LA LUMIÈRE
auprès d’une fenêtre d’où ils auraient quelques rayons de soleil. La meilleure règle possible, c’est de les exposer à tous les rayons du soleil depuis le moment où il se lève jusqu’à celui où il se couche.
Une autre grande différence entre la chambre d’un malade et une chambre à coucher ordinaire, c’est que celui qui vient simplement y dormir a, pour commencer la nuit, une somme considérable d’air nouveau, si la fenêtre a été ouverte toute la journée, comme cela doit se-pratiquer. Le malade n’a pas cet avantage, parce qu’il a respiré toute la journée le même air, et qu’il l’a corrompu par ses propres émanations; par conséquent, il faut avoir soin d’entretenir, dans la chambre du malade, un ' renouvellement d’air constant.
11 va sans dire qu’il y a des maladies aiguës (particulièrement un petit nombre de cas d’ophthalmie et de maladies où les yeux ont une susceptibilité morbide) où un jour adouci est nécessaire. Mais une chambre obscure et au nord est inadmissible même dans ces divers cas; l’on peut toujours modérer la lumière au moyen de stores ou de rideaux.
Toutefois, dans aucune chambre de malade, on ne devrait, dans notre pays, mettre de rideaux sombres et lourds à la fenêtre et au lit. Un léger rideau blanc au chevet du lit, et à la fenêtre un
store vert que l’on baisse à volonté sont parfaitement suffisants.
Privés de soleil, nous dégénérons matériellement et moralement.
ün des plus grands observateurs des choses humaines (non physiologiques) a dit dans une autre langue : Là où est le soleil, là est la pensée. Les observations physiologiques confirment cette vérité; dans les vallées profondes, du côté de l’ombre, l’on voit des crétins ; dans les rues étroites et humides où le soleil ne peut pénétrer, la race humaine est chétive et dégénérée; l’esprit et le corps sont également abâtardis. Mais exposez les créatures et les plantes étiolées à ses rayons bienfaisants, et s’il n’est pas trop tard, vous les verrez renaître.
Presque tous les malades couchent la figure tournée vers le jour.
Il est curieux d’observer combien presque tous les malades couchent la face tournée vers le jour, aussi bien que les plantes qui cherchent toujours la lumière. Un malade quelquefois se plaint que « cela lui fait mal d’être couché sur ce côté. » Alors pourquoi vous couchez-vous de ce côté? 11 l’ignore; mais, nous, nous le savons, (l’est parce que, dans cette position, il peut voir la fe-
LA LUMIÈRE, nôtre. Un médecin fort à la mode a publié dernièrement, dans un rapport fait au gouvernement, qu’il a soin de tourner ses malades à contre-jour ; mais la nature est plus forte que les médecins à la mode, et soyez sûrs qu’elle tournera toujours la figure des malades, autant qu’elle le pourra, du côté de la lumière.
Parcourez les différents quartiers d’un hôpital, et comptez, aussi bien que dans les lits particuliers, combien vous y avez vu de malades le visage tourné du côté de la muraille.