‹ Des sociétés animales [electronic resource]Chapitre 24 sur 91 · JEUX ET PARADES · texte numérisé non relu

JEUX ET PARADES

parce qu'il n'est pas encore établi qu'ils jouent un rôle dans les relations des sexes ; cependant il est des cas où il est difficile de ne pas supposer que le bourdonnement sert d'appel ou d'avertissement, celui-ci, par exemple, rapporté par M. Girard, à propos d'un névroptère de Provence, l'Ascalaphe méridional (1). « Les mâles, à la recherche des femelles, volent avec la plus grande vélocité le long du versant des collines arides, au plus ardent du soleil. La femelle s'élève verticalement quand le mâle vient à passer au-dessus d'elle, comme une pierre lancée avec force. » Mais ce sont les oiseaux qui sont les chanteurs par excellence dans le règne animal. Nous n'en connaissons pas qui soient dépourvus de voix, et bien que les mammifères aient presque tous des cris d'appels, ils sont loin d'égaler la variété, l'étendue et la puissance d'expression de leurs manifestations musicales. Fait digne de remarque, et qui établit d'une manière décisive le caractèce sexuel de ces facultés, ce n'est que pendant la saison des amours qu'ils font entendre leurs voix ; quand ce temps est passé, à moins qu'ils ne vivent en sociétés,, de même qu'ils perdent leur parure, ils perdent leur inspiration.

5° Des jeux et parades. — Plus on monte dans l'échelle animale, plus les mouvements deviennent libres et variés chez les êtres vivants. Ces mouvements devaient donc servir aux mâles de moyens de séduction et se joindre aux autres attraits déjà décrits dans les

(1) M. Girard, Métamorph. des insectes, p. 150.

pages précédentes pour les faire valoir en quelque sorte, et en rehausser l'agrément. Les insectes se livrent presque tous autour de leur femelle, soit en courant, soit en volant, à un manège significatif qui prend, dans plus d'un cas, le caractère d'un véritable jeu. Des mouches dorées, posées à quelque distance sur les troncs d'arbres dans les bois, s'élancent en bourdonnant très fort l'une après l'autre, entremêlent leurs courses pendant un instant, puis se reposent et recommencent sans fin. On sait les danses interminables des Tipulaires et des papillons diurnes; celles des fourmis au moment où elles sont pourvues d'ailes. Les Libellules se livrent, avant l'accomplissement, à de longues évolutions. On voit pendant l'été, dans l'herbe, les Grillons accompagner leurs chants de poursuites persistantes auxquelles la femelle se dérobe derrière les tiges, comme pour prolonger l'aubade. Le mâle de certaines araignées (Épeires) se suspend à un long fil au bout duquel il se balance pour atteindre la femelle à chaque oscillation, sans qu'on puisse dire si c'est jeu ou précaution. Les poissons se livrent au moment où ils. sont le plus brillamment colorés, c'est-à-dire au moment des amours, à des passes rapides, à des sauts brusques qui semblent destinés à faire valoir l'éclat miroitant de leur parure. Quant aux oiseaux ils exécutent de véritables danses. Ces faits sont mal connus et méritent d'être énumérés. Il y a ici une difficulté qui tient au grand nombre même des espèces appelées à trouver place dans cette revue ; mais au risque de nous exposer à des répétitions, nous tenons à établir la généralité du fait. Parmi les passereaux , nous rencon-

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