PROPRETÉ DES CHAMBRES ET DES MURS
d’une chambre de malade, même dans les meilleures maisons particulières.
Les personnes bien portantes ont la singulière habitude de ne point songer que ce qui n’est pour elles qu’un léger inconvénient, qu’il faut supporter avec patience, est pour un malade une source de souffrances qui retarde la guérison et peut même avancer la fin. Les gens en bonne santé sont rarement plus de huit heures dans la même chambre; et, pendant ces huit heures même, ils peuvent varier leur position et changer de place, si cela leur convient;—mais le malade, qui ne quitte pas son lit, qui ne peut changer par ses propres efforts ni son air, ni sa lumière, ni sa chaleur ; qui ne peut obtenir de tranquillité, qui ne peut se préserver de la fumée, des mauvaises odeurs ou de la poussière, est réellement empoisonné ou opprimé par ce qui est pour vous un très-léger inconvénient.
« Il faut savoir supporter ce qu’on ne peut empêcher, » est la plus dangereuse maxime qu’une garde-malade puisse appliquer. La patience et la résignation sont uniquement des mots inventés par la paresse et l’indifférence, méprisables relativement à elle-même, coupables en ce qui touche son malade.