‹ Des sciences occultes ou essai sur la magie, les prodiges et les miracles (volume 2)Chapitre 43 sur 66 · DL F · texte numérisé non relu

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de sa vaste érudition. Michaëlis (1) remarque qu’une langue universelle , créée par les savans et à l’usage des savans seuls, mettrait ceux-ci en possession exclusive de la science : « Le peuple serait livré à leurs doctes im- « postures ; c’est ce qui arriva en Égypte, « du temps que toutes les découvertes étaient « cachées dans l'ombre des hiéroglyphes. »

Si les découvertes relatives à l'électricité n’étaient exposées que dans la langue savante, quoi de plus facile aux possesseurs exclusifs de cette langue que de former entre eux une conjuration pour métamorphoser les phénomènes en miracles, et établir sur les faux miracles une tyrannie sacrée ? « L’occasion « tente , et la facilité à fourber augmente le «nombre des fourbes. »

En faisant un pas de plus, Michaëlis aurait observé que son hypothèse était l’histoire de l’antiquité, que les religions possédaient presque toutes une langue ou une écriture sacrée, aussi peu intelligibles pour le vul-

(1) Michaelis. De l'influence des Opinions sur la langue, etc. pages 1064-16.

gaire que les hiéroglyphes. Les pontites romains se servaient, dans leurs rites, de noms propres et de mots dont l’usage n’appartenait qu’à eux : nous en connaissons un assez petit nombre ; et ceux-là ne sont relatifs qu’aux cérémonies ; Ceux qui se rapportaient à la science sacrée ont été trop soigneusement cachés pour arriver jusqu’à nous. Voici le précis de ce que nous apprend Lydus (1), relativement au peuple dont les Romains avaient emprunté tout leur système religieux.

Les Étrusques, dit-il, furent instruits dans

la divination par les Lydiens, avant l’arrivée de l’arcadien EÉvandre en Italie. Alors existait une forme d'écriture différente de celle dont

on s’est servi depuis ; ét généralement très-

peu connue : sans son Secours ; aucun secret

ne serait resté caché aux profanes. Tarchon.

l’ancien (2) (antérieur au contemporain d’'Enée ) avait écrit un livre sur les mystères et les rites religieux de la divination. Il s’y repré-

sentait interrogeant 7'agès (l'enfant miracu-

(1) Lydus. de Ostentis. cap. 1x.

2) Photius dit que Tarchon fut l’instituteur des Etrusques dans les sciences magiques. Biblioth. Cod...

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