‹ Des sciences occultes, ou, Essai sur la magie, les prodiges et les miraclesChapitre 8 sur 55 · AVERTISSEMENT DE L AUTEUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L AUTEUR

ont paru plus lard, des idées et des explications que je suis aujourd’hui en droit de reproduire, puisque dès lors elles m’appartenaient. Loin de m’abuser d’ailleurs sur l’insuffisance de ce premier essai, je l’ai refondu en totalité et retravaillé à plusieurs reprises, en m’aidant des conseils d’hommes instruits et bienveillants. A leur tête vient se placer l’ami à la mémoire de qui est dédié mon ouvr*age : un laps de plus de seize années ne m’a point fait per dre le souvenir de ce que j’ai dû à ses lumières, non plus que le regret de son amitié et de ses vertus,

La première édition de ce livre, publiée en 1829 (1), ne se trouvant plus dans le commerce, j’ai dû, avant d’en faire paraître une seconde, profiter des critiques qui m’ont été adressées, et des observations nombreuses que m’ont fournies de nouvelles études. La théorie qui m’a guidé est restée la même ; je la résume en peu de mots : V Quand l’invraisemblance d’un fait est la principale objection que l’on oppose à sa réalilé, les témoignages qui l’attestent reprennent toute leur valeur, si l’on parvient à établir que l’invraisemblance n’est qu’apparente. Peut-on avec succès tenter une pareille épreuve sur la plupart des prodiges et des miracles racontés par les anciens ? 11 est raisonnable, dès lors, d’admettre la vérité des faits et la justesse de leur explication, plutôt que d’arguer d’imposture des récits

(1) Je dois rappeler cette date : c’est en 1830 seulement qu’a paru, sur le même sujet, un ouvrage de M. Ferdinand Denis, intitulé Tableau historique des sciences occultes.

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dont les découvertes modernes nous ont fréquemment démontré l’exactitude. 2° Que la science autrefois, et surtout la science renfermée dans les temples, ait affecté de s’envelopper de voiles épais qui la dérobaient aux regards du vulgaire, c’est un fait incontestable. Qu’elle servît à opérer des œuvres merveilleuses propres à subjuguer l’indocilité et l’incrédulité des peuples, c’est une supposition si naturelle qu’on aurait quelque peine à la repousser, au moins par des raisons solides. Dans les récits merveilleux qui sont parvenus jusqu’à nous, on peut donc retrouver quelques-unes de ces connaissances mystérieuses : en suivre la recherche, c’est travailler à compléter l’histoire des sciences et l’histoire des hommes.

Paris, 1838.

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