MAMMIFÈRES, INDUSTRIE
reviendrons à ces phénomènes en un endroit plus favorable à leur interprétation.
Dès maintenant nous pouvons signaler un fait qui est propre aux mammifères, c'est le caractère mobile, momentané de certains de leurs procédés industrieux. Raulin raconte que la femelle d'un couple de Babiroussa observé en captivité allait chaque soir couvrir le mâle d'une couche de paille disposée avec soin.. Chacun des chiens du Levant, habitant au voisinage des villes égyptiennes a, dit Brehm, deux trous, l'un à l'est, l'autre à l'ouest, et ils vont trois fois de l'un à l'autre, suivant les différentes heures de la journée. « La montagne est-elle orientée de telle sorte que les deux trous soient exposés au vent du nord, le chien s'en creuse un troisième sur le versant opposé ; mais il ne l'habite que lorsque le vent trop froid lui rend incommode le séjour de l'un des deux autres. Le Hérisson bouche son terrier, l'Ecureuil son nid, quand le vent vient les troubler. L'Alactaga-flèche dissimule toutes les ouvertures de son terrier une fois qu'il y est entré, et les Psammomys, comme les souris naines, recouvrent leurs petits de paille quand elles les quittent. Ce sont là des mesures qui témoignent d'une assez haute faculté de combinaison intellectuelle dans l'individu. C'est en effet par le développement de l'individu que la plus grande partie des mammifères se recommande à l'attention du psychologue; et cela vient précisément de ce que l'éducation, soit par les deux parents, soit par la femelle seule développe chez eux plus que chez les oiseaux l'expérience et la réflexion. Chacun d'eux, en effet, a été compris pendant son jeune âge dans un
groupe organisé , et pendant que seul, ou avec ses frères, il recevait de la mère l'alimentation première, il a. nécessairement profité de ses leçons. Ici encore, par conséquent, l'individu isolé puise dans l'individu collectif les éléments de sa personnalité. C'est la vie sociale qui développe en lui le germe de la conscience comme le germe de l'organisme.