‹ Des soins à donner aux maladesChapitre 12 sur 34 · LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

LA LUMIÈRE

sculpteur. Yous admettez bien qu’il fait la photographie. Sans entrer dans la question scientifique, nous devons admettre que la lumière a un effet tout aussi réel et aussi tangible sur le corps humain; mais ce n’est pas tout. Qui n’a remarqué l’action salutaire de la lumière du jour et particulièrement des rayons du soleil sur l’air d’une chambre? Voici une observation dont tout le monde peut faire l’expérience : entrez dans un appartement dont les volets sont toujours fermés (dans une chambre à coucher ou dans celle des malades, on ne devrait jamais fermer les volets), et quoique les pièces ne soient pas habitées, quoique l’air ne soit pas vicié par la respiration humaine, vous y sentirez une odeur de renfermé, d’air corrompu et moisi, parce que les rayons du soleil ne l’ont pas assaini.

La moisissure des chambres et des coins obscurs est proverbiale. Il est très-important qu’une chambre de malade soit gaie et très-accessible au grand jour.

Il est très-important que les malades aient de la vue et du soleil.

Une autorité très-compétente sous le rapport de la distribution des hôpitaux a dit qu’en les construisant, on n’observait pas assez la différence qu’il faudrait établir entre les quartiers et les dor-

toirs; mais je vais plus loin, et je dis que les gens bien portants ne tiennent pas compte des conditions différentes où doivent être placées les chambres à coucher et les chambres de malades. Pour quelqu’un qui jouit d’une bonne santé, il importe peu d’avoir une belle vue de son lit, puisqu’il ne doit jamais y être que la nuit et pour y dormir; l’exposition de la chambre n’est pas non plus d’une grande importance, pourvu que le soleil y pénètre un instant tous les jours pour purifier l’air, parce qu’on ne doit l’habiter que pendant les heures où le soleil n’est plus sur l’horizon. Mais le cas est bien différent pour les malades, fussent-ils hors de leur lit pendant autant d’heures que vous en passez dans le vôtre, ce qui probablement n’est pas; par conséquent, il faudrait que, sans être obligés de changer de position, ils pussent avoir au moins la vue du ciel et du soleil, à défaut d’une autre vue. J’affirme que, si ce n’est pas là une des premières conditions pour guérir, son importance est du moins en première ligne; vous devez donc considérer la position du lit de vos malades comme un point très-important. S’ils peuvent avoir deux fenêtres au lieu d’une, ce sera mieux encore. 11 faut choisir, autant que possible, l’exposition du levant et du midi, heures où ils sont au lit, de préférence à celle du couchant; peut-être les lèverez-vous dans l’après-midi pour les établir

Page 1