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dans l’article 9 de son projet nous lisons : Il sera créé dans chaque canton un comité chargé, sous l'autorité du préfet, et la surveillance du Conseil général, de l’organisation, de la direction et de la surveillance de l’Assistance publique." L'article 10 est ainsi conçu : Les attributions de ce comité sont de faire la répartition des fonds mis à sa disposition par l'État, le département, les communes et les particuliers, de provoquer l'organisation de comités de secours pour les communes où le besoin s’en ferait sentir, et la création des établissements et institutions qui ont pour objet l'assistance publique, de surveiller l'administration des comités de secours et de ces établissements, de donner son avis sur les budgets et comptes, de donner son avis sur l’accepüon des dons et legs faits aux divers établissements placés sous sa surveillance, ete. On le voit, ces conseils cantonaux auraient eu des pouvoirs assez élendus et principalement ils auraient centralisé les fonds pour les répartir entre les indigents des diverses communes.
Comme le projet spécial de M. Dufaure, tous les pro- Jets généraux présentés sur une organisation cantonale à faire auraient eu le même résultat. Nous ne pouvons entrer dans le détail de ces projets; nous avons voulu seulement signaler le remède qu’ils apporteraient au mal résultant d’un état de choses malheureux.
Que si l’on recule devant une réforme aussi radicale, un des meilleurs projets, à notre avis, serait la formation d’un fonds commun, permettant, suivant la résolution du Congrès, aux communes et paroisses les plus riches de venir en aide aux communes et aux paroisses les plus pau-
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vres. Dans un article de M. Clémenceau, Le Milliard des indigents, article reproduit à la page 70 de son livre : La Mèlée sociale, nous trouvons à ce sujet des détails fort intéressants, et fortinstructifs, et il s’en dégage cette morale que certains bureaux de bienfaisance font des économies, tandis que des communes sont absolument dépourvues de toute institution de secours publics (près de 16,000 sur 36,000) et que d’autres ont des ressources si faibles que leurs bureaux de bienfaisance n'existent, pour ainsi dire, que nominalement. D’après M. Clémenceau, les établissements de bienfaisance ont vu leur fortune s’accroître en proportion inverse de leurs besoins. « Inutilement riches dans les pays prospères où il n’y a que peu d’indigents à secourir, ils sont privés de toutes ressources dans les régions déshéritées. » Si l’on additionne les seuls revenus des biens des bureaux de bienfaisance, ce qui n’est qu’une partie de leurs recettes, nous trouvons en 1889, un chiffre respectable de 15,747,753 francs. Avec une pareille somme on pourrait soulager bien des misères. Or que fait-on ? On place en rentes et en immeubles le bénéfice des bureaux, qui perçoivent de gros revenus, on thésaurise, quand on devrait tout distribuer, et on économise, non-seulement tous les revenus, mais même une grosse fraction des autres recettes, car le total des placements s’est élevé, pour 4889, à 27 millions. On a relevé seize départements, dans lesquels la dépense totale des bureaux est inférieure à la moilié de la recette. Et il y a même des départements dans lesquels les placements ont été supérieurs à la dépense totale. L’Ariège place 518,473 francs pour (e l 2
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üne dépense de 410,271. La Gironde place 5,481,647 fr. pour une dépense de 605,743 francs.
Ces faits se passent de commentaires, et la conclusion s’impose ; il faut fonder un fonds commun entre toutes les communes. C’est la voie qu'on n’a malheureu-
sement pas suivie en 1893.
30 Secours à domicile et secours hospitaliers
Si la commune (ou le canton) doivent trouver Les fonds nécessaires pour secourir (tout au moins) leurs indigents infirmes, le législateur doit s’ingénier à rechercher le système d'assistance le plus économique; les ressources de ces circonscriptions peu étendues se trouvant par làmême, et quoi qu'on fasse, fort limitées. A ce propos,nous trouvons dans l’opuscule du D' Balland, réorganisation des secours à domicile, des renseignements fort intéressants. « Au point de vue économique, il y a, dit cet au= teur, un avantage considérable en faveur des secours à domicile sur l'hôpital. En voici un exemple saisissant : L'hôtel-Dieu et l'hôpital Lariboisière ont coûté, paraîtil, ensemble, 70 millions, pour 1,900 lits, soit une rente de 3,500,000 francs. Si l’on compte pour l'entretien d’un lit la somme de 1,200 francs par an (c'est le chiffre des statistiques officielles), on obtient la somme de 2,280,000 francs pour les 1,900 lits, ce qui, avec la rente du capital, donne 5,780,000, ou 3,042 francs par lit et par ans (8,36 par jour). (L'auteur compte au taux de 5 0/0. En prenant celui de 3 0/0 nous avons un chiffre de plus de 6 francs
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par jour). Dans la plupart des sociétés de secours mutuels, les malades n’ont que 2fr. au maximum et souvent même ils ont à leur charge les médicaments. » La même opinion é6st exprimée par M. Rey, dans une proposition récente sur l'assistance à donner aux vicillards et aux infirmes (n° 1193 de la 6° législature). « Pendant long: temps on ne s’est presque exclusivement occupé que de l'assistance hospitalière. [semblait qu’il n’y avait d’autre moyen de venir en aide aux malheureux invalides que de les recueillir dans de vastes établissements dont quelques-uns sont de véritables palais. On dépensait ainsi des sommes énormes pour leur construction d’abord et pour leur nombreux personnel avant de pouvoir rendre le moindre servicé aux infortunés, auxquels ces richesses devaient revenir. Il en résultait que la plus grande partie du patrimoine des pauvres était dépensée inutilement, perdue sans retour, et qu'il fallait d’ims menses ressources pour secourir un très petit nombre d’entre eux. À Paris, par exemple, chaque pensiônnaire d’hospice revient à 900 francs ou 1,000 francs par än, même sans compler les frais de premier établissement, et il est rare que, dans les villes les plus favorisées, la dépense descende au-dessous de 500 francs. Or, avec moins de 200 francs, il est possible d'entretenir un vieil: lard à domicile, soit dans sa famille, soit chez des parents et amis. »
Ce ne sont pas seulément des motifs budgétaires qui nous font donner la préférence aux secours à domicile (quand il s'agit d'assistance, des considérations de cette
sorte ne doivent pas tenir le premier rang). Mais nous