‹ Des sociétés animalesChapitre 12 sur 75 · HEGEL · texte numérisé non relu

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l'organisation par parties. La famille en est le germe : la société civile montre ce germe développé ; mais il n'atteint son achèvement que dans l'Etat, supérieur à la société civile.

Tout d'abord Tindividu sort de soi par Tamour. Dans l'union qui en résulte, les deux sexes prennent conscience d'eux-mêmes comme parties d'untout unique; mais cette abdication de leur indépendance, loin de les diminuer, les accroît, en les élevant à la conscience d'eux-mêmes comme espèce. L'espèce en effet, ou le genre, est plus réelle que l'individu. Le mariage, fondé sur le rapport sexuel, dépasse de beaucoup ce lien sensible et temporaire par la confiance réciproque, par le partage des sentiments, par Téducation en commun des enfants, et revêt ainsi une haute signification sociale. Mais cela n'est possible que par la communauté des biens et la permanence de Tunion, par conséquent par un contrat : c'est par là que le mariage suppose l'intervention de la société civile. •

On est encore conduit à celle-ci par la considération des enfants issus de la famille. Ils foui d'abord partie intime de la famille. Ils sont l'amour mutuel des époux, devenu de subjectif objectif, c'est-à-dire extérieurement réalisé et vivant. Mais bientôt l'unité de la famille se rompt. L'individualité des enfants se sépare de celle des parents, se pose même en face de la leur. De plus chacun s'oppose aux autres et veut vivre pour soi. Us resteraient à l'état de dispersion et d'isolement sans le besoin qui les unit. La satisfaction des exigences les plus pressantes du besoin amène un progrès d'intelligence et celui-ci rend possible la division

o4 INTRODUCTION IIISTOHIQUE

du travail, par où la dépendance de l'individu vis-àvis dé la société se trouve solidement établie. Il y gagne en revanche une valeur nouvelle par sa participation à une production plus abondante de richesses et d'idées, surtout par l'estime et la dignité que lui vaut son travail, utile à tous. La conscience généralisée des rapports réciproques de ces individus, dans le travail et la possession, fonde la loi. Il y a des lois dans tout être de nature^ les animaux aussi bien que les astres. Mais ces lois ne sont pas connues de ceux qu'elles régissent. Au contraire la loi pour Thomme n'existe qu'autant qu'elle est à quelque degré connue de lui. Elle est en lui à la fois idée et mode essentiel d'existence.

Cependant, en raison de leur généralité même, les lois ne peuvent tout prévoir ; le conflit des intérêts exige Tintervention d'une force collective supérieure. D'ailleurs l'intérêt est toujours égoïste ; il faut que des sentiments plus puissants obligent les individus à sortir d'eux-mêmes en vue d'un grand objet qui les unisse tous : sans quoi la société, née des besoins, va se dissoudre. Cette force coercitive et cet attrait se trouvent dans l'Etat. « Il est la substance sociale arrivée à la conscience d elfe-même {Philosophie de respritj trad. Vera, vol. II, p. 319). » Sa fin est plus haute que celle de Tassocialion civile. Dans celle-ci les individus peuvent encore poser leur intérêt comme but de l'action commune, d'où il suit que le lien commun est arbitraire et dépend de ceux qu'il unit. Ici l'union à elle seule et pour elle seule est la fin; conserver la famille, maintenir les droits de l'associa-

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