CHAPITRE III
Société domesUqae paternelle : la Famille ohes les Poissons, les Reptiles, les Oiseaux et les BCammiféres.
Accession du mÂle dans k famille, son rdie exclusif d^abonl, particulièrement chez les poissons; tentative d'explication du fait; la solution proposée convient également à Tamour maternel; conGrmation de l'hypothèse. — Batraciens et Reptiles. — La famille chez les oiseaux : les variations en apparence capricieuses de leurs mœurs rendent les généralisations périlleuses. Oiseaux polygames, oiseaux monogames. Pourquoi le mâle revient ou séjourne auprès de la femelle dans les dififérents cas; solidarité des consciences et continuité des traditions dans la famille d'oiseaux; industrie collective; territoire; comparaison de la famille d'oiseaux avec celle des insectes. — Rôle du mâle dans la famille des mammifères; les monogames, les polygames; valeur relative des deux types; de l'industrie des mammifères; elle est le plus souvent individuelle.
L'accession du mâle marque une phase nouvelle dans le développement de la société domestique chez les animaux. Cette complication commence avec l'embranchement des Vertébrés et dès la classe des Poissons on en trouve de curieux exemples ; mais elle n'a pas dès l'abord toute la signification dont elle est capa-
bJe. Le mâle en effet, en entrant dans la famille, y joue un rôle tellement prépondérant qu*il vajusqu^à remplacer la femelle dans les soins donnés à la progéniture ; de cette façon son apparition, loin d'introduire dans l'organisme social reproducteur une plus grande variété de fonctions, lui interdit au contraire celle qu'il avait manifestée chez les plus élevés des Invertébrés, car il n'y a point de neutres au-dessus des insectes. Réduit à un individu unique qui à lui seul assure par sa sollicitude l'avenir des jeunes une fois éclos, l'organe paternel absorbe donc, pour ainsi dire, la famille tout entière dus qu'il y entre. Ce n'est que postérieurement, non plus chez les Poissons, mais chez les Batraciens et surtout chez les Oiseaux, que la femelle ayant repris SCS attributions ordinaires et se chargeant de l'élevage, le secours du mâle peut apporter à la famille un réel avantage en y développant une variété de fonctions jusqu'alors inconnue.
II est vrai que partout où il y a des sexes séparés le mâle et la femelle sont, nous l'avons vu, au moins momentanément rattachés l'un à l'autre par des représentations réciproques et que cette réciprocité de pensées accompagnée d'une réciprocité de sentiments correspondante fait de leur couple une conscience commune. Mais nous avons remarqué combien ce concours do représentations et de désirs était limite dans le temps ; nous avons vu que le mùlo, disparaissant, comme cela arrive si fréquemment chez les insectes, aussitôt après la copulation ou ne vivant que pour végéter sans prendre part aux travaux de la famille, la femelle devenait (lès lors le centre de l'orgunisme reproducteur