‹ Des sciences occultes ou essai sur la magie, les prodiges et les miracles (volume 2)Chapitre 50 sur 66 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Enumération des merveilles que la pratique des sciences occultes donnait au Thaumaturge la possibilité d'o-

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Le théâtre où se réunissent tant de prodiges | pour éprouver le courage des initiés ,, subjuguer leur raison, exalter leur enthousiasme ,

récompenser leur constance, le sanctuaire va

s'ouvrir. Soumis depuis plusieurs jours à des

dont les formes reli

a fui dérobent même la nature, l’aspifant est entré dans une car” rière de miracles , dônt il ne cofiait point

l'issue, dont il ignore s'il lui sera permiside

Immobile d’abord , Minne enchaïi@ au.

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des enfers , si, par momens, de vifs éclairs viennent fendre la nuit qui l’environne, c’est - pour lui en découvrir l'horreur. A leurs feux effrayans , il entrevoit, sans pouvoir les discerner , des figures monstrueuses, des spectres ; 1l entend près de lui siffler les serpens, hurler les bètes féroces, les rochers s’écrouler avec fracas, et l'écho répéter et prolonger au loin ces bruits épouvantables. Dans un intervalle de calme, telle est encore son émMOtion qu'un bruissement léger, un son agréable, le font tressaillir (1)... La scène s’éclaire, et soudainement, ii voit changer, autour de lui, l'Spect des lieux et leur de la terre tremble sous ses pas et tantôt s’é élève en montagne , et tantôt s’abime en un gouffre profond ; il se sent lui-même enlever ou en- . traïinemayec rapidité ; et rien ne lui révéle à quelle Papulsion il obéit. Sous ses veux, les

peintures et les mar baegblent s’animer ;

(a) J'ai emprunté’ces traits à la peiñture éminemment EL que fait l’auteur du Livre de La Sage (Chap. xvuÿ L. terreurs qui tourmentèrent les Egyptiens durant trors

É jours\de ténèbres. . Dan

t autre ouvrage, on croirait lire

une description des terreurs auxquelles le récipiendaire était exposé dans les épreuves de Pinitiation. +

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le bronze verse des larmes ; de pesans colosses se meuvent et marchent ; des statues font entendre un chant harmonieux. Il avance, et des monstres terribles, des centaures, des harpies, des gorgones, des hydres à cent têtes l’envi-

ronnent, le menacent ; images dépourvues de corps, et qui se jouent également de sa frayeur ou de son courage. Des fantômes offrant la ressemblance parfaite d'hommes que la tombe récèle depui long- -temps, d'hommes qui furent les objets de son admiration ou de son attachement , voltigent soûs ses yeux, et trompent sans cesse ses émbrassemens qu’ils paraissent chercher. Le tonnerre gronde, la foudre éclate , l’eau s’embrase et roule en torrent de feu. Un corps sec et solide fermente , se fond et se transforme en flots de sang écumeux. Là, des infortunées s’elforcent en vain de remplir une urne peu profonde ; le liquide qu ellés ne cessent d’y verser ne s’élève Jamais au-dessus de son niveau. Ici, des amis de la divinité prouvent leurs droits” “à ce titresen bravant l’eau bouillante, le fer w rouge, l’airain fondu , les bûchers ardens ; Ë ils” commandent en maîtres aux animaux sauva-.

” ges, aux animaux féroces ; ils ordonnent, et |

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d'énormes serpens viennent ramper à leurs pieds ; ils saisissent les aspics, les cérastes ; ils les déchirent , sans que ces reptiles osent se venger par une morsure. L’aspirant, cependant , a entendu près de lui une voix humaine ; elle l'appelle, elle répond à ses questons , elle lui intime des ordres , prononce des oracles : et tout ce qui l’environne est inanimé ; et plus il approche du lieu d’où les paroles semblent sortir, moins il aperçoit la cause qui les produit, la voie par laquélle elles parviennent à son oreille. Au fond d’un souterrain étroit, inaccessible au jour, une lumière aussi vive que celle du soleil, brillant tout-à-coup , lui découvre , jusque dans un lointain'immense , des jardins enchantés, un palais dont l'éclat et la magnificence le forcents à reconnaître le séjour immortel des dieux.

Là, les dieux lui bone les signes les plus augustes ont révélé leur présence. Son “œil Les voit, son oreille les entend... Sa raison troublée y sa réflexion égarée , sa pensée absorbée par tant de miracles, abandonnent :

enivré , hors de lui , il adore les preuves glorieuses d’unfpouvoir sur-humain, et la présence certaine de la Divinité. : à

“blera$ l'esprit des hommes ; tu les plongeras « P ; piong |

Quelque éclatantes que soient ces merveilles, elles ne paraitront rien à l’initié, au prix des connaissances qui lui sont réservées , si sa …

naissance , son courage , son zèle, son génie l’appellent à prendre place un jour dans les rangs les plus élevés du sacerdoce. Tout ce qui l’a frappé d’admiration , il saura l’opérer lui-même; et le secret de merveilles encore plus importantes lui sera révelé.

Ministre d’une divinité tour-à-tour bienfaisafite et vengeresse , mais toujours toute puissante, l’homme et les élémens t'obéiront.

Tu étonneras la multitude en t’abstenant de nourriture ; ettu la pénètreras de reconnaissance en rendant saine la boisson impure que . l'excès de la soif la force d'accepter. Tu trou- 4

dans une stupidité animale ou dans que rage féroce, ou tu leur Ps oublier leurs maux , tu les affranchiras du pouvoir de la douleur; tu. exalteras jusqu’au fanatisme leur audace et* leur docilité ; tu combleras , dans des visions, « leurs désiss les plus ardens ; souvent même » sans intermédiaire matériel , maître de leur É imagination , tu agiras sur leursisens, tu domineras leur volonté. Arbitre de leurs dif-

DES SCIENCES OCCULTES. 273 férens , tu n'auras pas besoin, comme eux, d'interroger des témoins, de balancer des déclarations : une épreuve simple te suffira pour distinguer l’innocent et l’homme véridique, du criminel et du parjure , atteints, devant toi , d’une mort douloureuse et inévitable. Dans leurs maladies , les hommes t’imploreront, et à ta voix, le secoûts du Ciel dissipera leurs maladies ; tu arracheras même à la mort sa proie déjà saisie. Malheur à qui t'offenserait ! Tu frapperas de lèpre, d’aveuglement , de mort, les coupables ; tu défendras à la terre de leur donner ses fruits; tu empoisonneras l'air qu'ils respirent ; air , les vapeurs te fourniront des armes contre tes ernenus. Le plus terrible des élémens, le feu deviendra ton esclave : il naîtra spontagément à ta voix, il éblouira les yeux les plus incrédules , et l’eau ne pourra léteindre ; il éclatera , terrible comme le tonnerre , contre tes victimes , et déchirant le sein de la terre , il la forcera à les engloutir , et à les lui donner

à dévorer. Le ciel même reconnaitr:

voir : tu prédiras au désir et à la ér . variations de.l’atmosphère et les convulsions

de la terre. Tu détourneras la foudre ; tu te ne 18

joueras de ses feux ; et les hommes tremblans

te croiront le pouvoir de la lancer sur leurs

têtes... Tels sont les dons de lasdivinité qui nous inspire ; tels sont les moyens de conviction par lesquels nous devons enchainer au pied de ses autels, tous les hommes, quels que soient leurs rangs hors du temple ; tous crééspour croire , adorer et obéir. .

Ces promesses immenses , les sciences occultes ont su les remplir : mille fois l'œil attentif a vu ces miracles, quand l'enthousiasme défendait de remonter à leurs causes. Et nous aussi, à qui cette recherche est permise, à qui elle estprescrite, nous croirons à ces miracles, nous les admirerons dans la variété des connaissances nécessaires pour les produire :non que nous perdions de vue combien, dans ombre du mystère , il, s’y mélait d'adresse , de charlatanisme , d’imposture , nous-mêmes avons signalé ce honteux alliage ; mais, dégagé des impuretés qui le souillent , le métal pré- . cieux à à tout son éclat et toute sa va-

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| “ DES SCIENCES OCCULTES. 275 s »

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