INDUSTRIE
mun est en quelque sorte son corps: l'un n'est que la traduction matérielle de Tautre, et l'instrument raconte la fonction aussi fidèlement que l'organe. On peut même aller plus loin et soutenir que l'instrument est organe, dans le sens plein du mot,car la fonction qu'il est dostiné à servir, fonction vitale pour la communauté, subit toutes les altérations, profite de tous les accroissements que les circonstances lui apportent. La domestication masque cette vérité pour les abeilles ; elle reste facilement vérifiable en ce qui concerne l'appareil d'élevage des fourmis. En résumé l'industrie n'est donc que l'élaboration de l'organisme social et, comme tout organisme, elle est l'expression exacte de la fonction ; elle est la fonction visible. L'art nous apparaît de ce point de vue dans le règne animal comme une extension de la vie,
et Tun et l'autre doivent être régis par les mêmes lois. Une seule différence essentielle distingueleurs œuvres; elle résulte de ce que les œuvres de l'un sont le produit d'une intelligence plus ou moins consciente, tandis que les œuvres de l'autre sont le produit d'une force inconsciente, bien qu'il y ait sans doute encore quelque intelligence en elle. Cette différence, la voici : l'organe, comme par exemple la coquille du Mollusque, le fourreau delaSerpule,le tégument de l'insecte, est composé
d'éléments matériels dont le nombre comme l'arran-
gement est indéterminé, ou plutôt indéterminable (ce qui revient au même pour nous) ; — et c'est ce qui faisait dire à Leibnilz que toute matière vivante enveloppe un infini actuel, — tandis que l'instrument est composé de parties en nombre défini dont Tagencementpeut être compris dans un système limité dldées.
356 SOCIÉTÉS DOSfESriQUES MATERIELLES
Seulement cette différence s'évanouit a mesure que le microscope aidé du calcul nous découvre la formule des structures organiques les plus délicates.
Examinons maintenant une à une les sociétés sur lesquelles nous venons d'émettre les considérations générales qui précèdent; nous le ferons brièvement, car notre but est plutôt de les interpréter que de les faire connaître, et nous nous contenterons d'attirer l'attention chemin faisant sur les faits les plus propres à élucider la théorie.
Il est difficile de fixer le rang que doivent occuper les unes par rapport aux autres les sociétés d'hyménoptères ; elles ne forment pas une série linéaire, mais des séries divergentes douées d'attributions malaisément comparables. Nous rencontrons d'abord les Anthophores qui vivent à côté les unes des autres sans entretenir aucun commerce entre elles. L'observateur qui les étudie n'a à redouter que celle qu'il moleste. Viennent ensuite les Andrénides (genres Halictes et Panurge) que Ton rencontre quelquefois seules, quel- «luefois établies au nombre de 8 à 10 dans un même nid, pourvu d'une entrée unique. L'entrée seule estelle commune, ou bien lenidrest-il aussi? est-il édifié en commun? c'est ce qu'on ignore. Reconnaissons, en tous cas, que les deux dispositions sont voisines et que Tune peut aisément conduire à Tautre desinsectes dont le genre de vie ne suscite, entre les divers individus, (juc de rares occasions de rivalité. Immédiatement après se présentent les espùces à neutres qu'on peut considérer, pourétablir entre lesfuits un lien théorique,
GUÊPES âS7
comme constituées par des femelles nidifiant en commun chez la plupart desquelles les organes sexuels se seraient atrophiés (1), mais qui auraient gardé leurs habitudes d'architectes et de nourrices. Deux séries commencent ici à diverger, celle des Apiens et celle des Vespides. Cette dernière paraît, dans son ensemble, un peu inférieure à Tautre, caria division du travail y est portée moins loin, et en Europe, les sociétés sont moins durables, elles ne vivent qu'un an. En revanche, le nid est généralement d'une architecture plus complexe, bien que les Mélipones, qui sont des Apiens, suspendent aussi leurs nids aux arbres et les entourent aussi d'une enveloppe. Quoi qu'il en soit, commençons par les Vespides.
Les sociétés de Polistes construisent un nid dépourvu d'enveloppe, comprennent un petit nombre d'ouvrières (15 à 20) et ne durent qu'un an. Le miel qu'eHes produisent ne parait pas servir. Cependant elles ne se bornent pas à la fabrication de ce nid en forme de coupe que Ton voit fréquemment attaché aux plantes ; quelques-unes, observées à Dijon par M. Rouget (2), établissent leur demeure dans l'intervalle des laves, sur les toits des murs de clôture, obtenant ainsi un abri plus sûr et plus chaud; elles sont aussi plus nombreuses et plus actives; d'autres, observées également à Dijon par le même naturaliste, ont eu la pensée d'utiliser pour leur nid de vieilles timbales et des cafetières
(1) Cette atrophie a pu proyenir soit de la rareté des mâles, soit de l'impossibilité de nourrir la progéniture de tant de femelles fécondes réunies, etc.
(2) Mémoires de l' Académie de Dijon, 1872-73, Coléoptères parasites des Vespides.
l>ç>ssaé>srs, jetb££ {.d^TBii ks îrT.Tfôaikes, habitudes qui ufAA éU r€^i:i4»cîtrée§ nulle po^rt ailleurs, variatioDs touîcrs IjO^ ic l'iikftiiict. De Lk^ îi:us passons naturdiecù^rut à la fois aux guêpes qui fi>iil leur uid dans la terre eu reu^îrou-ai^t de iLoosie. les unes normalemeot (l'etpa luljarut. les autres accideutellement ( V. crabro et Vapa fyheitriêi, et à celles qui le suspeudeut; soit aux arfcres« soit au Lord des toits et le garautissseDt également d'une couche papyracée. Certains Polisles joignent un second rang au premier , les guêpes font ordinairement ainsi, liant (complication nouvelle; les rayons l'un à Tautre par des piliers qui les consolident. L'enveloppe des nids terrestres, d'à* bord simple, devient elle-même plus complexe à mesure que la colonie augmente, et se compose de plusieurs couches. La division du travail est poussée assez loin dans les sociétés des guêpes frelons (Vespa crabro) qui nous montrent pour la première fois certains individus occupés exclusivement à veiller pour le salut commun. Le nid est gardé par des sentinelles qui veillent aux abords, rentrent lors du danger et avertissent les guêpes qui sortent en colère et piquent les agresseurs. Nous verrons ce fait se reproduire dorénavant dans toutes les sociétés organisées. Examinonsle un instant ainsi que d'autres particularités oiTertes par les mœurs des Vespides.
Première question : comment les sentinelles peuventelles avertir leurs compagnesde la présence d'un ennemi? Disposent-elles donc d'un langage assez précis pour communiquer des renseignements? On ne voit pas les guêpes se servir de leurs antennes pour se
communiquer leurs impressions d'une manière aussi délicate que les fourmis; mais, dans le cas donné, tout langage précis leur est, comme on va le voir, inutile. Il suffit, pour Texplication du fait, que nous concevions comment une émotion d'alarme et de colère se communique d'unindividuàrautre. Chaque individu, remué soudain par cette impressioji rapide, s'élancera au dehors et suivra l'élan général; il se précipitera môme sur la première personne venue, de préférence sur celle qui fuit. Tous les animaux sont entraînés par l'aspect du mouvement. Il ne reste donc plus qu'à dire comment les émotions se communiquent à toute la masse. Par le seul spectacle, répondons-nous, d'un individu irrité. C'est une loi universelle dans tout le domaine de la vie intelligente, que la représentation d'un état émotionnel provoque la naissance de ce même état chez celui qui en est le témoin. Au-dessous des régions où commence l'intelligence, il faut que les circonstances extérieures agissent isolément sur chaque individu d'une manière simultanée pour qu'il y ait accord dans les impressions, ressenties ; mais, dès que la représentation est possible, il suffit qu'un seul soit ébranlé par les circonstances extérieures pour que tous le soient également presque aussitôt. En effet, Tindividu alarmé manifeste extérieurement son état de conscience d'une manière énergique; la guêpe, par exemple, bourdonne d'une manière significative correspondant chez elle à un état de colère et d'inquiétude ; les autres guêpes l'entendent et se représentent ce bruit : mais elles ne peilvent se le représenter sans que les fibres nerveuses qui, chez elles, le produisent d'or-
dinaire, ne soient plus ou moins excitées. Ccstun fait psychologique facile à observer chez les animaux supérieurs que toute représentation d'un acte eptraine un commencement d'exécution de cet acle ; la chèvre à <iui on présente un morceau de sucre, le cliien à qui on présente un morceau de viande, se lèchent les lèvres et salivent aussi abondamment que s'ils l'avaient dans la bouche. L'enfant et le sauvage miment la scène qu'ils racontent. Et M. Chevreul a montré qu'en l'état de repos parfait il suffit qu'un homme adulte, un savant, d'esprit rassis, ait l'idée d'un mouvement possible de son bras pour que ce mouvement commence à s'effectuer, même à son insu. Nous ne pensons pas seulement avec notre cerveau, mais avec tout notre système nerveux, et l'image, envahissant d'emblée, avec le sens qui perçoit, les organes qui correspondent d'ordinaire à la perception, y provoque inévitablement des mouvements appropriés qu'un contre-ordre énergique peut seul parvenir à suspendre. Plus la concentration de la pensée est faible, plus les mouvements nés de cette sorte suivent impétueusement leur cours. Nos guêpes voyant l'une des leurs entrer dans le nid, puis en sortir d'un vol rapide, seront donc elles-mêmes tirées au dehors, et au bruit produit par elle, leur bourdonnement répondra à l'unisson. De là une effervescence générale de tous les membres de la société. Et celte agitation ne sera pas un vain semblant de colère ; Tctat émotionnel suit les actes qui rexprinient, alors même (jue ces actes sont des démonstrations toutes fictives. De même que Thomme qui tient un fleuret dans un assaut courtois s'anime au jeu et éprouve quelque
chose des sentiments qu'il aurait dans une véritable lutte, de mêrae que le sujet magnétisé passe par tous les états correspondant aux postures qu'on lui fait prendre, s' enorgueillissant quand on le dresse, s^humiiiant quand on l'accroupit, de naôme les animaux éprouvent rapidement les émotions dont ils reproduisent les signes extérieurs. Le singe, le chat, le chien en viennent vite, en simulant le combat dans leurs jeux, à une véritable colère, tant il y a de connexion entre les acteset les attitudes qui expriment d'ordinaire un état de conscience et cet état de conscience luimême, tant ces deux moitiés d'un seul et même phénomène s'engendrent facilement Tune l'autre. Les guêpes seront donc toutes au bout d'un instant, non seulement agitées et bruyantes, mais véritablement irritées.
J'ajoute que cette colère croîtra avec leur nombre. Les effets du nombre sur les êtres vivants sont très singuliers. On sait maintenant que l'homme isolé ne sent ni ne pense comme le même homme transporté au sein d'une foule ; et c'est une observation souvent répétée par un célèbre critique qu'authéâtre la réunion seule des spectateurs les rend tout autres qu'ils ne seraient chacun en leur particulier. Examinons ce qui se passe dans une assemblée devant laquelle parle un orateur. Je suppose que l'émotion ressentie par lui puisse être représentée par le chiffre 10 et qu'aux premières paroles, au premier éclat de son éloquence, il en communique au moins la moitié à chacun de ses auditeurs quiserontSOO, si vous le voulez bien. Chacun réagira par des applaudissements ou par un redouble-
ment d'attention ; il y aura dans Tattitude de chacun je ne sais quoi de tendu, de tragique, et l'ensemble de ces attitudes soudainement manifestées produira ce qu'on appelle dans les comptes rendus un mouvement (sensation). Mais ce mouvement sera ressenti par tous à la fois, car l'auditeur n'est pas moins préoccupé de l'auditoire que de l'orateur et son imagination est soudainement envahie par le spectacle de ces trois cents personnes frappées d'émotion : spectacle qui ne peut manquer de produire en lui, d'après la loi énoncée tout à l'heure, une émotion réelle. Admettons qu'il ne ressente que la moitié de cette émotion et voyons le résultat. La secousse ressentie par lui sera représentée non plus par 5, mais par la moitié de 5 multipliée par 300, c'est-à-dire par 750. Que si on applique la même loi à celui qui est debout et parle au milieu de cette foule silencieuse, ce ne sera pas le chiffre de 750 qui exprimerasonagitationintérieure, mais 300fois-j-, puisqu'il est le foyer où toute celte foule profondément remuée renvoie les impressions qu'il lui communique. C'est ce qui fait que tant d'orateurs encore mal aguerris sont arrêtés à leur premier élan, précisément par le succès de leur parole ; l'effet qu'ils produisent revient à eux tellement accru qu'ils en sont pour ainsi dire accablés. Mais, quand l'orateur réussit à vaincre son émotion et réagit sur la foule, on voit quelle répercussion de chocs électriques doit s'établir entre lui et son auditoire et comment l'un et l'autre sont en quelques instants emportés bien au delà de leur diapason moral accoutumé. Il en est do même dans une réunion quelconque d'êtres sentants, quels qu'ils soient ; non seulement l'émo-
lion d'un seul se communique à tous, mais encore, plus Tagglomération est considérable, plus rémoliori commune croît en intensité. Seulement, ce n'est que dans des cas fort rares que la communication s'établit ainsi de tous à un seul et présente ce caractère de concentration organique. La plupart du temps le concours est tumultueux, en sorte qu'une grande partie des émotions, faute d'être visibles à tous dans leurs effets, restent sans écho. Dans ces cas, qui sont les plus fréquents, rintensité de l'émotion n'offre plus le même rapport avec le nombre des assistants, l'accélération des mouvements passionnés est beaucoup moins rapide. Mais la loi générale n'en subsiste pas moins. Les observations de M. A. Forel en sont une vérification éclatante. « Le courage de toute fourmi, écrit-il (page 249), augmente chez la même forme en raison directe de la quantité de compagnes ou amies qu'elle sait avoir et diminue en raison directe de l'isolement plus grand où elle se trouve de ses compagnes. Chaque habitant d'une fourmilière très peuplée est beaucoup plus hardi qu'une ouvrière exactement semblable d'une très petite peuplade. La même ouvrière> qui se fera tuer dix fois lorsqu'elle est entourée de ses compagnes, se montrera extrêmement timide, évitantle moindre danger, même une fourmi beaucoup plus faible qu'elle, lorsqu'elle sera isolée, à vingt mètres de son nid. » C'est par le même principe que s'expliquent les faits relatés par M. Rouget au sujet des Vespides. Plus les frelons qu'il a observés étaient nombreux, plus il les a trouvés irritables. L'ensemble de ces remarques fera comprendre comment les sentinelles peuvent commu-
364 SOCIÉTÉS DOMBSTIQDBS MATBRNEUES
niquer à toute la société des frelons non seulement leur agitation y mais l'irritation dont elles sont transportées, et comment en peu d'instants la colère de tous ces animaux une fois avertis peut prendre des proportions redoutables.
Mais il reste à savoir de qui ces sentinelles tiennent leur fonction. Voilà uçi partage d'attributions remarquable. Quelle en est Torigine, et quelle est l'origine en général des différenciations jusqu'ici opérées dans l'organisation des sociétés maternelles? Il est très probable qu'elles sont toutes spontanées. Nul ordre n*est transmis de la mère aux ouvrières. Celles-ci prennent chacune la tâche qui leur parait le plus utile à tous et le plus agréable à elles-mêmes. Le concours a son point de départ dans l'initiative absolue de chaque individu. Nous voyons se dessiner ici plus nettement la loi que nous n'avions fait qu'entrevoir en examinant la formation du cormus d'Ascidies. Toute société est formée par épigénèse, c'est-à-dire par apparition successive et adjonction spontanée de chacune de ses parties. La mère ne fait dans le cas présent que produire les éléments matériels de la société; ce n'est qu'ensuite que ces éléments se différencient et se groupent de manière à produire un organisme. Une société est donc toujours le produit de sa propre activité; elle se fait ensuite elle-même et suscite les énergies qui concourent à sa formation; tout organisme suit la même loi.
Les sociétés de guêpes ne durent qu'un an dans nos pays; cependant M. Blanchard assure que les gros nids ne cessent pas, même pendant l'hiver, d'être ha-
biles par un certain nombre d'ouvrières (4) ; et Lacor- (laire a observé à Cayenne des sociétés qui durent plusieurs années, par où l'on voit que ce qui arrête le développement de celles de nos pays, ce n'est pas l'insuffisance de leur structure mais le froid de nos hivers. Les nids de ces guêpes exotiques témoignent aussi d'une industrie bien supérieure à celle des'nôtres, corrélative à la durée supérieure de leur existence. C'est que l'économie de leur organisation permet aux guêpes, en général, d'atteindre dans des circonstances favorables le même développement social que les abeilles. Elle est fondée en effet sur un principe déjà fort élevé : la délégation de la fonction commune à un seul individu. Une seule guêpe ayant gardé la fécondité, toutes les autres (dont le nombre va jusqu'à vingt et vingtcinq mille), font concourir leur activité au service de la sienne, en sorte qu elle est le centre visible de la société tout entière. Nous avons Vu qu'une telle délégation d'une fonction essentielle est la condition de tout progrès social. La mère personnifie l'individualité collective formée par le concours de ces milliers d'individus; « lorsque la femelle fondatrice vient, dit M. Rouget, à être tuée ou à périr au dehors par accident, la colonie diminue rapidement, et ses habitants, qui perdent alors unS grande partie de leur activité, disparaissent peu de temps après Téclosion des dernières nymphes renfermées dans les cellules » (Op. cit., p. 180).
Les Bourdons, les Mélipones et les Abeilles mar-
(1) M. Rougel Die formellement que cela soit possible.
366 SOCIÉTÉS D03il£STIQOBS MATBRXBLLBS
quent trois phases progressives d*uQ même plan social. De même que les Vespides inférieurs sont moins nombreux, que leur industrie est moins complète et leur union moins capable de durée, de môme les Bourdons ne s'élèvent guère en moyenne au-delà du nombre de deux cents individus qui construisent des loges isolées ou grossièrement agglomérées et périssent tous au bout d'un an^ sauf les femelles fécondées. Les abeilles ont en général la même organisation sociale que les guêpes ; mais soit qu'elles aient été mieux observées, soit qu'en effet elles soient supérieures, elles doivent aux particularités suivantes un rang certainement plus élevé dans nos classifications.
1" Premièrement, on a remarqué chez les abeilles un degré de division du travail dont les Vespides n'offrent pas d'exemple, du moins à en croire le silence des études les plus complètes. Non seulement en effet des sentinelles gardent l'entrée de la ruche (Huber, vol. II, p. 413), mais les ouvrières se distinguent en deux classes, les cirières et les nourrices, dont les premières se chargent spécialement de la construction, les secondes de l'élevage. On ne sait jusqu'ici si les individus composant ces deux groupes adoptent ces deux genres de travaux successivement, en sorte que la même abeille, d'abord nournce, devienne ensuite cirière, ou si les divers individus gardent toute leur vie la môme fonction une fois adoptée. La première de ces hypothèses ne parait devoir être accueillie qu avec défiance.
. 2^ Secondement, la mère n*est pas, dans la ruche, unique dès l'origine, elle le devient par son triomphe