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«en paroles et en œuvres. » (1) Justin, d’après Trogue-Pompée , raconte que Josèphe, amené comme esclave en Égypte > Y apprit les arts magiques qui le mirent en état d’expliquer les prodiges, et. de prévoir longtemps d'avance l’horrible famine qui, sans son secours, aurait dépeuplé ce beau royaume (2). Et, à une époque bien plus rapprochée de nous, les hommes qui attribuaient à la magie les miracles du fondateur du christianisme, l’accusèrent d’en avoir dérobé les secrets merveilleux dans les sanctuaires égyptiens (3).
La magie a, de tout temps, obtenu, dans l'Himbusian une haute importance.
M. Horst (4) établit que le recueil des Fèdas contient plusieurs écrits magiques ; il remarque que les lois de Menou, dans le code
(a) Act. Apost, cap, vi. vers, 92.
(2) Justin. lib. xxxvr. cap. 2.
(3) « Magus est ; clandestinis artibus omnia illa perfecit : Aegyptiorum ex adytis, angelorum potentium nomina et remotas furatus ést disciplinas.» Arnob. Disput. adv. gentes. lib. r.
(4) M. Greg. Conrad. Horst a publié, en 182c et 1821 , la. Bibliothèque magique (2 volumes). Je n’ai pu consulter l’original allemand : ce que j'en citeici, et dans lerxe chapitre, est tiré d’une notice que le savant M. P. A. Stapfer a eu la complaisance de me communiquer.
DES SCIENCES OCCULTES: 127 publié par sir Jones, indiquent (chap. 1x et x1) diverses formules magiques dont l’usage est permis ou défendu à un Brame. Dans l’Hindoustan aussi existe, non moins anciennement, une croyance que l’on retrouve à la Chine ; c’est que par la pratique de certaines austérités, les Pénitens acquièrent un pouvoir redoutable et véritablement magique, sur les élémens, sur les hommes et jusque sur les Dieux. Des innombrables légendes dont se compose la mythologie hindoue , la moitié peut-être présente des Pénitens dictant des lois et même infligeant des punitions aux divinités suprêmes. Y
Si, de l'Orient, nous portons nos regards vers l'Occident et le nord, la magie y paraît également puissante, également ancienne :
c'est sous ce nom encore que les écrivains grecs et romains parlent des sciences occultes que possédaient les prêtres de la Grande- Bretagne (1) et des Gaules (2). Odin , aussitôt qu'il eut fondé, en Scandinavie, le règne de
(1) Plin. Hist. nat. lib. xxx. cap. 1.
(2) Tbid. ibid. Bb. xvr. cap. 14; lib. xx1v. cap. 135 lib. xx v. cap. 9; lib. xxtx. cap. 3.
sa religion, y passa pour linventeur de là magie : combien il avait eu de prédécesseurs ! Ses l’oëlur ou lolvur , prophétesses trèshabiles dans la magie , appartenaient à l’ancienne religion qu'Odin vint détruire ou re-
fondre (1); les premiers récits de Saxa-
Grammaticus remontent à des temps bien antérieurs à Odin ; il en est peu où des magiciens ne fassent éclater leur puissance.
Au point où sont parvenues aujourd’hui l’érudition et la critique physiologiques, il devient superflu de discuter si les peuples du nord ont €: emprunter leurs sciences oc-
cultes des Grecs et des Romains. La négative
est évidente (2). Il serait moins absurde peut-
(1) Munter, De la plus ancienne religion du Nord avant le temps d’'Odin.……. Dissertation extraite par M. Depping, Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome w, pages 230 et 231.
(2) M. Tiedmann a mis cette vérité hors de doute. Voyez sa Dissertation couronnée en 1587, par l’Académie de Gottingue. « De Quaestione quae fuerit artium magicarum artium origo; quomodo illae, ab Asiae populis ad Graecos atque Romanos, atque ab his ad coeteras gentes sint propagatae, quibusque rationibus adducti fuerint ïi qui, ad nostra usque tempora, easdem vel defenderent, vel oppugnarent? (Marpurg. in 40, pag. 94 et 95.) — J'ai profité plus d'une fois de l'excellent travail de Tiedmann.
; , DES SCIENCES OCCULTESN 129 ètre de remonter jusqu'aux hommes dont les Romains et les Grecs n’ont été que: de faibles écoliers ; les sages de l'Égypte, de Asie, de l’'Hindoustan.…..…... Quelle époque oserait-on » assignér aux communications des prêtres du Gange avec les druides des Gaules, ou les scaldes de la Scandinavie ? Qui dira l’origine des sciences humaines et de la superstition, ® dira aussi D l'origine de la magie.
Mais , à quelque époque que l’on étudie l'histoire de la magie, on est frappé de voir
son nom désigner tantôt la science cachée au — » vulgaire , par laquelle les sages, au nom du :
principe de tout bien, commandaient à la nature ; et tantôt l’art d'opérer des merveilles en invoquant des génies malfaisans. Cette distinction de pouvoirs égaux ou mégaux , Mais * contraires, et produisant quelquefois des œuvres semblables, se retrouve dans l’histoire de Zoroastre et dans la mythologie hin- - doue, comme dans lés récits de Moïse ; elle se reproduira partout où des hommes doués des mêmes ressources magiques, auront des intérêts opposés. Quels furent, dans tous les » temps , Les mauvais génies ? Les Dieux et les “prêtres d’une religion rivale; prestige là,
ME
130 he SURENCR NUE ETNE miracle ici, le même fait, suivant les opinions et les localités, fut attribué à l’intervention
des puissances célestes, et à l’entremisé dés |
, PPT 0 + 7x À r démos infernaux.
A cette opposition directe sur loriginé des
mérvéilles adoréës où voüées à l'horreur par.
la superstition, s’alliait pourtant un accord unanime sur leur réalité. 1° assentiment du
genre humain ést, dit-on , une PORTES
fragable de la vérité (1) : quañd cet assentiment s'est-il prononcé avec plus de force
qu’en faveur dé l’existence dé la mägie, de
la scieñcé d'opérer des miracles, quelque nom qu’on lui donne , quelque titré qui la décore ? Les”nations civilisées depuis des mil-
liers d'années, les peuplades les plus barbares |
(si Pon ew excépte quelques hordes véritablement sauvages ), toutes proclament, chérissent ét redoutent le pouvoir accordé à à quelques horimés dé s’élancer , par leurs œu- : hors dé l’ordre éommun dé là nature.
* Je dis hors de Pordre commun : car, il im-
porte de l’observer ; l'opinion qu’avaient les s
anciens sur Îles miracles à Popinion la plus gé- À
y Consensus omnium populorum , etc.
DES soryges cecuL 1 131
néralement admise diffère beaucoup de celle que semblent s’en être faite les peuplés mo-
* dernes de l'Occident, et suivant laquelle, c’est
nier un miracle que de chercher à l’expli-
+ quer. La doctrine qu’un miracle est un renversement oumune suspension des lois dé Ja nature peut être admise par l’effroi ou l’admiration et conservée par l’irréflexion cet
ignorance : mais elle armera bientôt contre
à elle le raisonnement et le doute. En ce sens. il n’y à point de miracle pour l’incrédule.
Sous ses yeux, vous rendez la vié à un pos, décapité... (1) « Je croyais la chose impôs- «sible, dira-t-il, jeme trompais ; si toutefois « mes sens ne sont pas en proie à uné illusioii
. «myincible: Constatons bien lé fait; c’est une
Cacquisition précieuse pour la science. Mais < % 4 x (1) Les Ali-Oulahies, tribu de Lubdes qui Aires Ali,
à gendre de Mahomet, comme une incarnation du Dieu tout. puissant, lui teens ce miracle. Qn a assuré plus tard qu'un noble magicien possédait aussi le secret de l’opérer. ( Fromann. Tract. de Kascin. etc. pag. 636-636). Le philosolié qui, sous le masque de la folie, a tant de fois vengé la raison, Rabelais ne devait pas oublier cette impôsture. Il mous
montre: Panurge guérissant parfaitement un de ses compa=
gnons d'armes qui a eu la tête coupée dans un combat. ( Pantagruel. liv. 11. chap. 30.)
132 DÉS SCIENCES OCCULTES. M à «avant que jy visse un miracle, il faudrait «me démontrer que la chose n’a pu exister « qu’autant que Dieu aurait renversé les lois «données par lui-même à la nature. Quant «à présent, vous ne m'avez prouvé que mon «erreur et votre habileté. ». f
Concluant aussi, de l'existence d’une chose,
sa possibilité, les anciens, pour être pgérrés
d’une reconnaissance religieuse, n'avaient pas.
besoin que la merveille qui les frappait, parût bouleverser l’ordrade la nature : tout secours “inespéré, dans un besoin pressant, leur paraissait un bienfait de la divinité ; tout ce-qui supposait une valeur, une prudence, une instructiôn au-dessus de celles du commun des
hommes, était rapporté par eux à une par-
ticipation intime à l’essence divine, ou du moins à une inspiration surhumaine dont l'être supérieur qu'illustrait ces dons était le premier àse vanter. Dans l’ancienne Grèce, des exploits merveilleux méritaient aux grands hommes, le titre de héros, synonyme de celui de demi-dieux , et les honneurs divins. Pour prouver que Moïse était inspiré par Dieu lui-même, sa sagesse et sa sainteté sont