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Les armoiries et les enseignes militaires donnent lieu à de nouvelles applications de la légende astrono-
mique.
Av ides de gloire et de puissance, il était naturel que les nobles , les guerriers vous lussent partager avec les demi-dieux du paganisme , avec les favoris du dieu des chrétiens, l'honneur de ces triomphes qui assu=
raient des droits immortels à la reconnaissance des peuples. Après les héros scandinäves , après Struth de Winkelried, Belzunce et Dieudonné de Gozon, nous pourrigps citer un jeune noble dont saint Pol se fit accom-
(x) Voyez le Moniteur universel du lundi 2 juillet 1812.
pagner, quand il voulut détruire le dragon de l'ile de Batz (1); et aussi saint Bertrand, vainqueur du dragon de Comminges : cet évêque appartenait à la caste illustrée ; il était fils d’un comte de Toulouse (2).
Nous pourrions citer encore l’origine prétendue du prénom des /Vompar de Caumont.
Renouvelant pour eux l’histoire fabuleuse du fondateur de Nimes, on raconte que ce prénom leur fut transmis par un de leurs aïeux, qui se montra en effet sans pair (non-par), en donnant la mort à un dragon monstrueux dont les ravages désolaient lès terres de sa seigneurie.
Mais, pour éviter des répétitions fastidieuses, nous nous bornerons à remarquer .
combien cette prétention , de la part des :
nobles, dut être favorisée par les figures dont chacun d’eux ornait son casque ou son écu, et qui, de là, ont passé dans les armoiries. | »
Ubert fut le premier qui remplit, dans le
de.
(1) Cambry. Voyage dans le département du Finistere, tome 1. page 147-148.
(2) Dictionnaire de Morérr. art. Saint-Bertrand.
Milanais , les fonctions déléguées aux Comtes (Comites) du Bas-Empire et de l'empire de Charlemagne. Il adopia, en conséquence , le surnom de J’ice-comte (Visconti), qu'il transmit à ses descendans. Aux lieux. où s'élève, à Milan , la très-ancienne église de Saint-Denis, était alors une profonde caverne, séjour d’un dragon toujours affamé, et dont le soufile donnait au loin la mort. Ubert le combattit, le tua, et voulut que son image figuràt dans les armoiries des Visconti (1). Suivant Paul Jove, Othon, l’un des premiers Visconti, se signala dans l’armée de Godefroy de Bouillon : un chef sarrazin , qu’il tua en combat singulier, portait sur son casque la figure d’un serpent dévorant un enfant ; le vainqueur plaça dans ses armoiries et légua à sa postérité ce monument de sa gloire (2). Le récit de Paul Jove, s’il n’est pas plus vrai que l’autre, est au moins plus vraisemblable. | Aymon, comte de Corbeil, portait sur son
{a) Carlo Torre, Ritratto di Milano. page 253: (2) Paul Jov. in Vit. duod. vicecom. mediol. princip...
Prae fatio.
écu un dragon à deux têtes... On voit, dans une rue de Corbeil, un édit couvert qui aboutit à la rivière RENE là, suivant la tradition populaife , était jadis le repaire d’un dragon à deux têtes, l’effroi de la contrée ; le comte Aymon eut l’honneur d’en He pher (1).
Le lion, symbole de force ; décorait ordinairement la tombe des chevaliers. Sur la tombe de Gouffier de Lascours, on ÿ joint un serpent , symbole de la Prodeu, bientôt on voit dans ces représentations « une allusion évidente à une aventure merveilleuse racontée par les chroniques, et dans laquelle ce guerrier délivra un lion que poursuivait un dragon énorme. L'animal reconnaissant dats tacha à son bienfaiteur, et l’ acCOMpagnait partout comme un chien fidèle (2). » Observons qué c’est précisément l’aventure que prête à Renaud de Montauban, l’auteur du Morgante :
ce devancier de l Arioste se plut, comme lui,
(1) Millin. Antiquités nationales. tome tr. art. Saint Spire de Corbeil.
(2) N. Daillou. Monumens des différens âges observés dans Le département de la Haute-Vienne. page 359.