‹ Des sociétés animalesChapitre 53 sur 75 · TERMITES · texte numérisé non relu

TERMITES

une immense multitude d'individus dénués de ce pouvoir, mais étroitement unis dans un même sentiment d'amour maternel. Nous trouvons dans de telles sociétés des preuves de dévouement, aveugle encore, mais absolu. Des fourmis malades sont portées par leurs compagnes (M. Forel, p. 367). A côté d'exécutions impitoyables, on voit parfois des ennemis affamés secourus en dehors du feu de la bataille (Id., page 277). Des affamées de quatre jours s'empressent de dégorger à des compagnes de jeûne le miel qu'on leur offre, et celles qui ont reçu ainsi l'aumône d'une goutte de miel se tournent vers les autres pour leur en doiiner leur part (M. Forel). Quelque chose comme de la bonté et de la pitié semble donc déjà apparaître ici. Pour retrouver des familles offrant des traits aussi relevés, nous devrons remonter pendant longtemps l'échelle des formes animales, dès que nous aurons quitté la classe des insectes. La série qui leur succède prend naissance à un point beaucoup plus bas de l'arbre de là vie; elle doit, il est vrai, monter beaucoup plus haut.

Mais avant de quitter la classe des insectes, disons un mot des névroptères sociaux, les Termites. Ils sont mal connus. Nous ne pouvons affirmer d'eux que trois particularités; la première est des plus étranges et demeure inexpliquée : des larves aident des nymphes à se débarrasser de leur peau lors de l'éclosion ! L'instinct maternel paraît ici chez des neutres avant que ceux-ci aient revêtu la forme adulte ! La seconde leur est commune avec les fourmis Ecitones, les Alla cephalotes, les Pheidole et les Colobopsis; la différenciation mor-

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pkologique aboutit chez eux à la création de quatre types concourant aux travaux de la communauté, à savoir : 1® les mâles ; 2* les femelles (il y en a de deux tailles); 3^ les ouvriers (1); 4* les soldats. La troisième particularité est propre aux Termites : tandis que chez les fourmis les efforts sont coordonnés, chez les Termites ils sont subordonnés; les soldats jouent, suivant le témoignage de M. de Quatrefages, le rôle de chefs et de surveillants, t Je les voyais, dit-il, en petit nombre, mêlés aux ouvriers, toujours isolés et ne travaillant jamais eux-mêmes. Par moments, ils faisaient avec le corps entier une sorte de trémoussement et frappaient le sol avec leurs pinces; aussitôt, tous les ouvriers voisins exécutaient le même mouvement et redoublaient d'activité » {Souvenirs rf'wn naturalistey vol. II, p. 405). Nous renonçons à chercher la philosophie de ces faits, puisque l'ensemble de la vie des Termites n est pas suffisamment exploré. Nulle synthèse ne peut avantageusement précéder Tanalyse expérimentale. Contentons-nous de signaler ce qu'il y a d'extraordinaire à voir Tordre le plus infime des insectes offrir une société aussi complexe et aussi puissamment organisée.

Jetons enfin un coup d'œil sur l'industrie des Termiles, mais en la comparant à celle des sociétés qui nous ont paru inférieures à la leur. Nous pouvons diviser les habitations des insectes sociaux en deux grandes classes : les édifices suspendus et les trous creusés

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