés et les Pizarre ; les infortunés prirent leurs vainqueurs pour des dieux armés du tonnerre, jusqu'à jce qu'ils eussent payé bien cher le droit de voir en eux des génies malfaisans et ennemis de Thumanité.

Cette ressemblance semble suffire pour expliquer le miracle d'Élie , quand deux [ov> il fit tomber la foudre sur les soldats envovés pour le saisir sur la montagne où il s'était retiré (i).

Elle explique un passage que Pline a emprunté probablement à quelque poète ancien^ et qui a fait le tourment des commentateurs. En traitant de l'origine de la magie , Pline s'étonne que cet art fût répandu en Thessalie dès le temps du siège de Troie , et lorsque Mars seul lançait la foudre (solo Afarte . fulminante) (a). N'y a-t-il point là une allusion visible au pouvoir que possédait la science sacrée, et que la magie sortie des temples tendait à s'arroger, au pouvoir de s'armer

V Re^. Ub. IV. cap. i. ren. 9-11.

a' Plin, Misi, ma. lîb. xxx. cap. i.

■li^O DES SCIENCES OCCUI,TK

Iriotcs, \t^s fauconneaux doit' contre Aniuratli second, lo-^ Bclgr.ida(i)7 Etcomnient, i péri Uint d'autres artâ plii'^ iinmédlatcment utiles? El ■ imposé par des lois sévi"' lion du feu grégeois, i et plus profond encoi tloiis plus importanli Mais j'ose affirmer que fort tard dans l< Claiidien décriv d artiticc et pari }ians (2). L'ai' traça les dcssl, de régliso de Tralles, lar,.

sienne les i'- '

; .-. che a'Alarb l'te* . i niiioisontunebouiM- .li l;iil usage delà bûUi*i' ..uilatioa de l'empiit. AuCliraclts. Phâiomine i» -^ Liaigre sur la cluui. Anui larmes bataviquei , elr.

;re carrière:

s promes*^ bouche J« prouvé qui' » remplir.

"rions,

:is ont n eiTcore

nous n'avons

: rssort de Pair »()iT, pour les î niits , le jeu d'un .^ I)ruit, sans exploit trier, aurait quelque . Pliiion de Byzance(i), Ms le troisième siècle avant (' uiîe description exacte du r s'en attribue pas l'invention :

i «Ile-ci peut-elle être ancienne ; ' personne n'osera décider. Pluircs parlent d'aiguilles empoisonn lançait avec le souffle ; l'abrévia- ..' Dion Cassîus(2) cite deux exemples ' crime impunément commis ; nous ré- • rons ce que nous avons eu tant de fois asion de dire : combien, avec un pareil cret, n'est-il pas aisé d'opérer des miracles !

(i) Be*^ue encyclopédique, toine xviir. |:.igP8 629 et siiiv. \%) Xiphilin. in Domitian..% in Commod.

La force de Teau , vaporisée par la chaleor, est un agent dont l'emploi a , de nos jours ^ changé la face des arts mécaniques , et«qui ^ imprimant à leur action un progrès toujours croissant, prépare, pour les générations qui nous suivront , une puissance d'industrie dont nous ne pouvons point mesurer les résultats. Cet agent a-t-il été absolument inconnu aui anciens ? Deux faits autorisent à en douter ; l'un appartient à un savant du* Bas-Empire ^ Anthème de Tralles, que nous avons déjà cité. AgAthias, son contemporain, raconte que, pour se venger de l'habitant d'une maison voisine de la sienne , il remplit d'eau plusieurs vases sur lesquels il fixa des tuyaux de cuir assez laides par le bas pour couvrir hermétiquement les vases , et fort étroits par le haut. Il en attacha les orifices supérieurs contre les solives qui soutenaient les planchers de la maison en butte à son courroux; puis il fit bouillir l'eau ; la vapeur bientôt se répandit dans les tuyaux, les enfla, et imprima une commotion violente aux solives qui s'opposaient à sa sortie (i).... Le cuir se senli

(i^ ^gathias. De Jieùut Justiniani, lib. v. cap. 4*

DBS SCIENCES OCCULTES. 24^

^ déchiré cent fois avant quhine solive fût légé- A rement ébranlée. Oui : mais ces tuyaux étaientils réellement de cuir? et le physicien de Tralles n'âccrédita-t-il point cette erreur , pour mieux cadier un procédé dont il voulait se réserver la propriété ? L'explication rapportée par le crédule Agathias(i), toute bizarre qu'elle est , indique qu'Anthème connaissait la force prodigieuse que développe l'eau réduite en vapeurs.

L'autre exemple nous conduit sur le bord du Wéser : là ^ Bustèrich recevait les hommages des Teutons. Son image, fabriquée en métal , était creuse ; on la remplissait d'eau ; on fermait , avec des coins de bois , les trous pratiqués aux yeux et à la bouche ; puis on mettait des charbons embrasés sur la téte^ jusqu'à ce que la vapeur de l'eau échauffée

iceà

su;

^ ufit sauter les coins avec fracas, et se répandit

d ^ { I ) Le même historien avait égaleiiient adopté Joe. citatA

apC^ une explication trompeuse de la mprveille que nous avons

n^ ^r^citéc à la fin du chnp. xxvi. Suivant lui, Anthème Toperait

2" iwec des machines bruyantes, et un miroir concave dont le

' fS^ nourement faisait voltiger ^\ et là des images éblouissantes

^ (^U^Hu soleil : un si faible artifice n^aurait pas persuadé •< «n

looime «u peu instruit, comme était reniiomi d'Aiitiième,

u'on lançait sur sa maison. les feux du tonneric

^4^ I>f^ SCIENCBS OCCinLTBS.

au dehors en torrens de fumée (i)^^giie8 de la colère du Dieu aux yeux de ses groasien adorateurs.

Si ^ d'un peuple peu civilisé , on descend jusque dans Tenfance de la société ^ Jbn rapprochera de l'image mirasoleuse du diea Teuton ^ les armes de jiet deg indigènes de h nouvelle Guinée ; leur explosion est accompagnée de fumée ^ ^aoi'^rue ce ne saierdpoird des mousquets (pt) '^ ce fait semble ; indiquer nn moteur analogue à la vapeur de l'eau. Il serait au moins curieux de s'en éclairdr.

Savoos«nous aussi jusqu'à quel point le» Thaumaturges anciens faisaient usage de l'aimant ? Sa prc^riété attractive leur était aases connue^ pour avoir servi, ditH>nyà suspendre miraculeusement) à la voûte d'un temple d^Alexandrîe, la statue de Sérapts (3), et celle de

(i) TcUiî EpiitoUt» ùinerame, pcges 34-35.

(a) Nouvelle» Annale» de» Fojrage». tome i. page 7!.

(3) Suivant Suidas (yerbo Magnit)y la statue anspendae à la route du temple d'Alexandrie était d'airain. Un fort don placé dans la tète suffisait pour que l'aimant la soutint. Cet auteur s'exprime même comme si la statue avait été suspeadae en Tair, entre la voûte et le sol. Après avoir fait, sur ce point, \a port de l'exagération , nous- observerons c^n'il pouvait j

DBS SCIENCBS OCCULTB8. iù^'j

Cupîdon^ dans le temple de Diaiie(i). Sa pro* priété répulsive n'était pas ignorée ; mais siiîyant l'usage adopté pour redoubler les Toiles du mystère , on disait, on roulait faire croire qu'elle n'appartenait, qu'à une sorte d'aimant^ l'aimant d'Ethiopie (2). Nous savons combien sont actives aujourd'hui, dans les jeux de la phy«que expérimentale , l'attraction et la répulsion magnétiques : rappelons nous que ces jeux furent deaumirades dans les temples^ L'Europe moderne réclame la découverte de la propriété qui anime la boussole : cette prétention est contestable, si elle est exclusive. Un passage i^emarquable de l'Odyssée a inspiré k un savant anglais une conjecture ingénieuse : Alcinoûs (3) dit à Ulysse que les.

avoir des moyens de laisser difficilement «perceToir le point de contact du clou de fer arec la voûte.

(1) CaMÎodoie ( Farior, lib. t. £piêi. 4S ) ne parle point de Taimant; mais il en indique ataes l'effet, en disant que la statue suspendue en l'air, sans aucun lien, était de fer. Isidore deSérilIe {Origin, lib. xti. cap. 40 ^^'^^'^^^ point le temple ; mais il dit qu*bn y royait une statue de fer suspendue en Tair par la vertu de Taimant.

(3) Isid. Hùpol. Origfn* lib. xvi . cap. 4* • 3 Homer, Odjfst. lib. txu. rers* 553-563.

:i48 DBS SCIENCES OCCULTES.

navires phéaciens sont animés et conduits par une intelligence ; qu'ils n*ont point , comme les bâtimens vulgaires ^ besoin de pilote et de gouvernail ; qu'ils traversent les flots avec la plus grande vitesse , malgré l'obscurité profonde de la nuit et des brumes^ sans courir jamais le rbque de se perdre. M. William Cooke explique ce passage^ en supposant que les Phéaciens connaissaient l'usage de la boassole, et qu'ils avaient pu l'apprendre des Phéniciens (i).

Sur cette conjecture, nous ferons quelques observations :

I ** Son auteur pouvait s'étayer de ce que dit Homère, à plusieurs reprises, sur la i^pidite de la marche des vaisseaux phéaciens (3). Dirigés au large par la boussole, leur vitesse devait , en effet , paraître prodigieuse à des navigateurs que la crainte de perdre trop long-temps la terre de vue, forçait à longer presque toujours les côtes.

:i* Le style figuré qui caractérise le passage

(i) William Cooke. An Enquiry in to the Patrtarchal and Druidical religion, etc. in-4*'* London 1754 page aa- (3) Homer Odjrss. lib. vxi. lib. yiii. lib. xni

cité, convient à un secret que le poète ne connaissait que par ses résultats. Homère transforme ainsi en miracle un fait naturel ; et quand il racontô que Neptune changea en rocher le navire qui ramena Ulysse dans sa patrie , afin que les Phéaciens ne sauvassent plus les étrangers des dangers de la mer ^ il adopte cette opinion dont nous avons déjà indiqué l'origine (i), pour exprimer que le secret qui rendait si sure la navigation , s'était perdu chez les sujets d'Alcinoùs.

3** Que les Phéniciens aient connu l'usage de la boussole , c'est ce qu'il est difficile de ne point admettre , quand on se rappelle les fréquens voyages que leurs navigateurs faisaient aux Iles Britanniques : mais qu'ils eussent communiqué ce secret aux habitans de. Corcyre, c'est ce que rien ne prouve. Homère, si exact à recueillir toutes les traditions relatives aux communications des anciens Grecs avec l'Orient , ne nous fournit à cet égard aucun renseignement. Mais il nous apprcpd que les Phéaciens avaient habité long-temps dans le voisinage des Cyclopcs , et s'en étaient ré-

(i. Ci dessus y chap. 3. pages 22-24 •

a5o DBS SaBNCES OCCULTES.

cemment éloignés. En même temps, il donne aux Cjclopes le titre d'hommes très-ingénieux (i) : titre bien dû à des artistes versés dans la docimasie et la pyrotedinic, et qui, depuis plus de trente siècles, ont laissé leurs noms à des monumens gigantesques d'architecture , en Italie , en Grèce et en Asie. Nous avons établi ailleurs (2), et peut-être avec quelque probabilité, que les Cyclopes , comme les Curetés , appartenaient à une caste savante , venue d'Asie en Grèce , pour civiliser et gouverner quelques peuplades pélasgiennes. Il serait peu surprenant que lesPhéaciehs eussent profité de l'instruction de cette caste , avant d'être assez fatigués de son despotisme pour s'en séparer sans retour. On voit même quf leur habileté ou leur bonheur dans les voyages sur mer, cessa bientôt après cette séparation. Le père d'Alcinoùs l'avait déterminée; et sous Alcinoûs , les Phéaciens renoncèrent à la navigation. Ne serait-ce point parce que ks instrumens qu'ils tenaient de la libéralité de

(1) Homer.OdjTit. lib. vu. vers ^-S, ( a) Essai historique et philosophique sur Us noms d*kommtSf de peuples et de lieux. I 8i. tome ii. ]x*f^s tGi-i??-

DES SCIENCES OCCULTES. qSi

leors ancien^ maîtres aTaient péri, et qu^ilsnc savaient point en fabriquer d'autres!

li reste à établir que les Cyclopes possédaient une connaissance si précieuse ; et cela est à peu prés impossible.

On sait seulement qu'ils étaient venus de Lycie en Grèce j mais peut-être n'avaient-ils fait que traverser la Lycie , et venaient-*ils d'une contrée plus intérieurede l'Âsic^comme l'hyperboréen Olen , lorsqu'il apporta en Grèce, avec un culte religieux et des hymnes^ les élémens de la civilisation •

U vint aussi des extrémités de l'Asie , dans la Grèce et dans l'Italie , cet Âbaris , hyperborécn ou scythe , doté par le Dieu qu'il adorait à^unejlèche à Vaide de laqueUe il par^ courait runi^ers. On a dit jadis poétiquement j et Suidas et lamblique ont répété y que , grâce à ce don précieux , Abaris traversait les airs (i). On a pris à la rigueur cette expression figurée. Mais le même lamblique raconte immédiatement après, que

(i) Suidai, verbo Abaris. — lamblich. vit. Pjrthagor, cap. aS. — Voyez aussi Herodot. lib. it. | 36. — Diod. Sic. iib. III. cap. II.

2S2 DBS SCIENCES OCCULTES.

« Pythagore déroba à Abarts lajlèche d^or (( avec IcufueUe il se dirigeait dans sa route (( (^quâsegubernabat)... que^ lui ayant ainsi « ravi et caché la (lèche dW sans laquelle ii (( ne pouvait discerner le chemin qu'il devait « suivre , Pythagore le força à lui en décou- (( vrir la nature (i). » A la prétendue flèche , substituons une aiguille magnétique , de même forme , d'une grande dimension , et qu'on a dorée pour la préserver de la roinlle : au lieu d'une fable absurde , le récit d'Iamblique[]contient un fait vrai , raconté par un homme qui n'en pénètre point le mystère scientifique.

Tout ceci néanmoins n'offre que des conjectures plus ou moins plausibles. Citons un fait : les Finnois possèdent une boussole qui ne leur a certainement pas été donnée par les • Européens, et dont l'usage remonte, chez eux , à des temps inconnus. Elle offre cette particularité qu'elle désigne le levant et le couchant d'été et d'hiver, et qu'elle les place d'une manière qui ne peut convenir qu'à une

(i) iamblich. loc. cit.

latitude de 49° 20' (i). Cette latitude traverse, en Asie, la Tatarie entière, la Scythie des anciens. C'est celle sous laquelle Bailly avait été conduit à placer- le peuple inventeur des sciences (2) ; celle sous laquelle , comme Ta observé Volney (3) , a été écrit le Bounde-hesch y le livre fondamental de la religion de Zoroastre. En la suivant , elle nous conduit , à Test , dans cette portion de la Tatarie , dont les populations ^ tantôt conquérantes et tantôt sujettes , ont eu constamment des relations intimes avec l'empire chinois. Or, l'existence ancienne de la boussole, en Chine, n'est contestée par personne. On n'arguera même point de faux, la tradition (4) suivant laquelle , long - temps avant notre ère , un héros chinois se servit avec succès de la bous-

(1) Nouvelles Annales des yojrages, tome xvii. page 4t4' (q) Bailly. Lettres sur Vorigine des sciences.,.. Lettressur l'Atlantide.

(3) Volney. (JEuvres complètes^ tome iy. pages ao2-3o3.

(4) Abel Remusat. ilfi^ifioire sur les relations politiques des rois de France avec les empereurs mongols (Journal asia^ tique j tome i. page iSy).

N. B. Les Hindous font usage de la Uoussole , et rien n*annonce qu'ils aient reçu des Européens Tusage de cet instrument.

sole , pour se frayer une route au milicB des ténèbres.

En retrouvant à la fois la boussole chez les Finnois et à la Chine , il est naturel de se souvenir que l'usage des noms de famille^ inconnus si long-temps en Europe , mais existant de toute ancienneté à la Chine, parait avoir passé de ce pays, chez lesSàmoîèdes,le5 Baschkirs et les Lapons (i). L'extension quVn des temps inconnus a prise ainsi une institution utile et populaire , nous indique quel chemin a pu faire , mais seulement parmi les disciples de la Caste savante , un secret dont la possession opérait des merveilles aussi utiles et plus brillantes. Elle rend probable ce qui d'abord semblait chimérique , que de la latitude sous laquelle la religion de Zoroastre a pris naissance (ii) , la connaissance de la

( t) Eiuèbe Salverte. Essai historique et phUosophiçue sur Us noms iThommesy de peuples et de lieux, f ai. tome.ipages 35-44*

(q) Isidore de SéTÎUe (Origin, lib. xn. cap. 4.) dit quel .u mant a d*abord été trouiré dans Tlnde, et a reçu en cod$c quence le nom de Lapis indicus. Mais ce renseignement ragiie et isolé ne nous a point paru suffire pour que noa^ dussions chercher dans THindoustan Torigine de la bou« sole.

DBS SCIBNCB8 OCCULTBS. a55

boiUBole a pu panrenir dans les contrées occidentales de FAsie Mineure , où cette même religion était arrivée , et où elle avait naturalisé la pratique de miracles propres aux sectateurs du culte du feu(i).

Hâtons-nous de le dire , pour prévenir des objections où une partialité assez légitime se mêlerait à un juste amour de la vérité : Pexistence de certaines connaissances dans Fanti* quité et chez des peuples qui nous ont été long-temps inconnus, ne prouve point du tout que , dans les temps modernes, les Européens n'aient pas inventé véritablement les arts et les sciences qu'ils ont retrouvés. L'art de la typographie est aussi ancien à la Chine et au Thibet que Thistoi^ même de ces contrées : c'est depuis moins de quatre siècles que le génie de Faust , Schoefler et Guttemberg en a enrichi la civilisation européenne. C'est depuis quinze ou seize lustres que le progrès des sciences nous a conduits à reconnaître , dans les récits de l'antiquité , l'art retrouvé par Franklin de commander à la foudre. Les savans, embarrassés pour fixer

''i) Voyez ci -dessus, chap. xx\.

356 DBS SCIENCES OCCULTES.

l'époque de la réinvenUon de la boussole et de la poudre à canon ^ le sont moins pour déclarer que Tusage ne s'en est répandu en Europe que depuis cinq à six cents ans. Les secrets de la Thaumaturgie devaient être fort multipliés ; puisque la caste savante n'étudiait guère la physique que pour y trouver, avec de nouveaux miracles , de nouveaux moyens d'étonner, d'effrayer et de dominer. Si donc, dans le nombre de ces secrets , plusieurs ont péri sans retour avec les prêtres et les temples, il peut en être d'autres dont la mémoire, ensevelie sôus une enveloppe fablileuse dans quelques documens anciens , sortira un jour de cette espèce de tombeau, réveillée par des découvertes heureuses qui , sans honorer moins leurs auteurs et l'esprit humam, ne seront pourtant que des réinventions.

On pourrait tenter quelques essais en ce genre.

Le hasard avait révélé à Cotugno les premiers phénomènes du galvanisme ; conmie il les révéla ensuite à Galvani , qui a mérité le titre d'inventeur, en perfectionnant par l'examen et le raisonnement, une connaissance

DE$ SCIRNCE^ MCULTBS. aS^J

d'abord forluiU5. Si le hasard e^t enridii de la même découverte un anden Thaumaturge^ de quels miracles n'eàt-îl pas effrayé se^ admirateurs , en se bornant aux ppemièrea notions ^ du galvanisme , et aux expériences qu'elles le mettaient à;portéç d'exécuter sur le corps d'un animal récemment, privé de la

vie!.

Des notions moins relevées serviraient encore, dans plus d'une occasion, les desseins du Thaumaturge.

Au mois d'août 1 808 , on trouva sur l'autel de l'église; patriarohale de Lisbonne , un œuf qui, n'offrant d'ailleurs la trace d'aucune opération faite de main d'homme , portait , sur sa coque, l'arrét.de mort de. tous Içs Français. Ce miracle cassa une fermentation inquiétante parmi les Portugais , jusqu'à ce que les Français eussent placé dans les églises , et distribué dans la ville, un grand nombre d'œufs qui portaient écrit , sur leur coque , le démenti de cette prédiction. Une proclamation, affichée avec profusion, expliqua en même temps le secret du miracle : il consiste à écrire sur la coque, avec un corps gras, et à tenir

a58 ou apciBUcEs ifccnLTBs.

edtiile VaMUf peadu^t un câttiHi tempt^ ploofé dbm uh acide (r). *

Par le même procédé ^on ghirendt dea leiferea^ des htér<ygly|>hM^ en creux o« an reKef ^ aor une table de pierre caicàve , aattu que rien enaoite décelilt le travail d'une mm moitelle. Or, leaaneiena domiaMaiefat TactioD énergique qu^exerce le vinaigre sur La plupart des pierres ; quoiqu'ils -l'aient fort exagérée, en adoptant le conte dont on a chargé l'histoire du passage des Alpea par Aiinibal(i). .

Descendons jusqu'aux amuA&nens de h physique expérimentale. Supposons que le$ Thaumatui^es anci^is aient conmi des inventions dont les effets singtxliers étonneront toujont$ le vulgaire; les larmes batasdifuts (3),

(i) p. Thiébault, Heiaiion de texpédition dt PorOMMi. pages 1^0-171.

(:0 iVm. iTcrt. iMt. Ub* xi^sui. oip. i et a. -i^ Mtn. Gus. |ib. xxzTU* cap. 8. •*- 1^ conte dont il s*agit n'aarait-îl pas pris sa source dans c^belque manœurre employée par Annibal, IMlmadfe à seâfrottpés , le ootatga ^m» leor Stait-k omlciplicit^ des obstacles l|u*elles avaient à vaincre dans leur marche.

(i) Larmes de TèTre ^de i*ofi de turiée point » en fttp^f

m» SCIBNCES <lGCULTB8é sSg

par exemple ^ ou les matras- ih Bologrée (i)^ dea jouets d'eùfant même , tels <|iié le kalêï^ doscope ou ces petites poupées (2) qui ^ placées sur b table d'harmonie d'uD'ÎMtni'* ment de musique^ se meuvent en mesure^ et tournent y comme en walsant ^ Tune autour de Tautre. De tout ce que Von pourrait opérer de merveilles avec des procédés si peu ïm^ portans , n'est * on pas en droit de conclure qu'un grand nombre de miracles ^ dans l'antiquité, procédaient de semblables causes? Les procédés sont perdus ; le souvenir des effeM est resté.

Nous pourrions multiplier les suppositions

ayec un marteau leur surface sphérique , et qui tombent en poussière y dès qu*on rompt le fil qui forme leur queue.

(i) Petites bouteilles en forme de poires, de verre blanc non recuit. On peut faire rouler dedans , sans les endommager, une bille dMvoire ou de marbre. Si Ton j laisse tomber un fragment de silex de la grosseur d'un grain de chenevis, le matras se brise dans la main en cinq ou six morceaux. Ces tnatras et les larmes bataviqttes n'intéressent que la cnriosité; on n'en fabrique presque plus : quand on n'en fabriquera plus du tout , le temps pourra Tenir où l'on refasera de croire à leurs propriétés miraculeuses ; elles paraîtront absurdes.

(a) Ce jouet était connu, il y a dix ans, sous le nom de dansomusicomanes.

a60 DB6 SCIB1VCBS OCCULTES.

du même genre : mais nous croyons, en avoir assez dit pour atteindre le bot. En mettaiu dé côté ce qui a appartenu à l'escamotage , à l'imposture ^ au délire de l'imaginatioD , 3 n'est point de niiracles anciens qu'un homme versé dans les sciences modernes ne pût opérer , soit immédiatemenjt , soit en s^appliquant à en percer le mystère et à en découvrir les causes ; et les mêmes sciences dûih neraient la facilité d'opérer d'autres miracles, non moins nombreux et non moio^ brillans que ceux qui remplissent les histoires. L'exemple de ce que les modernes pourraient opérer en fait de magie , suffit k l'explication de la magie des anciens.

DBS SCIENCES OCCULTISS. 36 1

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