Le Jour du soleil; et la lune, quand « d’elle arrivera
3 « le Jour; et Saturne; et, à son rang (2), « Vénus ;
4. & Par les invocations énefjables (3) qu’a « trouvées le plus excellent des mages,
5. «Roi de la sept-fois-résonnante , connu « d’un grand nombre d'hommes.
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7. « Et (invoque) toujours, beaucoup, « et à part, le Dieu à la septuple voix. »
Le texte indique qu’il manque un vers; l’omission des noms de Jupiter et de Mars le prouve : mais je crois que ce vers était le troisième ou le quatrième, et non pas le
(1) Euseb. Praepar. evang. Nb. 1v.
(2) Héanc.
(3) Agleyamors.
2 Dès à
DES SCIENCES OCCULTES. 365 sixième. Oublié par Eusèbe, ou peut-être transposé d’abord par un copiste à la sixième place, et supprimé ensuite parce qu’il n’y formait aucun sens, il complettait les sept vers dont l’oracle était composé.
Cet oracle, nous le soupçonnons, ne diffère point de celui que, dans Lucien, Eucrate a entendu prononcer par la statue, ni de celui dont fait mention l'inscription que nous avons citée plus haut, et qu’elle présente comme émané de la nature méme, créatrice de toutes choses. Pour exprimer en paroles , le sens mystique attaché aux intonations sacrées des sept voyelles, Memnon devait s'expliquer dans les mêmes termes que l’oracle dont chaque vers nous a rappélé ce sens. Quoi qu'il en soit, voici un oracle en sept vers, qui prescrit de faire des invocations aux sept planètes , en observant le jour consacré à chacune d'elles. Malgré la perte d’un vers, il est évident que les invocations, comme les planètes et les jours de la semaine, devaient être au nombre de sept. Celui qui a trouvé (qui a institué) ce genre de culte, était le Roë (le directeur) de la sept fois re-
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scnnante : Langlès (1) prouve qu'Osymandias , nom du personnage auquel était consacrée la statue , signifie la vocale, la parlante ; nous retrouvons ici la même locution, mais elle indique de plus le nombre des intonations proférées par le colosse. L’oracle ordonne ensuite d’invoquer le dieu à la septuple voix : ce dieu, rapproché ainsi de la sept fois résonnante, est évidemment celui dont elle offre l’image, Memnon, emblème en ce sens, du monde solaire renouvelé, comme de l’équinoxe du printemps. Mais: quelles étaient les sept mvocations qu’il fallait répéter, suivant l’institution du Roi de la. sept fois résonnante ? Lies mêmes, sans doute , que celle-ci faisait entendre. Un ancien nous apprend que les prêtres égyptiens chantaient les louanges des Dieux, en répétant successivement les sept voyelles (2). La tradition conservée par J. Belot, dans sa Chiromancie, fortifie, nous l’avons vu, l’opinion qué les voyelles étaient consacrées aux planètes.
(1) Langlès. Dissertation, etc. pag. 198.
(2) Ibid. pages 231-234.
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Le mystère attaché à ce mode d’adoration expliqué l’épithète d’ineffables donnée aux
invocations, ét le silence que garde Eu-
crate Sur les paroles qu’il a entendues. La réligion des Hindous, celle des Parsis, et lislamisme méme consacrent certaines syllabes dont la prononciation équivaut à une prière , ét dont on ne doit point révéler la sainte efficacité.
Observons, en passant, que cette expression, le plus excellent des mages , ne désigne point Zoroastre, et ne doit pas faire supposer que la statue de Memnon fût la copie d’un colosse élevé à Bactres ou à Babylone. Le nom de mage a souvent été donné à des prêtres Chaldéens et même à des Égyptiens; il ne signifiait, pour les Grecs, qu'un homme consacré aux Dieux, inspiré par eux, et supérieur aux autres hommes par la science et par la sagesse. | |
IT. Les sons, dit Langlès (1), pouvaient être produits par une suite de marteaux dis-
posés le long d’un clavier, et frappant le
granit même, ou des pierres sonôres de la
(1) Langlès, Dissertation, etc. pag. 237.
nature de celles qui, depuis les siècles les plus reculés, servent à la Chine d’instru-
mens de musique (1). Était-il si difficile d’a-
dapter à ces marteaux une clepsydre, ou tout autre instrument propre à mesurer le temps, et monté de manière à les mettre en mouvement au lever du soleil? :
On peut aller plus loin ; on peut conjecturer que le secret, bien connu des anciens, de concentrer les rayons du soleil, fut le principe de tout le mécanisme. C'était ainsi, grace au soleil même, que, par une harmonie religieuse, la statue saluait le retour du Dieu auquel elle était consacrée allégoriquement et physiquement, comme remplissant l'office de gnomon (2) et comme offrant l’emblème de l’astre du jour à l’équinoxe du printemps (3). | |
La chaleur vive et prompte, obtenue par la concentration des rayons solaires, pouvait dilater assez une ou plusieurs verges métal-
” A + liques, pour mettre en action le clavier dont,
ra
(3) Tbid. pages 249 et suivantes,
(1, Langlès. Dissertation, etc. pages 235-236. (2) Zbid. pages 254-256.
| DES SCIENCES OCCULTES. 369 avec Langlés, nous Supposons l'existence.
Le colosse , tourné vers lorient, résonnait au contact des premiers rayons du soleil ,
et même, selon Philostrate, à l'instant où.
ls tombaïent sur sa bouche (1). Entre ses lèvres, ou à quelque autre point moins remarquable , mais également dérobé, par la hauteur de la statue , aux regards de l’obseryateur ; On avait pu pratiquer un orifice HCÉ Varmer intérieurement d’une lentille ou d’un miroir , en un mot, d’un appareil analogue à celui qui fait détonner les méridiens à canon. Le plus grand nombre des inscriptions gravées sur le colosse, placent l'audition de sa voix de la première heure à la seconde (2).
On a droit d’en conclure que , plus tard , les rayons Cessaient de tomber au point néces-
(1) Plin. Hist. nat. Lib, xxxvr. Cap 7. — Philostrat. De vit. Apollon. Kb. vr.-cap. 6,
(2) Langlès. Dissertation, etc. Une imscription, la xvre de
celles que cite Langlès (page 225) indique le commencement
de la 3e heure; une autre, la xrre (page 223), parle de
l'heure qui précède la x'e, « hord diei ante primam. » L'ex-
pression est probablement inexacte, à moins que les prêtres
n'aient eu, cette fois, quelque motif pour produire le miracle avant le lever du soleil, Supercherie que facilitait l'obscurité.
EI. ne ‘1424
saire pour déterminer la miraculeuse har-
monic.
Cette explication est sujette à plus d’une
difficulté. Langlès suppose que le colosse
proférait sept sons successifs : Strabon n’en a entendu qu’un seul, et la plupart des inscriptions n’en annoncent pas davantage ; deux seulement (1) font mention de deux sons successifs, dans l'intervalle de moins d’une heure. D'ailleurs, quels témoignages pouvons nous invoquer ? Ceux d’observateurs qui n’ont entendu la voix merveilleuse que depuis l’époque où la statue fut. renversée, sans qu’on l'ait jamais relevée : la position de sa partie supérieure avait donc cessé d’être la même; le soleil ne donnait plus, à son lever, sur le point originairement déterminé ; supposée juste à une époque, l'explication se trouve donc insuffisante pour l’autre.
Ce n’était plus, en effet, à l'instant précis du lever du soleil, que les rayons lumineux rencontraient le point où nous supposons
(1) La seconde et la sixième. Langlès. Dissertation, etc. pages 218 et 220. AA
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qu’ils agissaient sur le mécanisme. Aussi la voix ne résonnait-elle pas à un instant fixe : mais irréguliérement , de la première heure à la seconde; on l’a entendue après la seconde heure, et même à la troisième. Ces variations, rapprochées de l'audition de deux sons successifs et du passage de Juvénal qui semble dire qu’il s’en produisait plusieurs, affermissent plus qu’elles ne l’ébranlent ; l'explication de Langlés. Admettons un mécanisme composé de sept pièces principales , que le soleil levant mettait toutes en Jeu, avant le déplacement et la mutilation de la statue. Depuis cette catastrophe, ce ne devait étre que trèsrarement et par une sorte de hasard, que s’opérait le miracle complet. Quelquefois, et sans doute à certaines époques de Pannée, le soleil avait le temps d’échauffer successivement deux des verges métalliques ; et l’on entendait deux sons à quelque distance l’un de l’autre ; plus souvent il n’en pouvait échauffer qu’une, et le son produit était unique.
Tout ceci, nous l’avouons, est purement conjectural, et tomberait de soi-même , si l’on reconnaissait que , ni dans le colosse , ni
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bille :
dans sa base , il n’existait dé cavité propre à recevoir le mécanisme dont nous supposons l'existence. Dans ce cas seulement, là merveille deviendrait plus grande : il nous serait difficile de limiter ; et plus difficile encore de lui assigner pour cause üne supercherie répétée tous les matins, au jour, en plein air, au milieu des curiéux qui se présentaient en foule pour en être les témoins , et cépéndant jamais découverte. |
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