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blie, et le respect des parents, qui enseigne tous les autres respects, serait appris dès le berceau. »
Pour le vieillard, pas de doute possible ; pour le malade, soyons moins exclusifs, et reconnaissons que si l’on se trouve en présence d’une grave opération à pratiquer, d’une opération qui réclame un ensemble de soinsbien difficiles à rencontrer dans une chaumière qui nécessite une installation spéciale et des instruments compliqués, l'hôpital devra maintes fois être considéré comme une ressource indispensable. Et nous trouverions fort injuste, surtout à l'heure actuelle, le réquisitoire dressé par M. de Ranse, contre le secours hospitalier. Dans un travail, publié en 1871, et portant comme titre : Réorganisation de l'assistance publique, cet auteur entasse comme à plaisir les reproches les plus violents contre nos hôpitaux, el son étude se résume en deux propositions : Les maladies sont généralement plus graves à l'hôpital qu’à domicile; des malades entrés à l'hôpital avec une maladie légère succombent parfois à une affection plus grave qu'ils y ont contractée. Mais s'il y a, dans la forme, grande exagération, on trouve, au fond, dans ces paroles, une grande part de vérité, surtout pour l'habitant des campagnes. En dehors de quelques cas particuliers, maladies épidémiques, opérations chirurgicales, le séjour « dans une salle » peut avoir la plus funeste influence sur des individus habitués au grand air et à la liberté des champs. La vue de ses compagnons de dou- : leur attriste l’homme qui souffre ; le régime quasi-militaire et disciplinaire auquel on le soumet le fait rompre trop brusquement avec ses habitudes d'antan. Au dé-
vouement payé de l'infirmière, il compare les consolations de son entourage, les petits soins de sa famille ; au silence morne du logis de la douleur, le bruit des travaux agricoles et les commérages des voisins. Îl regrette sa chaumière délabrée, son réduit obscur, son pauvre grabat et, dans l’effrayante monotonie de l'édifice construit à grands frais pour l’abriter, il s'éteint sans essayer de lutter moralement contre les souffrances physiques ; le dégoût de la vie qui l’étreint lui fait espérer la mort qui le délivre. Aussi les classes pauvres en général et les populations rurales en particulier ont-elles pour l’hôpital une répulsion marquée et le mot même leur fait horreur.
De ces faits, que résulte-t-il ? Evidemment que l’assistance à domicile s'impose et qu'en dehors d’hypothèses bien déterminées, pour les maladies exigeant des soins tout spéciaux et certains vieillards sans famille, partout elle doit remplacer l'assistance hospitalière.
C'est en ce sens que le législateur a statué, en organisant le service d’assistance médicale, et c’est la tendance générale actuelle qui ne peut qu'être approuvée.