JEUX ET PANADES
trons d'abord l'Erythrospize du Canada : « En chantant, dit JBrehm, ces oiseaux prennent les attitudes les plus comiques; ils dansent l'un autour de l'autre et sont dans une agitation continuelle. Lorsque le mâle poursuit la femelle, il redresse le corps, ouvre largement les ailes, on dirait qu'il veut serrer dans ses bras l'objet de son amour. » Il en est de même du Serin méridional. « Il implore sa femelle par les chants les plus tendres; comme un coucou, il s'accroupit sur la branche, s'aplatit en quelque sorte, hérisse les plumes de sa gorge, élargit sa queue, se tourne, se retourne, se dresse tout à coup, s'élève dans les airs, volette d'une façon singulière, décousue, comme une chauvesouris, se jette à droite et à gauche, puis revient à sa place pour continuer son chant. » «...Le mâle du Grosbec vulgaire se complaît dans son chant, car il prend toutes les postures imaginables pour exprimer sa propre satisfaction... Les témoignages d'amour desSpermestes sont particuliers et parfois comiques. Souvent ils sont l'un à côté de l'autre, se pressant mutuellement. Ils se caressent les plumes en s'appelant sans cesse. Par moments, le mâle croasse, le bec légèrement ouvert et se dandine en suivant la mesure de son chant. Au plus fort de l'excitation, il interrompt cette danse pour sauter de côté sur le dos de la femelle ; il s'y tient un instant, saute de l'autre côté, se tourne à droite, à gauche, lui caresse la tête, puis recommence le même manège cinq ou six fois avant l'accouplement... Le Prayer d'Europe prend, en chantant, les postures les plus extraordinaires, et cherche à remplacer par des gestes les notes qu'il ne peut émettre... Lors de l'accouple-
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ment, le Lulu des bois fait montre de toute sa gentillesse. Il court autour de sa femelle, levant la queue, redressant sa petite huppe, faisant les révérences les plus charmantes pour lui témoigner son amour. » Presque toutes les espèces d'alouettes se livrent, du reste, à un manège analogue à celui de notre alouette commune, qu'il n'est pas besoin de décrire. Les Gassiques, oiseaux moqueurs, se servent, pour faire leur cour, des bribes d'airs qu'ils ont réussi à imiter : « En même temps qu'il imite ces sons, l'oiseau prend les postures les plus singulières ; il tourne et retourne sa tête, son cou, son corps tout entier, et tout cela d'une façon si comique, que je ne pouvais retenir un éclat de rire. » Les Milvidés, comme presque tous les prédateurs, cherchent tous à captiver leurs femelles par des exercices de haut vol qu'elle partage quelquefois avec eux. C'est vraiment un joli spectacle de voir, à Dijon, par le ciel clair et les grands vents de mars, les crécerelles se jouer au plus haut des airs, autour de la flèche de la cathédrale, faisant front à la tempête. « Le Faucon de Virginie mâle s'élève tout à coup à plusieurs centaines de mètres en criant toujours plus fort; puis-, les ailes à demi repliées, il se laisse retomber obliquement... Le spectacle est des plus intéressants quand plusieurs mâles se réunissent et luttent de grâce et d'agilité devant une femelle. » L'Engoulevent, lui-même, qui n'est rien moins que gracieux, cherche à le paraître en manœuvrant de la même façon. Parmi les Chanteurs, de Brehm, nous rencontrons le Benteveo et les Rupicoles orangés. Ceux-ci, très brillamment parés, exécutent des pas et des mouvements extraordinaires