‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 2)Chapitre 64 sur 80 · tome i«^ page aip · texte numérisé non relu

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(a) Petn,n. SaiyHc, ^ Fitruv. De Architect, Hb. «. çap. 3.

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probablement de gnîdc ? Il est difficile de la deyiner, ses ouvrages ayant péri déplais long*temps. Il est sûr i, du moins, q^i'elle^luî avaient acquis, dans l'opinion générale, une trè^ grande autorité. Tel était , en pbysique et en histoire natuirelle, le poids de soa> témoignage, que des faussaires publièrent, sous son n^m , poulies faire circuler, de nombreux volumes remplis de fables lidicûles Bur les propriétés des minéraux, des* animaux et dcs'plantes(i); PKne, qui cite souvent ces prétendus ouvrages de Démocrife, a cru il leur authenticité -.mais Aulu^GeUe- iious a* révélé l'imposture,* et il s^indîgne justement de l'outrage fait à la mé^ moire d'un grand homme.

Dans un passage malheureusement trop concis, Solin (3) -semUe présenter Démocrite comme engagé dans une lutte fréquente contre les mages , et opposanta leurs preettin^es

. (1) jiuL.GeU. Noci. €itUe* lib..x. çap. la. — • ColMmeil, De Rè rutticd. lib. yii. cap. 5.^ — Dio^en. Lairt. in Dtmocrît, vit. sub. fincm.

'3) « Jlccepimtu Demoeritum AhderHem, ostentatione « scrupuU hujua [ catochitin lapidis ) fréquenter usum , ad «t prohandam occultant naturae potentiamp in eertantiniàus n t/uae contra magot habuit. %i{So(in. cap. ix.)

a66 DBS* tCIBHCM OCOQLTW,

dès phénodaéiiM 6fi apfÉMoce pcodîgiôiui et pouitaat jHUnihib 5' pour kv moatrer jus^ ^u'ou va f infiigîa das pmpfiété» oactdtes des eerp8. Démocrîte^y dit LiicieD (1)4 Q^ crojaii à ancQB oiîfftçle ; ptnmdéqj^ oeiw <iw «o foot bornant leui» Mficès à .tMwpw*^ U «'appliquait » dôodUTrir U imumIi^ tdkmt iU poo^ f aient- trompdr ^ eo un mot ^ ia pbikMpphi^ b JÉonduî^ait k pettei colMhMi<WS que la inagîe ( cet art bien ocMinu de \m\ puisque de» mage9 (a) .aTaient été ses inatiluteurii )^^e re»fenmait t^uu mUièn iam fappUcaUim tt Pimitaiiên dps lois et Jet ^eréMions dm la nmiure.

Ce sentiment, profisBsé pav le prMoier plulosophe coimU qui attéCudié ki sdenœ eooune elle le-dok.ètre, est précisément celui que nous qous sommes eflbroés d'établir. Si nous n'avons pas lBa¥aillé eo tain , nous aornines en droit de déduire de ce théorème quelques conséquences sur les progrés possibles de la connaissance de la nature, sur nûstoire et sur les principes de la civilisation.

(1) LucioH. PkiioffMud.

{ 7^ DitM^en, Laërt, in Dtmocrti» vit.

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' I. Les aaciôBs ^ jusqu'à une époque à lar quelle* nou9 n'avons pas prétendu remonter^ s'occupèrent trop de laits parttcuKers qu'ib ne cherchaient point à endiâ^iier ensemble^ Les modernes ne tombent-ils point dans ronces contraire ? Ne négligent-ril» pas un peu trop tant de faits isoiés., consignés dans les Uirres^ reproduits même dans les laboratoires , mais que ne recommaoSent d'ailleurs k nos recherches, aucune application immédiate^ aucun rapport de liaison on d'opposition avec les théories existantes ?

L'histoire naturelle, nous l'ayonsTu '^ peut gagner quelque chose à l'examen et à la discussion des prodiges rapportés parles anciepsv L'étude de leurs miracles et de* leurs opéra* tîons magiquesne serait pas non plus sanaayanr tage pour la physique et pour la chimie. En essayant de parvenir aux mêmes résultats que les Thaumaturges, par une roule calculée d'après les moyens d'action qu'ils nous ont laissé entrevoir ou que nous pouvons leur supposer, on arriverait -à des découvertes curieuses et mémo utiles dans leur application auic arts ; et l'on rendrait un grand service à l'histoirr de l'esprit humain ; on retrouverait

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les débris de sciences importantes , dont h perte , chez les Romains et diez les Grecs , fiit ^déterminée ou accélérée par le défaut absolu de méthode et de théorie. .

IL C'est par une conséquence inévitable de ce défaut , que les magiciens , * les Thatimatui^^flT se montrent inséparables d^ leurs livres <, esclaves de leurs formules <, véritables apprentis qui ne connaistftet que mécaniquement, les procédés de leur art ^ et n'en dbtinguent même plus ce que la supersdtioD , ou le besoin d'en imposer^ y a mêlé de cérémonies superflues. Les plus anciens comme les plus nouveaux ^ offrent ce trait caractéristique. Ils n'avaient donc rien inventé. De qui tenaientnls leurs secrets, leurs formules^ leurs livres, leur art tout entier ? Nous voicL, pour cette branche de connaissances, comme pour toutes les autres , ramenés aux temps indéterminés où les sciences furent inventées ou perfectionnées , pour déchoir ensuite , et ne subsister que par lambeaux incohérens , dans l'esprit d'hommes qui en retenaient les wades sans lés comprendre. Nous^ void replongés dans cette antiquité que l'histoire indique

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confusément^ mais qui est de si loin antérieure à rhistoire . .

IIL En nous enfonçant, à l'aide de quelques coiyectures probables y dans cette nuit que le cours des temps doit sans cesse rendre plus profonde , un trait marquant nous a frappés : l'opinion qui attribuait aux miracles et à la magie, une origine céleste, ne fut point, dans le principe, une imposture ; née de la piété qui voulait que toute espèce d'excellence émanât de la divinité , elle fut ent-retenue par le stjrle figuré^ qui se conformait naturellement ii cessentimens religieux. Ainsi, parmi les législateurs qui ont eu recours à cet agent vénéré , pour donner de la stabilité à leurs ouvrages , les plus anciens au moins ne se sont pas étayés d'un mensonge ; ils n'ont point professé l'exécrable doctrine qiûilfaut tromper les hommes. Ce fut de bonne foi qu'ils se dirent inspirés , et qu'ils donnèrent leurs œuvres merveilleuses pour preuves de leur mission , parce qu'ils rapportaient humblement à la divinité leurs lumières, leucs vertus, leurs vues sublimes, et leurs connais^ sances au-dessus du vulgaire.

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Ces gfilnds hoitimes adopteFaiciit aiqonrd'hui une marche bien différente. Aujourd'hui, celui qui chercherait, dat» l'art d'opérer de» miracle» , un inétrument potrr agir'sor h civitisation , échouerait bientôt , parce qu'il tromperait sci'enlment , parce que sa mauraise for, contraire h la morale, ne le* serait pas moins k Tesprit de la civiUsation perfectibk, qui tend sans cessé à IçVer les voiles dont s'enreloppent la nature et la yérité.

Faut-il en conclure que, privés de ce leiier énergique , la législation soit impuissante sur la volonté des hommes, et que, pour diriger leurs actions, elle ait besoin d'nne force coactive toujdirë subsistante. Non ! Quoi que Ton en ait dit de nos jours , il A'est pas besoin de tromper les hommes pour les coiiduire, quand on ne veut que les conduire au bonheur : i'hommequi trompe songe moins à serrirceux qu'il déçoit, qu^à satisfaire son orgueil, son ambitiôfh ou ha cupidité. Le besoin d'être gôUvertïés dominé les hommes , dés qu'ik vivent en sodété ; il s'âccroft èhefe uhc nation, avec les lumières et le bien être , et en proportion du désir raisontvé de jouir sans trouble des avantages que l'on possède. C'est dans ce

sentiment que le politique dont les intentions sont droites, trouvera un appui non moins solide qtie celui quHl chercherait dans l'intervention prétendue de la divinité ; un appui qui jamais ne le laissera exposé aux mêmes inconvéniens ni à des conséquences aussi graves , que la fiction religieuse , et jamais ne menacera de s'écrouler sur ses bases minées par la raison et le progrés des connaissances naturelles. Rois ! régnez pour vos peuples ! et bientôt à l'observateur surpris qui demandera à quels prestiges sont dues leur docilité et votre puissance , vous pourrez répondre , en lui révélant ce principe : « Voilà u toute notre magie ! voilà la source de tous « nos miracles ! »

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