DES SECOURS AUX MALADES EN PARTICULIER
Depuis longtemps le problème de l'assistance dans les commune rurales préoccupait, à juste titre, les auteurs et les pouvoirs publics. On voyait, avec raison, dans l’absence de secours aux populations agricoles l’une des causes les plus sérieuses de la dépopulation de nos campagnes, et la plupart des programmes électoranx indiquaient le mal, sans qu’on se résolût définitivement à y porter remède. Enfin la question vient de recevoir, il y a quelques mois, au moins en théorie, une solution partielle. Le 5 juin 1890, le gouvernement, par l'organe de M. Constans, Ministre de l'Intérieur, présenta un projet de loi sur l'assistance médicale gratuite, longuement müûri dans les bureaux et dans les commissions spéciales. Le 23 janvier 1892, M. Emile Rey déposait son rapport à la Chambre, mais l’on arrivait bientôt à la fin de la législature ; la procédure défectueuse de nos assemblées parlementaires rendant caduques tant de propositions intéressantes, on dut sehâter pour aboutir ; la loi, qui porte la date du 15 juillet 4893, fut votée presque sans
discussion, dans les deux Chambres, et après deux délibérations, qui occupèrent à peine plusieurs séances. Le texte se ressent de cette précipitation ; déjà l’'application se hérisse de difficultés sans nombre, à tel point qu'un membre du Parlement, M. Vacherot, vient de présenter à la Chambre une proposition tendant à faciliter l'exécution de la loi du 15 juillet 4893. C'est le plus mauvais éloge qu’on en puisse en faire, et l'on ne s'étonñéra plus dès lors, quand nous dirons que la réforme sans doute existe en théorie, mais qu’en pratique elle est loin
de s’accomplir.