‹ Des sciences occultes ou essai sur la magie, les prodiges et les miracles (volume 2)Chapitre 45 sur 66 · OT · texte numérisé non relu

OT

du phosphore dans les os; car il! est difficile

. de douter qu’un dégagement très - lent. de

phosphore gazéifié ne fût le principe du phé-

- nomëne qu'il avait obtenu. Il opéra comme

un Thaumaturge :son nom et ses travaux sont oubliés. Et la science cite avec honneur Gahn

et Schoell, qui, huit ans plus tard (en 1769),

constatèrent l'existence du phosphore dans les: os, et publiérent le PDO propre à l’en retirer. |

La comparaison établic‘entre les tentatives des:chimistes empiriques:et celle des Thaumaturges, manque peut-être d'exactitude: sur un point essentiel : les premiers étaient libres de choisir les ‘objets de leurs recherches ; il est douteux que la même liberté existat dans les temples ; c’est du moins ce qu’on peut induire d’un passage obscur; mais trèscurieux de Damascius (1). A Hiéra polis en Phrygie, le temple d’Apollon était placé près d’une: caverné remplie de sources chaudes , et d’où s’exhalait au loin une vapeur léthifère; les seuls initiés y pouvaient pénétrer impunément. L’un d'eux, Asclépiodote , par-

(1) Damasc. apud Phot. biblioth. cod. 242.

vint à produire, par la combinaison habile | de diverses substances, un gaz semblable à celui de la caverne sacrée : « Méprisant ainsi … «et violant, par sa témérité, les préceptes | «et les lois des prêtres et des philosophes. » En rapportant ces expressions de Damascius, pouvons-nous ne pas nous écrier encore une fois (1) : combien il était puissant et révéré , le vœu du secret que faisaient les prêtres et les philosophes instruits par leurs leçons!

Au VI: siècle du christianisme, c’est encore avec l’accent du reproche que Damascius rappelle limitation, par des moyens scientifiques, d’un phénomène naturel que le polythéisme avait consacré comme un prodige !

Resserrée ainsi dans son action; concentrée . dans un petit nombre de mains ; déposée dans des livres écrits en hiéroglyphes, en caractères que les adeptes seuls pouvaient lire, | et dans une langue sacrée , dans un style fi-. guré qui doublaient la difficulté de les comprendre ; souvent même confiée uniquement à la mémoire des prêtres qui s’en transmettaient de vive voix les préceptes, de géné-

É Ci-dessus, pag. 199.

ration en génération; d'autant plus inabordable enfin, que, destinées presque uniquement à la servir, la physique et la chimie n'étaient guère cultivées hors des temples, et qu'en dévoiler les secrets eût été trahir un des plus importans mystères de la religion ; la doctrine des Thaumaturges se borna peu à peu à une collection de procédés, qui même, dès qu'ils n'étaient point habituellement pratiqués , risquaient de se perdre, parce qu’il n'existait point une science qui les unit et les conservât les uns par les autres. Elle devait donc, au moins sur plusieurs points, s’obscurcir insensiblement ets’éteindre , ne laissant après elle que des débris incohérens , des pratiques mal comprises, bientôt mal exécutées, et la plupart enfin oubliées sans retour.

C’est là, nous n’hésitons point à le dire, c’est là le préjudice Le plus grave que le voile jeté, par la religion, sur les connaissances physiques, ait porté à l’esprit humain. Les travaux de siècles accumulés, les traditions scientifiques qui remontaient à l’antiquité la plus haute, se perdirent au sein d’un secret inviolablement observé; les dépositares de la science, réduits enfin à des formules qu'ils

avaient cessé de comprendre, devinrent présque , pour les erreurs et pour la superstition, les égaux de ce vulgaire qu’ils s'étaient trop efficacement étudiés à retenir dans lignorance. ai À

Quittons maintenant la caste éclairée qui, par sa propre faute; cessera progressivement de mériter un sitbeau titre :plaçons-nous au milieu de ces foules d'hommes crédules , instruits séulement que, dans l’obscurité des sanctuaires, se conserve et ne cesse d'agir l’art sublime d’opérer des miracles. Pour le plus grand nombre , l'ignorance ; la superstition, l'amour du: merveilleux étendent: à linfini son efficacité ; il n’estrien qu'on ne puisse en espérer ou en craindre: Mais, dans quelques esprits ardens , la curiosité ; la:cupidité , l’orgueil font germer le désir et, l’espoir d’en pénétrer-les mystères. De ces deux erreurs ; la premiére-sert trop bién l'intérêt des dominateurs pour qu’ils ne la fomentent point par leurs-promesses exagérées: [ls me seront pas étrangers à la naissance dé la seconde : en laissant, comme nous lavons-vu, percer au dehors, des lueurs trompeuses, des indications erronnées, des explications

mensongères ; quel était leur espoir, sinon d’égarer dans de fausses routes ; les profanes que:des recherches opiniâtres: et d’heureux hasards pourraient conduire à la découverte de:quelqu’un des secrets sacrés ?

Sur la justesse de ces idées, interrogeons encore l’expérience.

Dire que la chimie et l’astronomie sont les filles très-sages de mères très-folles,, et doiventleur naissance à l’alchimie et à lastrologie ; c’est mal juger: la marche de l'esprit humain. L'enfant voit briller les-étoiles aux cieux, sans imaginer qu’elles aient quelque influence sur,les événemens de la terre: El admire la couleur.et l’éclat d’un morceau:d’or ou d'argent; et si on ne l’induit point en erreur, il ne suppose pas que.l’art puisse fabriquer. un métal, pas plus que du bois ou un caillou. Mais quand la multitude qui ne connaissait que Por natif charrié par les rivières, vit tirer ce métal de corps où rien n’indiquait à l’œil sa présence, elle crut que, par un procédé dont ils se réservaient le secret, des êtres supérieurs transmuaient les substances et faisaient de l'or. L’avarice convoita la possession d’un art si merveilleux ; les ten-

tatives , les recherches se multipliérent, se portèrent sur tous les métaux , sur tous les minéraux sur tous les corps de la nature ; et l’on inventa l’alchimie , parce que lon ignorait la docimasie. En observant le cours des astres, le prêtre annonçait le retour des saisons, et certains phénomènes météorologiques (1); il réglait d’une manière raisonnéeles travaux de la campagne, et en prédisaït assez exactement le succès. Les hommes grossiers qu'il dirigeait ne mirent pas de limites au pouvoir de la science ; ils ne doutèrent pas que les divers aspects du ciel ne révélassent également l'avenir du monde moral, et Pavenir du monde physique. Le prêtre ne les désa= busa point : l’astrologie , dès les premiers temps connus, a été mise au nombre des sciences sacrées ; et elle conserve encore, sur une partie de l'Asie, l'empire qu’elle a long-temps exercé sur toute la terre.

Une cause que nous avons déjà signalée

‘1) Les deux calendriers de Ptolémée, réglés, l’un sur les mois égyptiens , l’autre sur les mois romains, et le calendrier romain , tiré d'Ovide, de Columelle et de Pline , indiquent jour par jour l’état du ciel, et prédisent celui de ratmosphère.

| k k DES SCIENCES OCCULTES., 221

concourut au progrès ou à la naissance de l'erreur; l’interprétation fautive des emblèmes et destallégories. L'usage des uns et des autres, dans l’astronomie , remonte à la plus haute antiquité. Les D égyptiens cités par Manéthon ne semblent-ils pas du domaine de l’histoire? Les épithètes qui suivent leurs noms ne conviennent-elles pas à des hommes :

Ami de ses amis... Homme remarquable par la force de ses membres... Celui qui augmente la puissance de son père ? Dans ces rois prétendus, Dupuis nous montre les trente-six décans qui divisent le zodiaque de dix en dix degrés ; et, dans les titres qu’on “leur donne , l’indication de phénomènes astronomiques qui correspondent à chaque décan (1). Sous les noms de sphère barbarique, sphère persique et sphère indique , Aben- Ezra a recueilli et mis en regard trois calendriers anciens (2). Le premier, que l’on croit appartenir à Égypte, énonce seulement le léver et le coucher des constellations, dans chaque décan. Le second joint à cette in-

(1) Dupuis. Origine de tous les cultes. tom. x. (in-8o), pag. 116-126.

(2) J. Scaligeri notae in M. Manilium. pag. 371-384

dication quelques figures allégoriques. Le troisième ne présente que de pareilles figures, et quelquefois même leur attribué des sentimens que le pinceau ne peut rendre, tels que l’inténtion de frapper son père ou celle de retourner dans sa maison. Le fond des trois calendriers est le même : le dernier, si on le voit seul, ne réveillera-t-1l pas’ toute autre idée que celle de l’astronomie ? Que des allégories semblables, distribuées dans certaines divisions de temps, aient paru renfermer des prédictions appropriées à chacune de ces divisions, cela est infiniment probable. La probabilité se changera en certitude, quand on parcourra un calendrier égyptien (1) où, sur une colonne, répond, à chaque degré du zodiaque , un emblème , destiné, comme le titre l’annonce, à indiquer les levers correspondans des astres ; sur une seconde colonne , est l'indication du caractéré futur ou de la destinée de l'enfant qui naïtra sous l'influence de chaque degré; indication toujours conforme à la nature de

(1) Monomoeriarum ascendentes, etc. J. Scalig. Not. in M. Manil. pag. 485. 504.

emblème. S'il'offre un 2omme pilant dans

‘un mortier ; enfant sera laborieux ; il tendra à s'élever, si l'emblème est un aigle.

Ce calendrier est évidemment l'ouvrage de deux auteurs. L’un à disposé, d’après des observations antérieures , ‘une série d’emblémes astronomiques ; l’autre; trompé ou trompeur, a voulu deviner le sens: d’un:livre qu'il ne: Comprenait pas, où égarer , dans la voie de l'erreur, ceux qui tenteraient de le deviner:

Nous ne connaissons point assez la philosophie intérieure de l’école de Pythagore; pour décider ,sice sage proféssait dans:le sens-propre ou dans lesens figuré , la doctrine étrange qu’on lui attribue sur les propriétés, des nombres. Mais! nous n’hésitoris point à :pénser qué: là doctririe même fut d’abord le voile allégorique; et plus tard l'en veloppe superstitieuse d’une science réelle ; science dont il existe encore des vestiges dans l’'Hindoustan où Pythagore avait puisé ses dogmes, et qui comprenait probablement :

avec. les bases des grands calculs astronomiques, les principes et les théorèmes d’une arithmétique transcendante.

La découverte assez moderne d’un frag-

ment de cette science vient à l’appui de notre conjecture.

Vers la fin du XVII: siècle , les astronomes français apprirent avec surprise qu'il existait, à Siam, une méthode de calculer les éclipses par une suite d’additions opérées sur des nombres en apparence arbitraires. La clef de cette méthode est perdue depuis longtemps pour ceux qui s’en servent; peut-être ne l’ont-ils jamais possédée (1), l'inventeur ayant exercé son génie à construire un Instrument dont l'effet füt infaillible , sans vouloir en révéler le principe d'action. Quoi qu'il en soit, supposons que de pareils savans opèrent sous les yeux du peuple, dans l'antique Asie , dans l'Égypte et même dans la Grèce civilisée. À l’aide de quelques nombres , combinés suivant les principes d’une

(x) Les grandes Tables de logarithmes publiées, à Paris, par le Bureau du cadastre, avaient été calculées par une méthode semblabie à celle-là. C'était aussi une suite d’additions et de soustractions exécutées , sur des nombres en apparence arbitraires, par des hommes qui n’avaient pas besoin de connaître les élémens et la marche du calcul propre à déterminer ces

nombres; et qui arrivaient cependant à des résultats si précis, qu'après la détermination de cent logarithmes, l’erreur possible n’affectait que le huitième chiffre décimal. ’

science inconnue, on les voit arriver à des prédictions que la nature ne manque pas de vérifier; au jour et à l’instant déterminés.

. Comment l’homme ignorant, forcé d’attribuer à ces nombres la propriété qu’ils possédent en effet de produire des prédictions exactes, se défendra-t-il de leur supposer d’autres qualités qui ne lui semblent pas plus merveilleuses, de leur demander , comme au cours des astres qu’ils servent à mesurer, la révélation de l'avenir, et de consulter les nombres babyloniens (1) pour connaître la destinée de sa vie , et l'événement et le moment qui y mettront un terme ?

Il n’est pas sans intérét de voir la doctrine des propriétés mystérieuses des nombres, comme Îles allégories astronomiques , pénétrer dans les enseignemens de la magie. Les . magiciens, nous dit-on, comptaient, parmi les esprits de ténèbres, soixante-douze princes (sëx multiplié par douze ) et 7:405,926 démons d’un rang inférieur (2). Ce dernier nom-

PLANS nt kW D vue cat ee Babylonios Téntaris numeros. 5h Vr.,. Oil Horat. od. lib. 1. od. xr. vers 2-3.

(2) J. Wierius, de Praestigiis, etc.

bre, en apparence si bizarre, est encore le produit de six multiplié par 1234321 est-il besoin de faire observer que 1234321 présente, tant à droite qu’à gauche, les quatre nombres qui constituent la Tétrade mystérieure de Pythagore et de Platon?

L’instrument du calcul dut naturellement participer aux propriétés merveilleuses des nombres , et la Rhabdomantie , la divmation opérée avec des baguettes, être en honneur partout où des morceaux de bois, différemment marqués, ont servi de machines arithmétiques. (C’est encore avec ces morceaux de bois qu’on exécute des calculs assez compliquées chez les Khiviens , trés-enclins aussi à croire à la Rhabdomantie (1).

La Rhabdomantie était pratiquée chez les Alains et chez les Scythes (2), ancêtres de presque tous les habitans actuels de la Tar-

tarie ; elle l'était chez les Chaldéens, de.

qui les Hébreux paraissaient l'avoir emprun-

‘1) M. Mouraviev. Voyage en T' urcomanie et. à Khiva.

(2) Hérodot. lib. 1v. cap. 67. Amm. Marcell. lib. xxx.

cap. 2. Les anciens Germains en faisaient aussi usage. Tacit.

German. Cap. x.

tée (1). Est-il déraisonnable de supposer que la méthode de calculer avec des baguettes, méthode que ne peuvent expliquer ceux qui l’'emploient aujourd’hui, remonte en Asie à une haute antiquité, comme la superstition dont elle nous semble avoir été l’origine ?

Presque partout , nous verrons l'ignorance placer ainsi une erreur à côté de ce qui lui paraît une merveille. Souvent la médecine a dissipé la douleur dans un membre , Où en a prévenu le retour, par lapplication d’un remède local. Mais le médecin appartenait à la caste sacrée ; l’efficacité du reméde venait donc tout entière de la main qui le donnait, et qui pouvait seule y renfermer une vertu secrète. La crédulité, en conséquence, supplia le charlatanisme de mettre, dans ces corps bienfaisans , non-seulement le don de guérir le mal actuel, mais encore celui de préserver des maux à venir ; et du succés des topiques naquit la puissance surnaturelle des amulettes. Ici encore l’astronomie jouait un rôle; des figures qu’on lui empruntait se retrouvent sur un grand nombre

(1) Osée. cap. 1v. vers 12.

de talismans; les plus célèbres de tous, les Abraxas qui participaient à la puissance du chef des bons génies, exprimaient simplement le nombre des jours de l’année.

La confiance dans les amulettes survécut aux anciennes religions. Sous le christianisme même, une piété peu éclairée contribuait à l’entretenir. Le pape Urbain V, dit M. Tiedmann (1) envoya à l’empereur de Constantimople, trois agnus dei, avec des vers (2)

où étaient exposéesleurs vertus véritablement

magiques. Après un tel exemple, pouvaiton blàämer les ignorans de croire aux talismans des magiciens. Où était la différence ? dans le mode de consécration.

Pourquoi les Scandinaves attachaient -ils aux vers une puissance magique (3)? Pourquoi les Grecs et les Romains ont-ils attribué aux chants, aux vers, le pouvoir de

faire périr les reptiles menaçans, et d’arra- |

cher:la lune de la voûte céleste (4) ? Comme

(1) Tiedmann... De Quaestione etc. pag. 103.

(2) Ces vers ont été cités par Fromann. pag. 947-048.

(3) C. V. de Bonstetten. La Scandinavie et les Alpes. pag. 42-33. t

(4) Virgeil. Eglog. vi. vers. 69-71.

les principes de la politique et de la morale, comme les récits historiques et religieux, les formules magiques furent originairement conçues en vers , et les vers étaient toujours chantés. Cette opinion ne fut point partagée par les théurgistes qui reçurent leurs formules des prêtres égyptiens , ou qui les empruntèrent des disciples de Zoroastre et des sages de l’Hindoustan :ils ignoraient si ceuxci s'étaient exprimés en vers ; ils étaient sûrs que ceux-là ne l’avaient point fait. La religion, en Égypte, proscrivait la poésie, comme le langage du mensonge (1). Les sorciers modernes n’ont pas supposé de pouvoir aux vers; mais à des figures bizarres, à des caractéres étrangers, à des mots d’une prononciation barbare : ils n’ont pu parler que ce qu'ils avaient recu.

Entre les mains d'hommes qui n'avaient Jamais eu , ou qui n’avaient plus l'intelligence des hiéroglyphes, ou de la langue et des caractères sacrés, la plupart des formules magiques devinrent inutiles ; elles avaient cessé d’être comprises : cependant le souvenir de

(1) Dio, Chrysost.…. Orat.…. de [lio non capté:

leur pouvoir ne périt point. Récitées mysté-

rieusement, alors même qu’on n’attachait plus de sens à leurs termes, gravées sur la pierre ou tracées sur le parchemin, on leur ac corda une efficacité d’autant plus grande que l’on soupçonnait moins qu’elles avaient été jadis la cause et la mesure de leur efficacité réelle.

Ainsi naissent et s'étendent les erreurs.

« Chaque lettre , disent les Hindous , est gou- « vernée par un ange, émanation des vertus « de la toute-puissance de Dieu; ce sont les «anges représentés par les lettres dontwse «composent les oraisons, qui opérent les « prodiges (1) »...…. Avec quelle facilité, à laide d’une pareille doctrine, l’imposture n’a-t-elle pas rançonné les hommes crédules, en leur vendant des talismans , formés tantôt de lettres qui expriment une prière ou un vœu, tantôt de caractères étrangers ou groupés bizarrement, et supposés d'autant plus efficaces que leur assemblage est plus compliqué et d’un aspect plus extraordinaire.

(1) Les mille et une nuits. ton, 1. pag. 128-529 xive nuit. hist. du brame Pad Manaba.

re pe da Te oi ot ET

SET re. or ARS TE.

RE COR FE ar,

PRE jen.

Ayant écrit un vocabulaire de la langue des indigènes de la Louisiane, un missionnaire (1) y avait fréquemment recours pour répondre aux questions que ceux-ci lui adressaient. Les indigènes crurent que ce papier était un esprit qui communiquait au missionnaire sa science. Les Nadoëssis savent compter, mais ignorent l’usage des chiffres : Carver (2), ouvrant un\livre devant eux, leur disait exactement combien il se trouvait de feuillets depuis le premier jusqu’à celui qu'il leur montrait ; ils en conclurent pareillement quelle livre était un esprit qui dictait en secret

* les réponses du voyageur. À Kano, en Afrique , Clapperton rencontra un personnage qui lui supposait le pouvoir de transformer des hommes en bêtes, et la terre en or , rien qu’en lisant dans un livre (3). Les caractères runiques , dès que le sens de cette écriture a été perdu pour le vulgaire, ont été rangés au nombre des instrumens de la magie. Une

(1) Le P. Hennepin. Description de la Louïsiane, pages 249-250.

(2) Carver. Voyage dans l'Amérique septentrionale. (traduction française, in-8° Paris 1784) pages 80-81.

(3) Voyages et découvertes en Afrique,etc.tom.ui. pag. 37.

formule algébrique serait Jugée de même par l’homme superstitieux qui la verrait fournir ; sur-le-champ, une solution infaillible à des questions en apparence très-diverses , et dans lesquelles il ne démélerait pas le point commun à toutes, qu'a su saisir la science (Hs L’extravagance fit un pas plus étonnant encore, et analogue à l'erreur qui, du sens * de noms d'hommes où de lie , tira tant d’histoires fabuleuses. Tant vu, dans un emblème , non la représentation, mais la cause efficiente d’un phénomène ou d’un | prodige : dans les provinces situées à ce) la Baltique , que la force des armes et les ruses | de la politique ont réunies à l'empire de Russie, on croit fermement que, si une femme grosse introduit le bois, dans le poële , dans un sens oppose à la direction des branches À son enfant se présentera en sens inverse à Pinstant de l’accouchement (2). Tantôt l’homme

(1) La notation de la musique , chez des peuplades quin’en ont pas d'idée, paraîtrait sans doute quelque chose de sur- “ naturel, quand un homme répèterait exactement un de leurs d chants; recueilli par ce moyen, et qu'il n'aurait lui-même jamais entendu.

(2) Debray. Sur les préjugés et les idées superstitieuses

al

D Pa

DES SCIENCES OCCULTES. 233 crédule a imaginé qu’en imitant, autant qu'il était en lui, les postures figurées dans les hiéroglyphes , il opérerait le prodige que l’on obtenait, en des temps inconnus , par le procédé dont ces hiéroglyphes avaient renfermé ou déguisé l’expression. C'est ce dont on trouve plusieurs exemples dans le recueil de Gaffarel (x).

On peut, nous le ED ons ; rapporter à des méprises où à des rêveries du même genre, l’origine de pratiques cet d'opinions populaires répandues partout , et &i étranges sf St rdes, qu’ on ne peut en pénétrer le sens , ir assigner un motif ou un prétexte plausible : derniers effets d’une cause qui influe

encore sur l’existence des hommes, quand depuis des siècles elle en est profondément

ignorée.

des Livoniens, etc. Nouvelles Annales des voyages. tom. xvrix, pag. 127.

(1) Gaffarel Curiosités inoutes, etc. chap. vr. $. 1 et 2.

LV UV EI VU LV UV LR UV ITU ULTIME UTVULLAAZR

Page 1