CHAPITRE IV
phénomènes réels , mais rai^s , présentés comme des pi^diges dus k l'interTention de la divinité , et présentés ayec succès , parce qu'on ignorait quW phénomène (ùt local ou périodique ; parce qu'on ayait oublié un fait naturel qui, dans le principe ^ aurait écarté Fidée du merydlleux^ souvent enfin parce qu'il eût été dangereux de chercher à détromper une multitude séduite. L'observation de ces phénomènes étendait les connaissances scientifiques des prêtres. Véridiques sur ce point, les écrivains anciens le sont aussi dans ce qu'ils disent des œuvres magiques.
Si un grand nombre de merveilles mentionnées dans les écrits des Anciens n'ont existé ou n'ont pris de l'importance que pour l'enthousiasme, IMgnorance et la crédulité, d'autre^ au contraire , telles que les chutes
d'aérolithes, sont reconnues aujourd'hui pour des phénomènes réels , qu'une physique éclairée ne rejette plus , quoiqu'elle ne parvienne pas toujours à les expliquer d'une manière satisfaisante.
L'histoire naturelle de notre espèce présente plusieurs singularités que des observateurs circonscrits dans leur étroit horizon , ont regardées comme chimériques , et dont une observation plus exacte a confirmé l'existence.
Des éérivains grecs très-ancîenô , tels qu'Isigonus et Aristée de Proconése, ont parlé de Pygmées de deux pieds et demi de haut ; de peuples qui avaient Iqs yeux <lans les épaules^ d'antropophag^s existant chez les Scythes septentrionaux ; d''Une contrée nommée AWafdty où naissent des hoifimes dont les cheveux blanchissent dès l'enfance, et dont la vue , très-faible le jour , est très-nette la nuit. Aulugelle(i) traite ces récits de fables
(i) A, Gell, Nùùt. attic. lib. ix>. càp. 4* Soliti (càp. i^t )^ copiant sans doute les écrivîcms dont Aulngellc recette le témoignage , a parlé d'une peuplade dont les hommes ont les yeux dans les épaules.
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iiMîroyables ; et pourtant, dans les deux premiers peuples, nous reconnaissons les Lapons et les Samoïèdes, quoiqu'on ait exagéré la petitesse des unà et la manière dont les autres ont la tête enfoncée dans les épaules (i) ; Marco-Polo aflBrme que (juelques hordes tatâres mangent les cadavres des hommes condamnés à mort (2). Dans les indigènes de V Albanie y peut-on méconnaître des Albinos ? lit nom de leur prétendue patrie n'est
(i) Walter Raleigh, en iSgS, et Keymis, en iSgG, reçurent, des ifidigènes de la Guiane^ les rienseîgnemens les plus affîrmatifs sur Texistence d'une peuplade d'hommes qui avaient les yeux sur les épaules, et la bouche dans la poitrine : {Relation de la Guiane, par W. Raleîgh, traduc. franc» ^ P&gcs 67, 69 et m)* C'est-à-dire, comme Va fort bien pensé le traducteur français , que ces hommes avaient le cou très-court et les épaules extrêmement élevées. Le P. Lafiteàtt ( Les mœurs des sauwages américains , etc. , tome i , pages 58 , 6a ) observe que la croyance à l'existence d'une pareille race d'hommes est également répandue dans diverses parties de l'Amérique , et parmi les Tatars voisins de la Chine. Comme les Samofèdes en Asie , les Esquimaux et les peuplades observées au cap Hom, à la Terre de feu el dans les îles voisines , par Weddcl ( A. Voyage to ihe south poUperformed intheyêars, 1822, 1824... Bulletin de géographie) , ont fait naître cette erreur parmi les indigènes du nord et du sud de l'Amérique.
(») Marco Polo.
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que la traduction du nom qu'ont dû toujours recevoir ces êtres si remarquables par la blancheur de leur peau et de leurs cheveux.
Ktésias a souvent été accusé de mensonge , sur l'autorité des Grecs , dont ses récits contrariaient les croyances et les prétentions. Les Pygmées que cet auteur place au milieu de l'Asie , et qui avaient le corps couvert de longs poils , rappellent les Aïnos des îles Kouriles , hauts de quatre pieds , et couverts de poils très-longs : Turner a vu ^ aussi ^ dans le Boutan, un individu d'une race extrêmement petite. Les Cynocéphales de Ktésias {AeUan.
de Nat. animal, lib, IV, chap. 46) pourraient bien être les nègres océaniques , Alphouriens ou Harafora^ de Bornéo et des îles Malayes , et les singes à qui Rama fît la guerre dans l'île de Ceylan, suivant les livres sacrés des Hindous (i).
Dans les Argippéens ou têtes chausses d'Hérodote , on reconnaît les Mongols et les Kalmouks , peuples chez lesquels les moines ou Ghelongs portent la tête rasée. Cette na-
(i)Malthe-Bruny Mémoire sur V Inde septentrionale d'Hérodote et de Ktésias y etc. Nouif elles Annales des iH>jragesy