‹ Des sciences occultes; ou, Essai sur la magie, les prodices et les miracles; (volume 3)Chapitre 21 sur 33 · VL · texte numérisé non relu

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Explications all^riqpies des emblèmes où figurait

le Serpeiit.

Chaque, église avait son dragon : rémula* lion de la piété extérieure fit que , dans ces représentations, on enchérit à Tenvi pour inspirer aux spectateurs l'admiration , Tétonnement et l'effroi. La partie visible du culte devient bientôt k partie la plus importante de la religion, pour des hommes uniquement attentifs k ce qui frappe leurs sens : le dragon de la procession des Rogations était trop remarquable pour ne pas attirer l'attention des peuples et usurper une grande place dans leur croyance. Chaque dragon eut bientât sa légende particulière, et les légendes se multiplièrent à l'infini. A ceux qui révoquequeraient en doute l'efficacité de cette cause, nous répondrons par un fait : les chrétiens d'Orient n'ont point adopté l'institution des

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Rogations ; la victoire remportée par un être céleste sur un serpent , figure rarement dans l'histoire des saints qu'ils révèrent.

Le mot dragon contracté en celui de drac, a désigné des démons , des esprits malfaisans que le Provençal crédule plaçait sous les eaux duRhône, etqui se nourrissaient delà chairdes hommes; faire le drac était synonyme de faire autant de mal que l'on suppose au diable le désir d'en fedre (i). Les personnes mordues par un serpent étaient guéries dès qu'elles approchaient du tombeau de saint Phocas , grâce à la victoire qu'en subissant le martyre, ce héros chrétien remporta sur le diable ,

l'antique serpent (2). Quand , au VIII* siècle, on racontait qu'on avait .trouvé un énorme serpent dans le tombeau de Charles-Martel (2), voulait-on insinuer autre chose , sinon que le démon avait fait sa proie de ce guerrier, qui sauva la France et peut-être l'Europe entière du joug des musulmans, mais qui eut le mal-

Ci) Du Gange. Glossar, verbo Dracus. — Millin. Voyage déuu l'intérieur de la France, tome m. pages 45o-45t .

(2) Grégor, Jïtron» De MiracuL lib. i. cap. 99.

(3) Mézerai. Abrégé chronologique de l'Histoire de France» année 74*»

DES SClEjyCES OCCULTES. 3o5

' heur de contrarier Tâmbition des chefs de régjHse et la cupidité des moines ?

. U semblait doiic naturel de croire ^ comme .

. renseigne expressément Fauteur du Ratio»

n^(i)^ que le serpent, ou dragon, porté à la procession des Rogations , était l'emblème de l'esprit infernal , dont on demandait au ciel la défaite ; et d'attribuer cette défaite à l'intercession du saint que , dans chaque diocèse et dans chaque paroisse , révéraient plus particulièremen.tles fidèles^

Ce genre d'explicatioa a été reproduit sous diverses former, par des chrétiens sensés qui ne pouvaient admettre ^ dans le sens physi-^ que , des récits trop souvent renouvelés pour avoir jamais ét^ vrais.

Le démon est le vice personnifié : le»

victoires remportées jur le vice, pouvaient donc être figurées par. le même emblème. A Gènes, sur la petite place qui est près de l'église de Saint-Cyr , on voit un ancien puits où se cachait jadis un dragon dont le souffle faisait périr les troupeaux et les

(i) GuUh Durant. Rationale dwinorum' iffficiorum* folio aîi6 reclo. • . ,

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