‹ Des sciences occultes ou essai sur la magie, les prodiges et les miracles (volume 2)Chapitre 52 sur 66 · L 1 EE À · texte numérisé non relu

L 1 EE À

suffirait de citer Archimède : ses inventions

peuvent nous rendre crédules sur les miracles que la mécanique opéraitsdans les temples.

Mais observons-le : ce grand homme, trop séduit par la doctrine de Platon, attachait un prix médiocre aux applications les plus brillantes de la science ; il n’estimait que la théorie pure et les recherches spéculatives. On croit même (2), quoique peut-être à tort (3), sur

(x) Cassiodor. Variar. lib. 1. cap. 45. #

(2) Plutarch.in Marcell. $ 18 et 22. {

(3) Cassiodore (Variar. lib. r. cap. 45.), dans le recensement des ouvrages que Boëce avait traduits du grec en latin, indique positivement un raité de mécanique d'Archimède; «mechanicum etiam Archimedem latialem siculis reddidisti.» L'épithète donnée à chaque auteur, par Cassiodore, exprime le titre ou le sujet de l'ouvrage traduit : @Pythagoras musicus; Plato theologus; Aristoteles logicus ». Nous possidons encore le Traité de musique de Boëte:

Le sens du mot mechanicus est d'ailleurs mis hors de à outé, par la suite de cette lettre où Cassiodore donne de la mécanique , la définition que nous avons citée. Si l’on se rappelle que Plutarque nest pas, quand il s’agit de faits, une autorité infaillible, on

sera porté à accorder quelque poids à l’assertion de Cassiodore,

le Hnéigaasé de Plutarque , qu'il n’a laissé rien d’écrit sur la construction de ces machines qui lui avaient acquis tant de gloire. Seul, le thaumaturge connaissait toute la valeur des secrets que pouvait lui fournir la pratique de la science ; et l’injuste dédain des philosophes

l'aidait à tenir renfer

les moyens de sa puissance és dans une obscurité inabordable.

Dans les mystères infàmes dénoncés à la sévérité des magistrats romains, lan 186 avant notre ère, et qui, sans doute, dérivaient d’initiations plus anciennes, certaines machines enlevaient et faisaient disparattre des malheureux qui, disait-on, étaient ravis par les dieux (1). Voilà comment, en … d’autres cas, l’aspirant à l'initiation se sentait subitement enlever... On s’étonnerait que l’artifice, dévoilé cette fois, continuât d’être adoré be d’autres mystères, si la crédulité

à LT a

contemporain et ami de Boëce; on dette du moins que, dans les bibliothèques riches-en manuscrits, on fasse des re-

cherches pou uvrir cette traduction d’un traité dont l’'o-

riginal, s'il a jamais existé, sembi e > AXDE depuis long-temps disparu.

(a Tire. Liv. Lib. xxx. Cap. 13.

e de

humaine ne nous offrait à chaque pas le spec- Hradicflons aussi palpables tacle de contradictions aussi palpables.

Pour descendre dans la grotte de Trophonius, ceux qui venaient consulter l’oracle se plaçaient dans une ouverture trop étroite pour livrer passage à un homme d’une Grosseur moyenne. Cependant , dès que les ge-

* .noux y avaient pénétré, É +

en dedans avec rapidité. Au mécanisme qui agissait sur l’homme, il s’en Joignait donc un autre qui élargissait subitement l'entrée de la grotte (1).

Les sages de l’Inde conduisent APollonius vers le temple de leur dieu , en chantant des hymnes, et formant une marche sacrée. La terre qu'ils frappent en cadence de leurs bàtons , se meut comme une mer agitée , et les ‘élève presqu'à la hauteur de deux pas; puis se rasseoit , et reprend son niveau (2). Le soin de la frapper avec les bâtons trahit

le besoin d’avertir l’ouvrier qui, placé audessous d’un théâtre mouvant et recouvert de

(1) Clavier. Mémotre sur les oracles anciens. pag. 149-150. (a) Philostrat. De vit. Apoll. b. LAN: ri NS

+ w*+ , mu à é £ $ . LA “ - | ” #

Lo N°

terre, Le soulève par un mécanisme assez facile à concevoir. | i

Si l’on en croit Apollonius (1), les sages de l’Inde pouvaient seuls exécuter ce miracle. Il est probable néanmoins qu’un secret analogue existait dans d’autres temples. Des voyageurs anglais (2) ont visité, à Éleusis , les restes du

temple de Cér

brut et non poli ;1l est beaucoup plus bas que celui du portique voisin: Îl existait donc, au niveau de celui-ci, un plancher en bois qui cachait, au-dessous du sanctuaire, un souterrain aMiné au jeu de quelques machines.

Dans le sol d’un vestibule intérieur , on remarque deux rainures ou ornières profondément creusées : aucune voiture à roues n’avait pu pénétrer en ce lieu ,,les voyageurs pensent , en conséquence , que ces rainures recevaient des poulies qui, dans les mystéres,

sr soulever un corps pesant , peut-

étre, disent-ils, un plancher mouvant. Ce qui

confirme leur conjecture, c’est qu’on voit auà

{1) Philostrat. De vit. Apoll. lib. vr. cap. 6.

(2) The unedited antiquities of Attica, by the Society of :

dilettanti. fol. London, 1815. Monilhy Repertory. tom.xxmr. pag. 8-11.

Le pavé du sanctuaire est*

Ve 7

Het ET M or À,

ss

Page 1