‹ Des sciences occultes ou essai sur la magie, les prodiges et les miracles (volume 3)Chapitre 28 sur 44 · IT · texte numérisé non relu

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hommes. Saint-Cyr conjura le monstre, le

força de sortir du puits et de se précipiter

dans la mer(r). Des tableaux représentent”

encore ce miracle, que les érudits interprètent allégoriquement, par les victoires que remportait le saint prédicateur sur limpiété et

le libertinage. La même interprétation pou-

vait convenir au triomphe de saint Marcel sur le serpent qui désolait Paris, puisque,

dit-on , « ce serpent parut hors de la ville,

près du tombeau d’une femme de qualité qui avait vécu dans le désordre (2). » | M. Dulauré(3), cependant, pense que cette légende et un grand nombre d’autres ont figuré le triomphe de la religion chrétienne sur la religion des Romains et sur celle des druides. L’incrédulité , en effet , est le pire des vices, aux yeux des chefs d’une religion : on est souvent corrompu à la fois et supers-

(x) Description des Beautés de Gênes. in-8°. Gênes, 1787. pages 39-41. — Millin. Voyage en Savoie et en Piémont. tome 11. page 239.

(2) Les Vies des Saints pour tous les jours de l'année. tome 11. page 84.

(3) Dulaure. Histoire physique, civile et morale de Paris, ire édit. pages 161-162 et 185-186.

ütieux, et par conséquent soumis aux prétres ; On n’est Jamais soumis, quand on ne croit pas. Qrtres:

Le dragon que vainquit saint Julien (1), avait son repaire près d’un temple de Jupiter : sa chute a pu figurer celle du polythéisme , lorsqu’à la voix de l’apôtre du Mans . les adorateurs renversaient les autels du dieu détrôné et laissaient son temple désert.

Aux lieux où fut jadis Épidaure , on voit une caverne que la tradition a désigné quelquefois comme la retraite de Cadmus métamorphosé en serpent ; mais plus. souvent comme le séjour du serpent d’Esculape. Quand saint Jérôme raconte comment, à Épidaure :

saint Hilarion triompha d’un serpent dévastateur que récelait cette même caverne, les érudits semblent en droit de voir dans son récit, l'emblème de la victoire du prédicateur de lévangile sur le culte d’Esculape (2). Ils expliqueront par une allégorie semblable le

(1) Mémoires de l'Académie celtique. tome 1v. page 311.

(2) Appendini. Notizie istorico-critiche sulle antichita, etc. de’ Raguseï. tom. 1. pag. 30. — Pouqueviile, Voyage dans la Grèce. tome 1. pages 24-25.

miracle qui rendit saint Donat, évêque de Corinthe, vainqueur d’un serpent tellement énorme , que huit paires de bœufs avaient peine à trainer son corps privé de vie (1). La date du miracle, l’an 399, rappelle en effet l’époque où le paganisme succomba, sans retour, sous les coups redoublés que lui portaient à l’envi les deux fils de Théodose.

Un dragon monstrueux désolait les environs de Theil, près de la Roche-aux-Fées (département d’Ille-et-Vilaine) : saint Arnel, apôtre de cette contrée, le traïna avec son étole jusqu’au sommet d’un mont, et lui or- . donna de se précipiter dans la rivière de Seiche. M. Noual de La Houssaye pense que ce miracle figure la victoire remportée par le saint sur les derniers restes de la religion druïdique , dont la Roche-aux-Fées avait vu jusqu'alors se perpétuer les cérémonies. II explique de même la répétition d’un muracle semblable dans la légende de saint Efflam, et dans celle de quelques autres saints (2). On étendra volontiers sa conjecture aux œuvres

(x) Sigeberti Chronicon. anno 460?

(2) Mémoires de l'Académie celtique. tome v. p. 377.

DES SCIENCES OCCULTES. 309 d’un Thaumaturge qui, devant une pierre probablement druïdique , et honorée encore aujourd'hui par des rites superstitieux, vainquit un dragon qui désolait le territoire de Neuilly-Saint-Front, dans l'arrondissement de Château-Thierry (1). |

L'hérésie , non moins que les fausses religions, est réputée l’œuvre de l’esprit de ténébres (2). Le dragon dont, jusqu’en 1728, les chanoines de Saint-Loup, à Troyes, ont porté, à la procession des Rogations, une image en bronze (3), passait pour l'emblème de la victoire remportée par saint Loup sur l’hérésie des Pélagiens.

(1) Mémoires de la Société des D ASDE Re de France. tome 1. pages 426-427.

(2) Pour célébrer l’anathème porté dans le concile de Constance contre la doctrine de Jean Hus et de Jérôme de Prague, et le supplice de ces deux infortunés , l’empereur Sigismond institua l’ordre du Dragon renversé : le Dragon figurait l’hérésie vaincue. Dictionnaire de Morerti. art. Dragon renversé.

(3) Grosley. Éphémérides. 3° partie, chap. ga. tome ut. pages 222-295.

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