CHAPITRE XVI
Secrets pour agir sur les sens des animaux, Exemples modernes et anciens. Pouvoir de l'harmonie; pouvoir des bons traitemens ; crocodiles et serpens apprivoisés ; reptiles dont on détruit ou dont on épuise le venin. Psylles anciens : la faculté qu’ils avaient de braver la morsure des serpens, mise hors de doute par des expériences récentes , fréquemment répétées en Égypte ; cette faculté tient à des émanations odorantes qui affectent les sens des reptiles et échappent aux sens de l’homme.
Presque aussi terribles que le feu , et souvent plus difficiles à éviter, les reptiles venimeux, les animaux féroces perdront-ils le pouvoir de nuire, dès que l’ordonnera l’homme doué d’une science surnaturelle ?
Les récits des anciens sur ce sujet ont toujours révolté l’incrédulité des modernes.
L'histoire d'Orphée passa pour une allégorie gracieuse ; et ce n’était que des escamoteurs, ces hommes qui, dans le spectacle des initiations, maniaient impunément des serpens, ces Ménades qui se jouaient avec des tigres et des panthères.
On ne nie point cependant qu’il n’existe des : moyens. occultes d'agir sur les animaux soustraits à notre empire par leur indépendance naturelle. L’odeur de la cataire et celle du marum, surtout dans les pays chauds, exercent sur l’odorat des chats une action si énergique qu’elle paraïtra merveilleuse à l’homme qui, pour la première fois, en. observera les effets : on en tirerait aisément parti pour attirer à soi l'animal qu’elle affecte. Si l’on en croit les observateurs anciens, l’éléphant aime les odeurs suaves, celle des fleurs, celle des parfums (1); et les chèvres du Caucase , vivement flattées du parfum du cinnamomum | suivent avec empressement la main qui leur en présente (2).
Aujourd’hui, à Londres | quelques hommes
(1) Æelian. de nat. animal. lib. 3. cap. 35 (2) Philostrat vit. Apollon. lib. ur. cap. 1.