‹ Des sciences occultes ou essai sur la magie, les prodiges et les miracles (volume 2)Chapitre 48 sur 66 · RL · texte numérisé non relu

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tiation. Non contens de vendre des miracles.

] les magiciens subalternes communiquaient donc le don d’en opérer ; ils imitaient les

. spectacles des initiations anciennes. # + Sommes-nous en droit de donner pour successeurs aux sorciers du V°siécle . les sorciers dont les réunions ont été déférées à tous les tribunaux de l’Europe , jusque dans le X VII: siècle ?

Déjà nous ‘avons tenté un rapprochement analogue, entre les sociétés sétrettes formées

par les savans du moyen âge, et les écoles des philosophes théurgistes. Mais là, c’est sur les formes et le secret de là réception qu'ont porté lés altérations produites par le Lemps ; les connaissances que lon voulait conserver, EPA aussi long- temps du moins que lon en put comprendre l'énoncé. Ici, au

l'initiation et son histoire

1 contraire , le but sont également tombés dans l’oubli: pour re- | * monter à son origine, nous n’aurons que quel- | ques traces informes des pratiques et des fic-

tions qu'elle mettaït en usage, et qu'ont pu | conserver d’abord la ruse et la cupidité, em-

presséesdetrouverdesdupes; et ensuite la cré- Le 47

épreuves, les sermens, les révélations et les+

invocations des sorciers odernes. un mé-

ment ils ne les compreñaient pas, et qu'ils J

dulitéignorante et la curiosité qu'aiguisait l’'ennui d’une vie sans jouissances et sans avehir. Diverses considérations montrent qu’un tel rapprochement n’æ rien de forcé. M. Tiedmann soupçonne que plusieurs mots barbares, usités dans les opérations de sorcellerie jne sont que des mots latins ou grecs, mal lus et mal prononcés par des ignorans (1); mots qui, dans l’origine, firent sans doute partie de formules d'opérations ou d’invocations.

Rien de plus probable : c’est ainsi que les trois mots inintelligibles en grec, Kongæx , Om, Panx, que prononçait le grand-prêtre à la clôture des mystères d’Eleusis, ont été reconnus, par le capitaine Wilford , pour les mots samscrits, canscha, om, panscha , que prononcent chaque jour les brahmes, en terminant leurs cérémonies religieuses (2).

N’avons-nous pas remarqué aussi, dans les.

lange d'idées astrologiques dont on ne peut.

pas leur attribuër l'invention, puisquesûre=

A F «47 (à) ann. D D etc. etc. pag. 103-103.

{2) The monthly repertory, tom. xxnr. pag. l'a

ont dù les recevoir de prédécesseurs plus instruits ?

Pour se transporter au sabbat, ou plutôt pour rêver qu'ils s’y transportaient, les sorciers se frottaient le corps d’une certaine pommade : le secret de la composer , secret qui leur à été si souvent funeste , est le dernier, le seul peut-être qu’ils eussent conservé. Un sommeil subit, profond, durable , comateux , des visions tristes et lugubres mélées de mouvemens voluptueux, voilà, en général ce que produisait l’onction magique , dont l'effet combine ainsi les deux mobiles les plus puissans sur l’âme humaine, le plaisir et la terreur. Le choixydes substances énergi- «ques dont la pommade se composait, la dé-

couverte de leur vertu et de la maniére de

les employer , ne peuvent être attribués aux

sorciers modernes que l’on a rencontrés tou-W Jours dans la classe la plus pauvre et la plus ignorante : ces connaissances, n’en doutons point , descendent d’une source plus élevée.

La magie ancienne usait ‘d’onctions mystérieuses,; Lucien et Apulée ( 1) décrivent

«\+1) Lucian... Lucius sive astnus. Apul. Métamorph. lib. 1v.

celles que pratiquaient Pamphila et épouse d'Hipparque ; et ces deux écrivains n’ont fait que copier les Fables milésiennes , déjà célèbres par leur antiquité autant que par leur agrément.

L’onction magique , ainsi que nous l’établirons bientôt (1), n’avait d'effet, dans les temps modernes , que par les rêves qu'elle.

enfantait. Mais, dans Pinitiation primitive et dans des réunions réelles, composée d’ingrédicnMmoins soporifiques, elle a dû servir à k disposer les adeptes aux mystères qu'ils al- ; Jaient célébrer. en jee pe ; d'avance cette ivresse morale, cette frénésie de croyance, si nécessaires pour créer et en- 1 tretenir la superstition et le fanatisme.

Pouvons-nous retrouver quelques vestiges |

de l'initiation primitiv e?

w, Davs les aveux arrachés par la torturefaux -prétendus sorciers, Sur ce qui se passait au ; sabbat., on voit, au milieu de détails variés avec ltoute l’incohérence d’un Re L on voit sé reproduire un certain nombre F

v En L (x) Voyez ci-après, chap. 18.

DES SCIENCES OCCULTES. 26i d’idéesuniformes. C’est » dit M. Tiedmann(r), parce que l’on tourmentait ces malheureux jusqu’à ce qu’ils eussent confessé tout ce dont on les accusait, et que les accusations étaient toujours identiques, conformément aux idées reçues parmi les juges. Mais cesidées bizarres, et pourtant suivies et liées entre elles ; les magistrats ne les avaient point inventées : qui les avait originairement imprimées dans leur esprit , sinon des récits fondés sur des actions réelles ou sur des souvenirs conservés par une longue tradition ? Le fond. Commun : à tous les aveux, quise co Bb ob ait de cesidées, péignait done probablement ; avec les altérations que le temps et lignorange n'avaient pu‘manquer

d apporter, quelques cérémonies: pratiquées jadis dähs des initiations subalternes.4

Que ces initiations se rattachassent aux der-

ers restes des cultes détruits ; c'est ce qu'il

est naturel.de croire , etice que divers mdices

rendent probable. Si, il y a cent cinquante

ans , ; commeau tempside nos anciens druides,

on attribuait des vertus magiques au gui de

(1) Tiedmann, De Quäestione, etc. pag. 135-138. D

chêne (1); si journellement, les observateurs attentifs retrouvent au fond des campagnes , des légendes, des superstitions et des usages qui émanent des anciennes religions, combien , à une époque moins éloignée de celle de leur splendeur, ces religions n’avaientelles pas conservé d'influence sur les habitudes et les croyances de la multitude! Les prêtresses du polythéisme et les druïidesses , retirées loin des villes, conservèrent longtemps la confiance et la considération des pueples. Grégoire de me Éurt de Pexistence de Pythies, dans les Gaules; en 708, on voit des devineresses , proscrites, sous le nom de Striae, par lesscapitulaires de Char- : lemagne. Bien plus tard, une foule defemmes et dhobnés # la campagne Pr À encore la nuit, dans des lieux déserts, pour | “célébrer , par des festins, des courses et dés 1 danses , le culte de Diana , ou de dame Abunde , appelée aussi Hèra , du nom grec de Junon (2). 1l paraitique le prêtre qui pré- \

p "M | (1) Fromann. Tract. de Fasc. pag 697. & 1 4 (2) Voyez Dulaure. Histoire,.de 4 ire édition. to. v;

pag. 259 et suivantes... Carpentier. | Glossar. verbis Diana et!

Holda. - & ? =.

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