‹ Des seconds mariagesChapitre 3 sur 76 · ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉ

tentions du mari peuvent encore ulicr plus loin. Souvent il exige que celle qu'il choisit pour épouse lui appartieuiiey non seulement de son vivant, mais après sa mort. La croyance à une autre vie est presque universelle dans la race humaine ; et comme l'homme suppose que cette vie ressemble à la nôtre, que les besoins y sont les mêmes qu'ici* bas, il désire qu'une partie de sa propriété, y compris sa femme, soit enterrée avec lui pour le suivre. Aussi plusieurs peuples primitifs n'admettent-ils pas que la veuve survive à son époux.

Quand les exigences du inari sont moins rigoureuses, la veuve n'est pas exempte pour cela de tout devoir posthume. Tantôt le second mariage lui est absolument intcrilit. Tantôt elle est obligée d'attendre, pour se remarier, un temps plus ou moins long consacré au deuil.

Telles sont les idées qui, dans l'antiquité, dominent la législation des seconds mariages et expliquent les contradictions apparentes qui s'y rencontrent. On ne se préoccupe nullement de l'aspect moral et pratique de la question. On ne s'inquiète pas davantage de l'intérêt des enfants du premier lit qui, plus tard et surtout dans les temps modernes, sous la grande et féconde influence du christianisme^ passera au premier plan. Il s'agit uniquement, d'une part, d'ompècher l'extinction de la famille, d'autre part, de sauvegarder la sainteté du mariage et le droit d'exclusive propriété du mari sur sa femme. Suivant que la religion et les mœurs attachent plus d'importance au premier point de vue ou au dernier^ les secondes noces sont favorisées ou au contraire entravées. Nous allons voir comment la question a été résolue dans l'Inde, dans la Judée, dans la Grèce et chez les peuples de l'Afrique.

femmes entre les membres d'une même famille. Cette théorie vient d'être pomlialtue el, à noire sens, réfutée par Westermarck, op. cit. p. 51 et s.

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