‹ Des sociétés animales [electronic resource]Chapitre 36 sur 91 · HYMÉNOPTÈRES SOCIAUX · texte numérisé non relu

HYMÉNOPTÈRES SOCIAUX

iutions singulières , la durée normale des sociétés maternelles pourvues de neutres, durée considérable si on les compare aux rudiments de famille où la femelle féconde est seule, montre assez quelles conquêtes une telle organisation peut réaliser sur le temps. Les femelles auxiliaires, grâce aux provisions amassées ou à quelque autre effort du travail collectif, peuvent franchir l'hiver; elles vivent en moyenne de dix à dix-huit mois, en sorte que, nées au milieu d'un été, elles se retrouvent prêtes au printemps suivant à continuer les travaux et à communiquer les traditions. Non seulement, par cette survivance annuelle d'un nombre plus ou moins grand d'ouvrières, la famille subsiste pendant bien des maternités successives, mais même les souvenirs s'y perpétuent. La mémoire n'y atteint pas certes la concentration qu'elle atteint dans l'humanité ; toute comparaison de ce genre est déplacée ; car qu'y a-t-il de moins scientifique que de confondre ainsi les degrés les plus distants de la vaste échelle des êtres ? Mais on peut affirmer qu'il y a quelques indices non douteux de représentations conservées et de renseignements transmis pendant de longues années a travers des générations d'insectes. Je n'en citerai qu'un exemple emprunté à Vogt (1), celui de fourmis se rendant pendant des années à travers plusieurs rues fréquentées, à une distance de 600 mètres, dans la cave d'un pharmacien où se trouvait un grand vase de sirop, sans cesse rempli depuis le même temps. Ce fait auquel on en pourrait joindre un grand nombre d'autres éta-

(t) Animaux utiles et nuisibles, p. 250.

blit non seulement la durée matérielle des sociétés qui n'est pas douteuse , mais l'existence d'une certaine continuité dans leur conscience à travers les repos rythmés auquels le retour régulier des nuits et des hivers la contraignent (1). Partout du reste où il y a des consciences, leur concentration et leur continuité sont en raison directe l'une de l'autre.

Le but unique de tous les actes comme de toutes les représentations des insectes sociaux, c'est l'élevage des jeunes; mais si le but est unique, les moyens sont nombreux. Une des nécessités de l'élevage, c'est la construction d'un abri et d'un refuge : delà le développement de l'industrie dans les sociétés maternelles d'insectes. Ce n'est pas que des phénomènes de ce genre soient propres aux sociétés ; il n'est pas un être vivant, si solitaire qu'il soit, qui ne sache au besoin se pourvoir d'une enveloppe, et c'est là en somme le commencement de l'industrie, si ce commencement ne se trouve pas dans la formation de l'organisme luimême. Et sans parler des Annélides tubicoles, des Mollusques à coquille et des Mollusques lithophages, des chenilles tisseuses et enfin des araignées, déjà les Hyménoptères non sociaux nous offrent avec beaucoup d'autres insectes des exemples d'un emploi fort industrieux de la matière. Mais il n'en est pas moins incontestable que dès l'apparition des sociétés dont l'élevage est le but, l'industrie prend un essor rapide et produit

(1) On pourrait objecter que ce n'est pas là un acte de mémoire, parce que les individus de la fourmilière se sont renouvelés chaque année; mais dans le cerveau d'un mammifèrè, est-ce que ce sont les cellules mêmes qui ont reçu la perception qui s'en souviennent? ne sont-elles pas remplacées elles-mêmes?

des merveilles inattendues. C'est alors qu'on la voit renoncer décidément à ses procédés habituels pour en adopter de nouveaux. En effet jusque-là c'est en grande partie à la substance même de leur corps que les animaux inférieurs ont emprunté la matière de leurs abris et de leurs engins. L'abri n'était qu'un prolongement de l'organisme dont il était issu ; l'engin, comme celui de l'araignée, n'était qu'une extension de l'animal qui en occupe le centre. Si nous examinons au contraire les produits de l'industrie sociale nous les trouvons construits avec des matériaux de plus en plus étrangers à la substance de l'ouvrier, élaborés extérieurement par des moyens de plus en plus exclusivement mécaniques. Il en résulte que le corps vivant n'est plus aussi directement intéressé à la conservation de l'œuvre, qu'il peut presque indéfiniment en varier la structure, la réparer et la reconstruire, bref qu'au lieu d'être un organe elle devient un véritable instrument. Tel était le résultat inévitable de la vie de relation qui, essentiellement transitive, et impliquant une communication entre plusieurs êtres séparés, devait nécessairement soulever la matière extérieure et l'organiser suivant les fins de la vie. Mais devons-nous considérer ses effets comme entièrement différents de ceux de la vie physiologique? Il semble que non, si on pense aux transitions insensibles qui unissent le travail inconscient qui produit l'organe au travail conscient qui produit l'instrument. A vrai dire le gâteau de cire où sont les larves d'abeilles attendant leur nourriture quotidienne, extérieur il est vrai à chaque individu de la ruche, est intérieur à la société

tout entière, en tant qu'elle forme comme nous venons de le voir une conscience unique, une individualité collective. Une fonction commune est en quelque sorte l'âme de la ruche; un appareil commun est en quelque sorte son corps : l'un n'est que la traduction matérielle de l'autre, et l'instrument raconte la fonction aussi fidèlement que l'organe. On peut même aller plus loin et soutenir que l'instrument est organe, dans le sens plein du mot, car la fonction qu'il est .destiné à servir, fontion vitale pour la communauté, subit toutes les altérations, profite de tous les accroissements que les circonstances lui apportent. La domestication masque cette vérité par les abeilles; elle reste facilement véritiable en ce qui concerne l'appareil d'élevage des fourmis. En résumé l'industrie n'est donc que l'élaboration de l'organisme social et comme tout organisme, elle est l'expression exacte de la fonction ; elle est la fonction visible. L'art nous apparaît de ce point de vue dans le rèçne animal comme une extension de la vie, et l'un et l'autre doivent être régis par les mêmes lois. Une seule différence essentielle distingue leurs œuvres ; elle résulte de ce que les œuvres de l'un sont le produit d'une intelligence plus ou moins consciente, tandis que les œuvres de l'autre sont le produit d'une force inconsciente , bien qu'il y ait sans doute encore quelque intelligence en elle. Cette différence, la voici: l'organe comme par exemple la coquille du mollusque, le fourreau de la serpule, le tégument de l'insecte est composé d'éléments matériels dont le nombre comme l'arrangement est indéterminé, ou plutôt indéterminable (ce qui revient au même pour nous) ; — et c'est ce qui

faisait dire à Leibnitz que toute matière vivante enveloppe un" infini actuel, tandis que l'instrument est composé de parties en nombre défini dont l'agencement peut être compris dans un système limité d'idées. Seulement cette différence s'évanouit à mesure que le microscope aidé du calcul nous découvre la formule des structures organiques les plus délicates.

Examinons maintenant une à une les sociétés sur lesquelles nous venons d'émettre les considérations générales qui précèdent; nous le ferons brièvement, car notre but est plutôt de les interpréter que de les faire connaître, et nous nous contenterons d'attirer l'attention chemin faisant sur les faits les plus propres à élucider la théorie.

Il est difficile de fixer le rang que doivent occuper les unes par rapport aux autres les sociétés d'Hyménoptères ; elles ne forment pas une série linéaire, mais des séries divergentes douées d'attributions malaisément comparables. Nous rencontrons d'abord les Anthophores qui vivent à côté les unes des autres sans entretenir aucun commerce entre elles. L'observateur qui les étudie n'a à redouter que celle qu'il moleste. Viennent ensuite les Andrénides (genres Halictes et Panurge) que l'on rencontre quelquefois seules, quelquefois établies au nombre de 8 à 10 dans un même nid, pourvu d'une entrée unique. L'entrée seule estelle commune, ou bien le nid l'est-il aussi? est-il édifié en commun? c'est ce qu'on ignore. Reconnaissons, en tout cas, que les deux dispositions sont voisines et que l'une peut aisément conduire à l'autre des insectes dont

le genre de vie ne suscite, entre les divers individus, que de rares occasions de rivalité. Immédiatement après se présentent les espèces à neutres qu'on peut considérer, pour établir en tre les faits un lien théorique, comme constituées par des femelles nidifiant en commun chez la plupart desquelles les organes sexuels se seraient atrophiés (1), mais qui auraient gardé leurs habitudes d'architectes et de nourrices. Deux séries commencent ici à diverger, celle des Apiens et celle des "Vespides. Cette dernière paraît, dans son ensemble, un peu inférieure à l'autre, car la division du travail y est portée moins loin, et en Europe, les sociétés sont moins durables, elles ne vivent qu'un an. En revanche, le nid est généralement d'une architecture plus complexe, bien que les mélipones, qui sont des Apiens, suspendent aussi leurs nids aux arbres et les entourent aussi d'une envelappe. Quoi qu'il en soit, commençons par les Vespides.

Les sociétés de Polistes construisent un nid dépourvu d'enveloppe, comptent un petit nombre d'ouvrières (15 à 20) et ne durent qu'un an. Le miel qu'elles produisent ne paraît pas servir. Cependant elles ne se bornent pas à la fabrication de ce nid en forme de coupe que l'on voit fréquemment attaché aux plantes ; quelques-unes, observées à Dijon par M. Rouget (2), établissent leur demeure dans l'intervalle des laves, sur

(1) Cette atrophie a pu provenir soit de la rareté des mâles, soit de l'impossibilité de nourrir la progéniture de tant de femelles fécondes réunies, etc.

(2) Mémoires de l'Académie de Dijon, 1872-73, Coléoptères parasites des

Vespides.

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les toits des murs de clôture, obtenant ainsi un abri plus sûr et plus chaud ; elles sont aussi plus nombreuses et plus actives; d'autres, observées également à Dijon par le même naturaliste, ont eu la pensée d'utiliser pour leur nid de vieilles timbales et des cafetières bossuées, jetées parmi les immondices, habitudes qui n'ont été rencontrées nulle part ailleurs, variations toutes locales de l'instinct. De là, nous passons naturellement à la fois aux guêpes qui font leur nid dans la terre en l'environnant de mousse, les unes normalement (Vespa vulgaris), les autres accidentellement (V. Crabro et Vespa sylvestris) et à celles qui le suspendent, soit aux arbres, soit au bord des toits et le garantissent également d'une couche papyracée. Certains polistès joignent un second rang au premier; les guêpes font ordinairement ainsi, liant (complication nouvelle) les rayons l'un à l'autre par des piliers qui les consolident. L'enveloppe des nids terrestres, d'abord simple, devient elle-même plus complexe à mesure que la colonie augmente, et se compose de plusieurs couches. La division du travail est poussée assez loin dans les sociétés des guêpes frelons (Vespa crabro), qui nous montrent pour la première fois certains individus occupés exclusivement à veiller pour le salut commun. Le nid est gardé par des sentinelles qui veillent aux abords, rentrent lors du danger et avertissent les guêpes qui sortent en colère et piquent les agresseurs. Nous verrons ce fait se reproduire dorénavant dans toutes les sociétés organisées. Examinonsle un instant ainsi que d'autres particularités offertes par les mœurs des Vespides.

Première question : comment les sentinelles peuventelles avertir leurs compagnes de la présence d'un ennemi? Disposent-elles donc d'un langage assez précis pour communiquer des renseignements? On ne voit pas les guêpes se servir de leurs antennes pour se communiquer leurs impressions d'une manière aussi délicate que les fourmis, mais dans le cas donné, tout langage précis leur est comme on va le voir inutile. Il suffit, pour l'explication du fait, que nous concevions comment une émotion d'alarme et de colère se communique d'un individu àl' autre. Chaqueindividu, remué soudain par cette impression rapide, s'élancera au dehors et suivra l'élan général; il se précipitera même sur la première personne venue, de préférence sur celle qui fuit. Tous les animaux sont entraînés par l'aspect du mouvement. Il ne reste donc plus qu'à dire comment les émotions se communiquent à toute la masse. Par le seul spectacle, répondons-nous, d'un individu irrité. C'est une loi universelle dans tout le domaine de la vie intelligente, que la représentation d'un état émotionnel provoque la naissance de ce même état chez celui qui en est le témoin. Au-dessous des régions où commence l'intelligence, il faut que les circonstances extérieures agissent isolément sur chaque individu d'une manière simultanée pour qu'il y ait accord dans les impressions ressenties ; mais dès que la représentation est possible, il suffit qu'un seul soit ébranlé par les circonstances extérieures pour que tous le soient également presque aussitôt. En effet* l'individu alarmé manifeste extérieurement son état de conscience d'une manière énergique ; la guêpe, par

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exemple, bourdonne d'une manière significative correspondant chez elle à un état de colère et d'inquiétude ; les autres guêpes l'entendent et se représentent ce bruit ; mais elles ne peuvent se le représenter sans que les fibres nerveuses qui, chez elles, le produisent d'ordinaire, ne soient plus ou moins excitées. C'est un fait psychologique facile à observer chez les animaux supérieurs que toute représentation d'un acte entraîne un commencement d'exécution de cet acte; la chèvre à qui on présente un morceau de sucre, le chien à qui on présente un morceau de viande, se lèchent les lèvres et salivent aussi abondamment que s'ils l'avaient dans la bouche. L'enfant et le sauvage miment la scène qu'ils racontent. EtM. Chevreul a montré qu'enl'étatde repos parfait il suffirait qu'un homme adulte, un savant, d'esprit rassis, ait l'idée d'un mouvement possible de son bras pour que ce mouvement commence à s'effectuer, même à son insu. Nous ne pensons pas seulement avec notre cerveau, mais avec tout notre système nerveux, et l'image, envahissant d'emblée, avec le sens qui perçoit, les organes qui correspondent d'ordinaire à la perception, y provoque inévitablement des mouvements appropriés qu'un contre-ordre énergique peut seul parvenir à suspendre. Plus la concentration de la pensée est faible, plus les mouvements nés de cette sorte suivent impétueusement leur cours. Nos guêpes voyant l'une des leurs entrer dans le nid, puis en sortir d'un vol rapide, seront donc elles-mêmes tirées au dehors, et au bruit produit par elle, leur bourdonnement répondra à l'unisson. De là une effervescence générale de tous les membres de la société. Et cette

agitation ne sera pas un vain semblant de colère ; l'état émotionnel suit les actes qui l'expriment, alors même que ces actes sont des démonstrations toutes fictives. De même que l'homme qui tient un fleuret dans un assaut courtois s'anime au jeu et éprouve quelque chose des sentiments qu'il aurait dans une véritable lutte, de même que le sujet magnétisé passe par tous les états correspondant aux postures qu'on lui fait prendre, s' enorgueillissant quand on le dresse, s'humiliant quand on l'accroupit, de même les animaux éprouvent rapidement les émotions dont ils reproduisent les signes extérieurs. Le singe, le chat, le chien en viennent vite, en simulant le combat dans leurs jeux, à une véritable colère, tant il y a de connexion entre les actes et les attitudes qui expriment d'ordinaire un état de conscience et cet état de conscience lui-même, tant ces deux moitiés d'un seul et même phénomène s'engendrentfacilement l'une l'autre. Les guêpes seront donc toutes au bout d'un instant, non seulement agitées et bruyantes, mais véritablement irritées.

J'ajoute que cette colère croîtra avec leur nombre. Les effets du nombre sur les êtres vivants sont très singuliers. On sait maintenant que l'homme isolé ne sent ni ne pense comme le même homme transporté au sein d'une foule ; et c'est une observation souvent répétée par un célèbre critique qu'au théâtre la réunion seule des spectateurs les rend tout autres qu'ils ne seraient chacun en leur particulier. Examinons ce qui se passe dans une assemblée devant laquelle parle un orateur. Je suppose que l'émotion ressentie par lui puisse être représentée parle chiffre 10 et qu'aux pre-

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mières paroles, au premier éclat de son éloquence, il en communique au moins la moitié à chacun de ses auditeurs qui seront300, si vous le voulez bien. Chacun réagira par des applaudissements ou par un redoublement d'attention ; il y aura dans l'attitude de chacun je ne sais quoi de tendu, de tragique, et l'ensemble de ces attitudes soudainement manifestées produira ce qu'on appelle dans les comptes rendus un mouvement (sensation). Mais ce mouvement sera ressenti par tous à la fois, car l'auditeur n'est pas moins préoccupé de l'auditoire que de l'orateur, et son imagination est soudainement envahie par le spectacle de ces trois cents personnes frappées d'émotion : spectacle qui ne peut manquer de produire en lui, d'après la loi énoncée tout à l'heure, une émotion réelle. Admettons qu'il ne ressente que la moitié de cette émotion et voyons le résultat. La secousse ressentie par lui sera représentée non plus par 5, mais par la moitié de 5 multipliée par 300, c'est-à-dire par 750 ! Que si on applique la même loi à celui qui est debout et parle au milieu de cette foule silencieuse, ce ne sera pas le chiffre de 750 qui exprimera son agitation intérieure, mais 300 fois — puisqu'il est le foyer où toute cette foule profondément remuée renvoie les impressions qu'il lui communique. C'est ce qui fait que tant d'orateurs encore mal aguerris sont arrêtés à leur premier élan, précisément par le succès de leur parole ; l'effet qu'ils produisent revient à eux tellement accru qu'ils en sont pour ainsi dire accablés. Mais quand l'orateur réussit à vaincre son émotion et réagit sur la foule, on voit quelle répercussion de chocs électriques doit s'établir entre lui et son auditoire et

comment l'un et l'autre sont en quelques instants emportés bien au delà de leur diapason moral accoutumé. 11 en est de même dans une réunion quelconque d'êtres sentants, quels qu'ils soient ; non seulement l'émotion d'un seul se communique à tous, mais encore plus l'agglomération est considérable, plus l'émotion commune croît en intensité. Seulement ce n'est que dans des cas fort rares que la communication s'établit ainsi de tous à un seul et présente ce caractère de concentration organique. La plupart du temps le concours est tumultueux, en sorte qu'une grande partie des émotions, faute d'être visibles à tous dans leurs effets, restent sans écho. Dans ces cas, qui sont les plus fréquents, l'intensité de l'émotion n'offre plus le même rapport avec le nombre des assistants, l'accélération des mouvements passionnés est beaucoup moins rapide. Mais la loi générale n'en subsiste pas moins. Les observations de M. A. Forel en sont une vérification éclatante. « Le courage de toute fourmi, écrit-il (1), augmente chez la même forme en raison directe de la quantité de compagnes ou amies qu'elle sait avoir, et diminue en raison directe de l'isolement plus grand où elle se trouve de ses compagnes. Chaque habitant d'une fourmilière très peuplée est beaucoup plus hardi qu'une ouvrière exactement semblable d'une très petite peuplade. La même ouvrière, qui se fera tuer dix fois lorsqu'elle est entourée de ses compagnes, se montrera extrêmement timide, évitant le moindre danger, même une fourmi beaucoup plus faible qu'elle, lorsqu'elle

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