‹ Des sociétés animalesChapitre 59 sur 75 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

et généralisées en raison de leurs avantages dans un district plus ou moins étendu. En voici un exemple (1), entre cinquante dont il est inutile d'encombrer cette exposition. « Le nid des Baltimores est diversement construit et plus ou moins chaudement rembourré suivant les localités. L'oiseau le suspend à une branche et le tisse avec beaucoup d'art. Dans les États du sud de l'Amérique du nord, ce nid est fait exclusivement de la mousse d'Espagne et les parois en sont très lâches, ce qui permet à l'air de circuler très facilement du dehors au dedans et réciproquement. L'intérieur n'est tapissé par aucune substance chaude ; bien plus, le nid est d'ordinaire exposé au couchant. Dans les États du nord, le nid est tourné de façon à recevoir les rayons du soleil et il est tapissé des matériaux les plus fins et les plus chauds. On voit que l'oiseau s'accommode parfaitement au climat. » Du reste, les seules différences qu'offrent entre elles les constructions des diverses espèces ne favorisent-elles pas l'hypothèse d'un enseignement par les yeux transmis, non sans des accroissements successifs, de génération en génération. Les types de nids sont fort divers comme on sait ; chacun d'eux offre une gradation de complexité telle, de l'une à l'autre des formes qui s'y rattachent, que l'idée de passage insensible s'insinue irrésistiblement dans Tesprit lorsqu'on les contemple. Les nids de Salanganes sont les uns composés de salive pure, les autres de

(1) Vol. I, p. 237. Sur les adaptalioos de rinstinct aux circoDstances particulières^ voir la démonstraliou si complète de Hartmann , Phil. de Vlnconsc.y Irad. Nolen,vol. I, p. 94; et Vignoli, Délia lege fondamentale delC intelligenza nel regno animale,

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salive mêlée de différents matériaux dans des proportions graduées en série continue. Depuis les oiseaux qui, comme TEITraie, déposent leurs œufs dans un coin sur le sol jusqu'à ceux qui élèvent des monticules de feuilles ou de terre pour les y faire éclore spontanément, depuis ceux qui logent dans la première crevasse venue jusqu'à ceux qui creusent, dans les parois de terre meuble ou dans les arbres, des cavités précédées de couloirs et tapissées de substances molles, depuis ceux qui font éclore leurs jeunes sur des poignées de brindilles ou de branchages mal jointes jusqu'à ceux qui leur préparent une couche moelleuse en fonne de coupe composée de plusieurs étages de matériaux divers, ou une boule fermée de toutes parts parfois munie d'un couloir d'entrée, ou même une habitation complète composée de plusieurs chambres, on peut trouver des intermédiaires nombreux et des transitions ménagées. Faut- il expliquer le nid double ou triple des Tisserins, on remarque que le mâle se construit tout près de la femelle une demeure de plaisance où il chante pour la charmer, et ou se demande si ces deux nids, en se rapprochant peu à peu, n'ont pas fini par n'en former qu'un seul. Aucun Je ces intermédiaires ne se rencontre-t-il? en présence d'un nid comme celui de rOmbrette, qui est composé de trois chambres distinctes el assez solide pour porter le poids d'un homme, l'esprit se refuse à croire que celte savante construction soit sortie en une fois, de toutes pièces, de la tête d'un seul oiseau. On se dit que, si des observations directes ont constaté des perfectionnements dans la tactique et dans l'art d'un si grand nombre d'individus

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