‹ Des sociétés animales [electronic resource]Chapitre 19 sur 91 · COULEURS ET FORMES MO · texte numérisé non relu

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rait rattacher ce cas à la môme cause, puisque les sexes chez de tels animaux sont ou absents ou réunis sur le môme sujet. Mais nous ne prétendons pas que tous les tissus colorés le soient en vue de la. reproduction ; nous disons seulement que parmi les causes diverses de la coloration des tissus la sélection sexuelle a une place importante dès que les sexes apparaissent. Ce qui le prouve c'est que souvent l'un des sexes seul porte cet ornement. « Aucun langage, dit Darwin, ne peut décrire la splendeur des mâles de quelques espèces de lépidoptères tropicaux. » Il en est de même de papillons européens (Apatura iris et Anthocaris carclamines). Les Morphos de la Guyane, qui servent d'ornement depuis quelques années à la coiffure des dames, offrent la même différence; les femelles sont à peine connues, elles ne quittent presque jamais le haut des arbres et sont d'une couleur fauve qui n'approche en rien de la parure de leurs splendides époux. Dans de tels cas la couleur nous parait hautement significative. Il en est de même chez certains Névroptères énumérés par Darwin , parmi lesquels les Agrionides méritent surtout d'être cités. Parmi les hyménoptères les mâles des Ichneumons et des abeilles sont aussi bien plus brillamment colorés que les femelles. Parfois c'est le contraire qui a lieu, mais avec une signification semblable, comme chez certaines libellules, et parmi les coléoptères, chez quelques Prionides exotiques. Les poissons mâles sont en grand nombre mieux parés que les femelles, soit en tout temps, soit surtout au temps des amours. Parmi les poissons d'eau douce on peut citer les Vairons, les Epinoches, les Perches, les

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Roches et les Rotengles, les Bouvières, les Brèmes et les Saumons. On sait que le Saumon ne revêt sa livrée brillante qu'à partir de l'époque où il commence à frayer; jusque-là les deux sexes sont semblables. Ajoutons les Cyprins des fleuves de l'Inde, les Cyprinodontes et les Chromidesde l'Amérique du Sud. Parmi les poissons de mer, le. Labre est le plus remarquable sous ce rapport; mais il n'est pas le seul qui ait donné lieu à de semblables observations, bien que le milieu les rende particulièrement difficiles. Darwin cite le Collionymus lyra, le Cottus scorpius auxquels il faut joindre les poissons labyrinthiformes observés par M. Carbonnier. A la saison des amours, le mâle est superbement rayé de bandes assez larges alternativement rouge et azur; les rayons extérieurs de ses nageoires abdominales sont vivement colorés. La femelle est également rayée; mais ses couleurs sont uniformément rayées de brun et excessivement ternes par rapport à celles du mâle. Cependant elles s'avivent beaucoup, surtout sur les bords des nageoires quand arrive l'époque de la ponte. Le mâle se montre très empressé auprès de la femelle, lui fait une véritable cour, étale devant elle avec complaisance son énorme nageoire caudale et frémit alors comme un paon qui fait la roue. On sait que les Anglais appellent le Labre poisson paon. Il n'y a là du reste rien de plus extraordinaire que ce qu'on peut observer chez l'épinoche commune et chez le vairon de nos ruisseaux. Ce qui rend de tels faits dignes d'intérêt, c'est précisément qu'ils n'ont rien d'exceptionnel. Mieux connus ils cesseront d'étonner, chez les poissons comme chez les

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