OBSERVATIONS INÉDITES
AÀ,— Lésions de la muqueuse bucco-pharyngienne chez les mulates atleints de lupus de la face.
Os, IIT. — Scrofulide hypertrophique (éléphantiasique) des membres inférieurs. — Lupus de la face, — Lésions multiples de la muqueuse bucco-pharyngienne (tuméfaction mamelonnée, plaques laiteuses, ulcère atonique).
X..., 33 ans, 19, salle Saint-Victor, service de M. Lailler. (Notes prises le 28 mars 1874.)
À l’âge de 15 ans, à la suite d’engeiures, débute une affection chronique de la peau des membres inférieurs. S
À 18 ans, premier séjour à Saint-Louis, dans le service de M. Bazin. '
À 22 ans, adénites suppurées de la région cervicale.
À 95 ans, deuxième séjour dans le service de M. Bazin; la face est envahie par un lupus qui a détruit une portion du nez et déterminé un gonflement considérable des lèvres.
Actuellement, le malade a deux affections dictinctes au point de vue de leur siége et de leurs caractères extérieurs mais de même nature évidemment.
Les membres inférieurs présentent une tuméfaction éléphantiasique avec destruction des orteils et ulcérations diphthéroïdes.
La face est horriblemeut mutilée et déformée; depuis le mois de décembre 1873, la muqueuse labiale est ulcérée du côté droit aux lèvres supérieure et inférieure.
Dans les portions non encore ulcérées, la muqueuse est tendu, douce au toucher, tomenteuse, violacée et, en quelques points, opaline ou laiteuse.
Elle forme, sur la face postérieure de la lèvre inférieure, une
saillie discoïde constituée par une série de granulations confluentes, et dont le centre est exulcéré, pulpeux.
A droite, est une échancrure profonde sous forme d’un ulcère à bords festonnés du côté de la peau, à fond rugueux, jaunâtre, finement granuleux. À mesure que l’on se rapproche de ia commissure, on voit le fond se couvrir de saillies mamelonnées d’apparence végétante qui se prolongent jusque sur les gencives du maxillaire supérieur dont les dents sont tombées.
La muqueuse des joues est boursouflée; le long des arcades
dentaires se voient deux plaques laiteuses allongées.
En arrière du bord alvéolaire supérieur, sur la ligne médiane, est une ulcération triangulaire à base dirigée en avant, à fond jaune égal, sec en apparence et tout à fait atonique.
La muqueuse palatine est violacée, tuméfiée. La luette a presque complètement disparu ; elle forme, sur l’arcade rétrécie et asymétrique de l’isthme, un relief peu saillant, un peu dejeté du côté gauche ; nulle part il n'existe ni solution de continuité, ni ulcération même superficielle. Duty
Les piliers, violacés, mamelonnés, ont, à gauche, une disposition à peu près normale; à droite, les deux piliers présentent un écartement considérable ; l’excavation amygdalienne se montre presque de face ; l’isthme est rétréci de ce côté. Le pilier postérieur obliquement dirigé en arrière et en dedans, va se continuer avec la paroi à peu près normale du fond du pharynx.
Les amygdales ne sont visibles ni à droite, ni à gauche ; àdroite cependant on distingue au fond de l’excavation quelques inégalités qui semblent correspondre aux lacunes d’une amygdale très-peu développée.
Aucune douleur ni à la gorge, ni aux lèvres, la déglutition se fait normalement ; la voix est un peu nasonnée.
\ À la fin de mai, après deux mois de séjour, la tuméfaction des
lèvres a beaucoup diminué ; l’ulcération est en voie deréparation; :
la muqueuse de l’isthme est moins tuméfiée, mais l’aspect des parties profondes de la bouche est à peu près le même.
Oss. IV. — Lupus à marche rapide (forme cancroïdale).— Début par la gorge et les fosses nasales. — Adhérence complète du voile du palais au fond du pharynx.—Ulcère à bords indurés, végétants,renversés en dehors.— Amélioration considérable par les applications d’iodoforme.
B1... (L.), 19 ans, entrée Le 31 janvier 1874, Saint-Thomas, 98,
service de M. Vidal. (Notes prises le 28 avril, complétées avec l'observation recueillie par M. Percheron, interne de service.)
La malade est une jeune fille assez bien constituée en apparence, mais manifestement strumeuse. À 9 ans, elle eut une nécrose de l’un des tibias. À 15 ans, les ganglions du cou furent le siége d’un engorgement considérable, qui coïncidait avec l'apparition et les progrès d’une altération de la gorge.
À 18 ans, des fragments d’os de la voûte palatine et des fosses nasales s’éliminent par les pertes de substance de la voûte palatine. Le lupus envahit la lèvre supérieure. Une double tumeur lacrymale vient de se produire. C’est dans ces conditions que la malade entre pour la première fois dans le service de M. Vidal, en mai 4873.
Au mois de novembre, elle quitte l’hôpital, la lèvre supérieure un peu échancrée mais cicatrisée.
En décembre survient un érysipèle de la face, et, durant la convalescence, l’ulcération se reproduit à la lèvre (19 janvier 4874).
A l'entrée de la malade, on constate tout d’abord une large perte de substance de la lèvre supérieure qui est très-épaissie et coupée obliquement d’avant en arrière; le fond de l’ulcère est jaunûtre, assez égal, les bords ne sont pas renversés, mais toute la surface est dure comme celle d’un chancre infectant; les gencives sont fongueuses ; le voile du palais et les piliers forment des brides cicatritielles qui vont adhérer au fond du pharynx; le nez est déprimé. l
a malade est immédiatement soumise à un traitement par l'huile de foie de morue et l’iodure de potassium (2 gr. par jour); l’ulcération est cautérisée avec le caustique Filhos.
Lors de la chute de l’eschare (9 février), les bords de l’ulcération commencent à se déjeter en dehors.
Le 9%, cette disposition est si accusée qu’elle simule le cancroïde ulcéré. Un fragment excisé des bords de l’ulcération esi examiné au laboratoire du Collége de France ; il ne présente pas les caractères du cancroïde.
La surface végétante est cautérisée à plusieurs reprises avec le chlorate de potasse.
Quand j’examinai la malade, au mois d’avril, la région nasolabiale présentait une vaste perte de substance triangulaire qui, de la sous-cloison, s’étendait aux deux commissures labiales. Deux surfaces obliques en arrière et en dedans, couvertes de croûtes