ANNÉLIDES
une fois éclos, se développent à l'abri de la coquille maternelle et ne la quittent que lorsqu'ils sont prêts à se fixer et munis eux-mêmes d'une coquille. Les Tarets portent leurs œufs collés en anneaux autour de leur corps. Les colimaçons les déposent fréquemment dans la terre humide ou dans quelque trou d'arbre. Enfin les Céphalopodes les fixent par grappes aux plantes marines. Mais tous les autres Mollusques abandonnent leurs œufs aux hasards des circonstances; leur nombre immense les préserve seul d'une destruction totale.
Parmi les AnnéUdes, les sangsues terrestres forment autour de l'extrémité de leur corps fixée au sol une sorte ^e gaine où elles laissent leurs œufs. En dehors de cet exemple, nous constatons dans toute cette classe, comme à plus forte raison dans celle des Helminthes, une indifférence universelle des parents pour leur progéniture. Les Crustacés portent leurs œufs pour la plupart sousleurqueuejusqu'àl'éclosion. Mais ces diverses classes d'animaux sont de beaucoup inférieures pour la fonction qui nous occupe à celle des araignées. Si le mâle reste encore ici étranger aux préoccupations ma-
depuis. M. Perrler a bien voula nous faire savoir qu'il doit ôlre reslreinl aux Cribrelles. Nous devons à son obligeance rindicalion des faits suivants: En ce qui concerne les Mollusques, les Pedicellioes (Bryozoaires), le- TJiéridies (Brackiopodes), les Anodontes (Acéphales) couvent véritables meut leurs œufs. Parmi les Gastéropodes, les Cymbrioes, certaines Hélix sont vivipares. — Les Janthries construisent pour leOr progéniture un curieux flotteur. — Les Troques agglutinent à leurs œufs du sable fin qui les dissimule d'une manière remarquable. — Quelques-uns ont une véritable industrie; certains Troques agglutinent à leur coquille tout ce qn*iU trouvent autour d'eux ; les Limes (Acéphales) se construisent une sorte de nid...
3i4 SOCIÉTÉS DOMESTIQUES MATERNELLES
ternelles, il eu est de même chez la grande majorité des insectes : ce que les araignées nous permettent d'observer n'est pas très fréquent même chez eux : la femelle continuant ses soins aux œufs longtemps après la ponte, les enfermant dans une boule de fils en forme de cocon, les portant partout avec elle ainsi enveloppés, et prenant la peine, au moment précis de Téclosion, de délivrer les jeunes un à un de ce berceau qui, sans elle, leur deviendrait une prison. La Nemesia Eleanora (Moggridge) vit même quelque temps dans son nid à trappes, avec ses petits, au nombre de vingt-quatre à quarante-un.
Nous arrivons aux insectes proprement dits. Nous avons cité quelques Orthoptères dont une espèce offre Texemple d'une sollicitude analogue à celle de la poule pour ses poussins. Les Acridiutn et les genres voisins, qui sont les plus remarquables de Tordre, déposent leurs œufs en paquets dans la terre où ils creusent un trou peu profond qu'ils recouvrent ensuite quand la ponte est finie. Le reste de Tordre n'offre rien de particulier à signaler. Les Termites exceptes, les Névropteres se contentent de déposer leurs œufs dans Teau où doivent se développer leurs larves. Les Hémiptères aquatiques font de même ; d'autres ont des tarières (cigales) avec lesquelles ils introduisent leurs œufs dans le bois mort. Les cochenilles (Coccus) fout de leur corps une sorte de toit qui recouvre les œufs et les protège contre l'intempérie des saisons; une espèce enfin, la Petitatoma grisca, mérite une mention spéciale. <( Elle ne couve pas, il est vrai, ses œufs, et ne protège pas ses petits de son corps comme la Forficule,